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Des pétitions anticonstitutionnelles dans la confusion

Des pétitions anticonstitutionnelles dans la confusion

Et si les crypto-sambistes pouvaient être cohérents pour une fois?

Par ARM

     Que ceux qui ont compris quelque chose expliquent aux autres ce qui se passe. Parce que, pour comprendre ce qui se passe actuellement au sein de la galaxie crypto-sambiste, il faut être à la fois polytechnicien, académicien et Prix Nobel. En effet, les crypto-sambistes, regroupés au sein du prétendu «Rassemblement des Patriotes des Comores» (RPC: ADD ZamZam, CADIM, Juwa, PASOCO, PEC, RIDJA), refusent obstinément d’admettre que le caractère général et impersonnel de la Loi interdit toute aventure personnelle, personnalisée et personnaliste de cette Loi au profit d’un individu, quels que puissent être ses mérites personnels, si mérites personnels il y a, d’ailleurs. Et la coalition crypto-sambiste a fait un pas supplémentaire vers le ridicule absolu en exhibant comme des stripteaseuses endurcies des prétendues pétitions. Or, on a beau retourner la Constitution comorienne dans tous les sens et la secouer comme un pommier et un cocotier, on ne retrouve nulle part le mot «pétitions», les Comores n’étant ni le Maroc, ni la Suisse. Essayez, et vous verrez que le mot «pétitions» est inexistant dans le vocabulaire juridique comorien. Et pourtant, les crypto-sambistes s’accrochent à leur machin-truc avec l’énergie du désespoir. Triste spectacle! Désolant aussi!

     Et voilà que les crypto-sambistes sortent la plus indigeste et la plus insipide des littératures politiques en claironnant que «le RPC se félicite de la mobilisation citoyenne suivie de la remise d’une pétition signée par 52000 personnes, un nombre inégalé de citoyens comoriens en faveur de la candidature du président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Outre que cet élan traduit le refus du peuple de laisser confisquer l’espérance, mais il confirme aussi l’esprit d’unité nationale qui anime cette volonté de changement. Les signataires de cette pétition se joignent ainsi à la démarche des représentants du peuple comorien, et aux partis politiques qui composent le RPC, pour solliciter une clarification fondée sur le droit, afin de lever toute ambiguïté sur la recevabilité de la candidature de tout comorien issu d’une île autre que celle à laquelle échoit les primaires, à pouvoir prendre part aux élections présidentielles, et, au-delà, à préserver la cohésion et l’unité nationale. Le RPC appelle à l’indépendance de la Cour constitutionnelle et à une décision strictement fondée sur le droit». Quelle bêtise! Et quel mépris du Droit, dont se proclament hypocritement ces gens-là.

     Pour commencer, il faudra que les crypto-sambistes, dont certains ont accusé hier Ahmed Sambi de «50 mensonges», expliquent de la manière la plus docte et la plus sérieuse en quoi ce même Ahmed Sambi représente «l’espérance», après avoir ruiné honteusement tout un pays pour s’enrichir considérablement et de manière illicite à titre personnel. Messieurs, dites-nous un peu: quelles sont les raisons objectives qui vous conduisent à faire du pyromane Ahmed Sambi le pompier tant attendu des Comoriens. Aucun sens. Et puis, l’expression «un nombre inégalé de citoyens comoriens» signifie quoi? «Inégalé» par rapport à qui et à quoi? Quelle hypocrisie! Et puis, on a besoin d’en savoir un peu plus sur ces pétitions qui constitueraient un acte qui «traduit le refus du peuple de laisser confisquer l’espérance». Il s’agit de quel «peuple»? S’agit-il du peuple comorien? Et qu’attendent ces gens-là pour lancer des pétitions sur le cul? «Le peuple»! Il a bon dos, ce «peuple». Et maintenant, on va rire pour de bon parce qu’on dit aux Comoriens que «les signataires de cette pétition se joignent ainsi à la démarche des représentants du peuple comorien, et aux partis politiques qui composent le RPC». C’est archifaux. Parler des «représentants du peuple» pour désigner des individus minoritaires et isolés, c’est de l’usurpation et de l’exagération sans fondements. Il aurait été possible de parler de «représentants du peuple» si la démarche avait été initiée par la représentation nationale qu’est l’Assemblé de l’Union des Comores, alors que ceux des Députés engagés dans la démarche de la honte et de l’usurpation sont une insignifiante minorité remuante, hurlante et haineuse ne représentant qu’elle-même. Usurpation, donc.

     Quant à l’expression «aux partis politiques», elle fait rire pour de bon parce que ces «partis politiques» n’ont aucune représentativité nationale, si l’on fait abstraction du Parti Bidoche d’Ahmed Sambi avec sa petite poignée de Députés et de l’unique Député du PEC. En effet, même en utilisant un détecteur de métaux, un télescope et un microscope électronique, on ne voit pas les Députés du RIDJA, ADD Zam-Zam, CADIM et PASOCO (comment un parti qui représentait le progressisme des Comores hier est-il tombé à genoux devant un fasciste?). Mohamed Fazul et ses anciens compagnons de combat doivent avoir honte dans l’au-delà. On les tue dans la mort et au-delà de la mort.

     Bon. Les crypto-sambistes disent «solliciter une clarification fondée sur le droit, afin de lever toute ambiguïté sur la recevabilité de la candidature de tout comorien issu d’une île autre que celle à laquelle échoit les primaires, à pouvoir prendre part aux élections présidentielles». Déjà, ils auraient dû commencer par écrire «tout Comorien». Passons. Pour ce qui est de la «recevabilité» de la candidature en question, elle est impossible. Oui, elle est impossible parce que la Constitution est absolument claire sur cette «recevabilité», dans la mesure où l’article 13 de la Magna Carta comorienne est dépourvu de toute amphibologie: «La présidence est tournante entre les îles». Ce qui est visé ici, en parlant des «îles», ce ne sont pas la poussière, le sable, les cailloux, le manioc, la banane et les cocotiers, mais les hommes. Ce qui est visé ici, c’est le substrat humain des îles. Quelque chose qui tourne, c’est quelque chose qui passe d’une place à une autre, les îles, en l’occurrence, et sur ces îles, en plus des moutons, des cabris, des poissons et des ânes rouges, il y a les hommes. Il n’est pas dit que «la présidence est tournante entre les individus qui tournent autour d’eux-mêmes», mais «entre les îles». Aucun juriste sérieux n’ergoterait sur une disposition aussi claire. Et voilà que les crypto-sambistes disent que «le RPC appelle à l’indépendance de la Cour constitutionnelle et à une décision strictement fondée sur le droit». Ah bon? N’est-ce pas eux-mêmes qui avaient exercé d’ignominieuses pressions sur Mouzaoir Abdallah, alors Président de cette même Cour constitutionnelle, pour solliciter de lui la prorogation du mandat présidentiel de l’Ahmed Sambi dont on veut imposer la candidature lors de toutes les élections, même celle du chef des écailleurs de poisson au marché de Volo-Volo. Donc, le communiqué du prétendu «Rassemblement des Patriotes» est un tissu haineux d’inepties haineuses.

     Et alors que ce communiqué est la somme de toutes les confusions, il a fallu en ajouter un autre puisque Saïd Larifou, Président du RIDJA, un des animateurs du prétendu «Rassemblement des Patriotes», a cessé d’être un politicien d’envergure nationale pour devenir un acteur politique régional. C’est lui-même qui le dit, puisque dans sa logomachie politique, il a remplacé le mot «Comores» par le mot «Mbadjini», sa région d’origine. C’est sur l’affiche qu’il vient de sortir, et l’affiche en question nous apprend deux choses: «Notre belle région est un atout pour notre avenir» et «Saïd Larifou s’engage à valoriser la région de Mbadjini». Incroyable! C’est tout simplement incroyable! Naturellement, avant sa crypto-sambisation, Saïd Larifou n’aurait jamais commis l’erreur politique fatale de se limiter à sa seule région d’origine, lui qui pensait national il y a encore quelques mois. Il est vrai qu’il est derrière Ahmed Sambi, mais tout de même. Allons!

     Et puis, dans cette affaire, il y a tout de même un grave problème de culture politique parce que, pour la première fois dans l’Histoire de l’humanité, la versatilité politique permet à des candidats à une élection de se ranger derrière un candidat qui ne pourra pas être légalement candidat, comptant sur le trébuchement final de l’impossible candidat pour se partager la dépouille du défunt. Que c’est beau d’avoir des amis sincères en politique. Les Comoriens apprécient. Houmed Msaïdié aussi.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 17 octobre 2015.

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