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Destruction de la mosquée Ahmadiyya / Le premier flic désavoué par le ministère des affaires religieuses

Dans un communiqué publié hier jeudi, le ministère de la justice et des affaires islamiques a désavoué la décision prise par le ministère de l’intérieur pour ordonner la destruction de la mosquée Ahmadiyya à Mirontsy Anjouan.


Destruction de la mosquée Ahmadiyya / Le premier flic désavoué par le ministère des affaires religieuses

Le ministre de l’intérieur a-t-il agi en solitaire dans sa décision de démolir partiellement le lieu de culte de la confrérie Ahmadiyya de Ndzouani ? Tout laisse croire si on se fie au communiqué publié par le ministère de la justice et des affaires islamiques hier jeudi. Un document qui ne laissant aucun doute que le ministère n’a pas été du tout associé à cette action. « Le Ministère de la justice, et des affaires islamiques, dont les compétences couvrent les affaires religieuses, lieux de cultes et l’application des textes régissant l’Islam en Union des Comores informe qu’il n’a pas été consulté ni associé à cette opération » peut-on lire.
 
Un communiqué n’ayant pas fait l’ombre d’un doute sur le fait qu’il désavoue une décision peu respectueuse des droits de l’homme. « Le Ministère chargé des Droits Humains est en l’occurrence garant des libertés fondamentales ainsi que de la propriété privée qui demeurent des droits fondamentaux consacrés par la constitution. Par conséquent, le ministère rappelle que toute aliénation, sous quelque forme que ce soit de la propriété, est soumise à un ensemble de règles et procédures judiciaires ou administratives qui tend à la protection de la propriété privée », a-t-on indiqué. 
 
Et de poursuivre : « En outre, il revient à la direction des affaires islamiques, en étroite collaboration avec le muftorat, de se prononcer sur la conformité ou non des pratiques religieuses qui seraient contraires au droit comorien ».
 
Le dimanche dernier, les adeptes de cette confrérie résidant dans la localité de Mirontsy à Anjouan ont été surpris par la destruction de leur lieu de culte et la réquisition du centre transformé en commissariat de police, tout cela sous une imposant diapositif sécuritaire. Une décision qui avait soulevé une vague d’indignation des organisations de la société civile.
 
Pour rappel, le Ahmadisme ou Ahamadiyya en ourdou est un mouvement réformiste musulman messianiste fondé par Mirza Ghulam Ahmas à la fin du  siècle au Penjab, alors sous domination britannique. « La montée des sectes symptomatique d’une crise des repères et des valeurs n’épargne aucune nation. Classée justement comme secte par l’Organisation de la conférence Islamique en 1973, l’Ahmadisme qui compte plus de 10 millions de fidèles à travers le monde, semble avoir fait de l’Algérie une nouvelle terre de prédication en ciblant particulièrement une jeunesse confrontée à l’incurie du régime algérien », rapporte le site Oumma.com, citant le quotidien El Watan d’Algerie.
 
« Les Ahmadis ont fait leur apparition en Algérie durant ces cinq dernières années. Ils sont loin d’être des illuminés farfelus. Bien au contraire, ils sont méthodiques et cherchent à séduire le maximum de jeunes Algériens. Au début, ils essaient de vous faire croire qu’ils cherchent à mobiliser les musulmans contre le fanatisme et la violence organisée. Mais, au fond, c’est toute leur croyance axée sur la vénération de leur Mehdi qu’ils veulent propager parmi les jeunes », a affirmé un chercheur spécialisé de cette secte au quotidien El Watan.
 
Maoulida Mbaé
La Gazette des Comores

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