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Dialogue inter comorien: l'opposition pose ses conditions avant la reprise des discussions

Moustoifa Saïd Cheikh estime que le pays connait une situation de crise après tout ce qui s’est passé depuis les Assises pour justifier la mission de l’Union africaine. S’il reconnait l’importance et la pertinence du lancement du dialogue, il tient tout de même à expliquer que « malgré l’accord pour poursuivre les négociations, les mesures pour rétablir les libertés fondamentales sont à respecter au préalable».

Au lendemain de la clôture de la première phase du dialogue inter comorien, puisqu’il est appelé à se poursuivre, l’Union de l’opposition, à travers le chef de sa délégation, Moustoifa Saïd Cheikh, a tenu une conférence de presse hier dans l’après-midi à Itsandra pour revenir sur les résultats obtenus lors des échanges. Moustoifa Saïd Cheikh est revenu essentiellement sur les sept mesures d’apaisement du climat politique actuel et à en croire son intervention, elles constituent un préalable à la reprise du dialogue.

« Nous sommes allés avec une position claire, celle de considérer que seule la constitution de 2001 est en vigueur et non celle qui aurait été adoptée le 30 juillet dernier. L’autre partie était venue pour faire reconnaitre ce dernier référendum. Devant ce statu quo, l’Union africaine a proposé un ordre du jour comprenant certaines de nos exigences et d’autres du régime. L’Union de l’opposition a accepté les quatre points évoqués notamment celui de prendre des mesures pour assainir l’environnement politique », a informé le conférencier. Pour ce dernier, bien que le quatrième point de l’ordre du jour comprenne entre autres l’organisation et la sécurisation des élections présidentielles anticipées, « le fait que nous ayons accepté l’ordre du jour ne présume en rien notre acceptation».

«L’union de l’opposition considère que tous les actes posés, à la suite d’un référendum rejeté par les Comoriens, sont illégaux. Toutefois, nous avons accepté l’ordre du jour et le principe de dialoguer mais pour que les discussions puissent se poursuivre, les mesures d’apaisement constituent un préalable. Les libertés de circuler, de s’exprimer et de se réunir doivent être garanties tout comme la liberté de la presse et une Justice non dictée, entre autres points. Il y a également l’autonomie des îles, les prisonniers politiques même si nous savons que le régime refuse le mot prisonnier politique pour qualifier les politiciens aujourd’hui emprisonnés », poursuivra Moustoifa Saïd Cheikh.

A la question de savoir si finalement l’Opposition ne joue-t-elle pas le jeu de la Mouvance présidentielle eut égard au fait que la venue de l’émissaire africain ainsi que l’arrivée prochaine de la commission africaine des droits de l’Homme sont des demandes du régime, le leader de «l’Opposition estimera que l’opposition gagne plus que le pouvoir en ce qui concerne la venue de ces deux missions. Si le régime voulait vraiment que l’Union africaine vienne, il n’aurait pas tenté de l’en empêcher. C’est le pays qui gagnera si les libertés sont recouvrées et non l’Opposition ».

Mohamed Youssouf

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