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Discours du président Ali SOILIHI : Nous tendons une main fraternelle à nos compatriotes de Mayotte

Discours du président Ali SOILIHI : Nous tendons une main fraternelle à nos compatriotes de Mayotte
Discours prononcé après l’admission des Comores à l’ONU, en novembre 1975.
 
Il y a moins de 48h, l’archipel des Comores donne sa candidature aux nations unies, a été parrainé par 80 pays, vient d’être reconnu par l’assemblé générale en tant que nation libre. Et l’état comorien admis en tant que membre à part entière, de cette grande organisation internationale.
En même temps, une résolution à l’appui de cette admission, au milieu de grandes acclamations, a emporté le consensus des peuples pour confirmer solennellement les limites naturelles et juridique de notre état englobant l’ile de Mayotte, l’ile d’Anjouan, l’ile de Mohéli et l’ile de grande Comores.
Il se trouve bien entendu que le gouvernement français une fois de plus dans cette affaire n’a pas manqué l’occasion de se singulariser et de marquer un manque d’amitié à l’égard de notre peuple.

Je dois dire que la victoire qui vient d’être remporter, est d’abord celle de tous les peuples épris de paix et de justice. C’est aussi la victoire de la diplomatie comorienne qui, avec très peu de moyen, a su sensibilisé les nations et provoquer à l’échelle du monde, une réelle mobilisation en faveur de notre cause.
Mais c’est surtout votre victoire camarade. La victoire du peuple comorien tout entier. Ce peuple vaillant qui, au bout d’un centenaire de colonisation intégrale, a su résister à toutes les tentatives d’assimilation ou de métissage culturelle, et préserver ainsi son authenticité.
Ce même peuple qui, durant la dernière décennie, a engagé sur le plan politique la bataille contre la domination étrangère avec un courage, une persévérance et un réalisme exemplaire.

Le 22 décembre 1974 répondant comme un seul homme à la grande question qui lui était posé, le peuple comorien a réalisé un scrutin record contre le statut colonial.
Le 10 juillet 1975, se trouva menacé par des artifices juridiques visant à consommer le dépeçage de la patrie.
Le peuple comorien a résolument soutenu le gouvernement de l’OUDZIMA pour arracher l’indépendance politique par un acte de déclaration unilatéral. C’est-à-dire un mode révolutionnaire d’accession à la souveraineté.

Camarade, la grande histoire que nous venons de raconter au niveau internationale, ne doit cependant pas nous faire oublier le pacte qu’ensemble nous avons signé.
Le 3 aout 1975, un coup d’état, authentiquement comorien, dans sa conception comme dans ces moyens et dans sa réalisation, a définitivement mis au-devant de la scène mondiale l’ensemble de la jeunesse comorienne, c’est-à-dire la catégorie de la nation la plus vaste, à consolider les assises de la révolution.
Le conseil exécutif national qui en ait engendré, vous avez promis dans un délai limite de 5 mois, la mise en place des institutions démocratiques stables et plus particulièrement, la convocation d’un assemblé populaire, chargé d’élaborer la constitution de notre état.

Il vous avez promis aussi la sauvegarde effective de l’intégrité territoriale.
Après 4 mois d’activités et à la veille de mise en place d’institution démocratique de la dissolution du conseil exécutif nationale, il nous faut nous poser la question, avons-nous atteint le double objectif qu’ensemble nous nous étions fixé, en révolutionnaires honnêtes et conscients de nos responsabilités? Nous répondons non.
Notre échec provient de ce que notre bonne foi a été piétinée, par les deux partenaires que sont nos deux camarades responsables du mouvement Mahorais et l’ancienne puissance tutrice.
Ceux-là, ont adopté à notre égard une attitude inamicale et ont abusé de notre confiance durant 3 années pourtant nous militons ensemble dans l’opposition, partageant ensemble les souffrances, les privations, les humiliations. Nous nous étions engagés tous à donner plus d’autonomie aux îles et à respecter leur particularité.

Le jour où nous prendrons le pouvoir et accéderons à la souveraineté, le même engagement a été renouvelé le 9 juillet dernier alors que l’indépendance unilatérale était déclaré ; La chambre de député est devenu assemblé générale et le président du gouvernement chef de l’état.
Après le 3 Août, nous avons pris des contacts directs avec nos frères de Mayotte. Nous avons respecté et nous continuons de respecter notre serment de fidélité à nos compatriotes et amis du mouvement. Mais au fur et à mesures que le temps passe, nous sentons qu’on a abusé de notre confiance.

Nos frères ont oublié l’amitié personnelle qui nous lie et ils ont bafoué notre fois en un archipel uni politiquement économiquement culturellement et humainement.
Quant à l’ ancien puissance tutrice, le moins que l’on puisse dire est que seul attitude est ambiguë. Pourtant, nous étions partis de la conviction très ferme que cette puissance, après avoir œuvré au cours des décennies passées, pour l’unité de l’archipel des Comores, s’est trouvée à un moment donné, tout autant comme nous, devant un problème difficile; Mais qu’elle conservait fondamentalement son rôle d’arbitre impartial et précieux. Eh bien! Il nous faut constater camarades, qu’au fil des jours et à la lumière des actes conclus, la France est devenue partie prenante.

Elle est devenue partie prenante parce que : elle parle d’organiser des consultations sur une partie de notre territoire nationale, au mépris de notre souveraineté, et après avoir pris la précaution de favoriser l’expulsion de 2000 nationalistes hors de l’île de Mayotte; Manifestant ainsi, le souci d’aboutir à ce que le combat fait, faute de combattants. Or la France est bien placer que qui conque pour savoir que notre pays est un et indivisible.

Nous disons, que la France fait partie prenante par ce qu’elle a mis en place un arsenal de guerre, comprenant plusieurs forces de légionnaires des bateaux et des fusiliers marins et dit-on plus particulièrement le fameux commando qui rappelons-le, se révèle l’un des commandos d’élites existant en France.

Elle est partie prenante parce qu’elle fait, que nous sommes économiquement faible, et qu’elle conditionne la coopération au démantèlement de notre peuple et de notre patrie bien aimée.

Elle est partie prenante… Parce qu’elle subordonne l’aide qu’il veut nous apporter, et la quelle elle nous a du habitué, au dépeçage de notre pays. Alors que, elle sait pertinemment, que l’intégrité du sol de nos ancêtres n’est pas, ne peut pas et ne doit pas être négociable.
Elle est partie prenante en fin parce que, confiant de ce que toutes les conditions sont réunis, pour la mise en place d’une étude comorienne harmonieuse, apte à promouvoir les transformations bénéfiques ; sans doute jalouse de l’authenticité de l’indépendance mais sincère dans l’amitié.
Elle entretient une situation qui dévie les potentialités intellectuelles; dynamite l’ardeur de la jeunesse agissante et combattante et provoque ainsi un gâchis historique.

En fin de compte, Camarade avez-vous conscience de ce que l’on vous propose : On nous propose de trahir notre foi de militant révolutionnaire ; on nous propose de trahir les aspirations profonde de notre peuple, les chartes de L’OUA et de L’ONU,
On nous propose en fin, de trahir tous les peuples épris de paix et de liberté qui prônent et luttent comme nous, pour la libération des peuples asservis et exploités.
Nous comorien nous ne sommes pas hostile à ce grand peuple auquel nous sommes historiquement liés; nous lui devrons amplement de tenir compte de la réalité et de ne pas nuire à l’épanouissement de notre peuple.

Nombreux sont ceux qui, du reste des français aux Comores ou en France ont pris fait et cause en faveur de notre nation. Ils participent activement au même combat que nous. Manifestant ainsi un réel désir de solidarité et d’amitié.
Ils apportent la preuve que le conseil exécutif nationale a eue raison, au niveau de la doctrine comme au niveau des comportements ; D’opérer à un distinguo fondamentale entre la politique d’un état et la position des ressortissants de ce même état.

Il nous faut rappeler, depuis Jules Cesare jusqu’à nos jours, que ce peuple ami, s’est toujours battu avec acharnement pour sa liberté et pour la sauvegarde de l’intégrité de son sol. A ce peuple qui a eu le mérite de déclencher la première révolution du monde en 1789 ; Et qui en fait le souvenir chaque année ; nous tendons une main amicale, pour une coopération franche, dans le respect mutuel de notre souveraineté retrouvé et l’intérêt bien compris de nos populations respectives.
A nos frères de l’ile comorienne de Mayotte, et à nos camarades du mouvement comorien de Mayotte, nous adressons cet appel pressant, pour qu’ils renoncent aux rancœurs du passé, et aux suspicions. Nous leurs demandons instamment de se joindre à nous pour bâtir le jeune Etat comorien avec les modalités que nous aurons défini ensemble.

L’archipel des Comores exige la mobilisation de tous ses enfants au moment où il amorce la dure bataille de son histoire; la bataille du développement.
La lutte contre la pauvreté, la maladie et l’ignorance, la lutte contre l’exploitation, est plus exaltantes que nos querelles de famille qui trouvent leurs origines dans des intérêts égoïstes et morbides ; nous tendons une main fraternelle à nos compatriotes de Mayotte, et les invitons solennellement sans arrière pensé à rejoindre rapidement leur place dans nos rangs. Nous leur demandons de participer avec nous, aux travaux d’élaboration des institutions démocratiques. Ils savent très bien, que les institutions prendront en considération les particularités de chaque morceau de notre territoire national. Étant démocratique, ces institutions respecteront le principe de l’unité dans la diversité.

A toute la jeunesse comorienne combattante, à l’élite et aux cadres qui naturellement en sont le fer de lance, nous réaffirmons, que la lutte qui est lancée est essentiellement en leur faveur, elle est faite par elle et pour elle, et doit de manière irréversible, dépasser les intérêts clanique et enrayer à jamais, la petite politique des règlements de compte. Nous avons en semble déjà marqué des points importants. Mais compte tenu des barrières de plus en plus perfides que les antirévolutionnaires de tout bord, mettent à l’encontre de notre volonté de paix, de justice, et de progrès; Il est à prévoir que les mois à venir augurent une période difficile, peut-être la plus dure la plus dure de notre lutte; il est à prévoir qu’à très court terme soit utiliser contre nous et pour nous forcer à renoncer notre unité nationale, l’arme absolu au service du capitalisme et de l’impérialisme conjugués; je veux parler de l’arme économique et financière.
Or camarade, nous avons depuis des décades, perdues nos aptitudes à affranchir ce mode particulier d’agression impérialisme. Notre administration se trouve endormie par les subventions permanentes, tant dis que les cadres que nous sommes, sont largement contaminé par une mode de consommation, un mode vestimentaire, un mode de réaction psychique inadapté à la lutte révolutionnaire.
Les collèges et les lycées, des implantations trop ressentes doublé d’une orientation scolaire regrettable n’ont pas formé des professeurs ; des scientifiques et des techniciens.
La colonisation nous a encouragé à utiliser nos soles agricoles pour des productions de luxe mais a pris bien soin, de ne pas nous apprendre à les transformer. Et par-dessus tout, notre foi initiale en la sincérité du partenaire, nous a dispensés de rechercher à travers le monde et en temps voulu les formules de substitution.

Nous voilà camarade devant nos responsabilités, et vous constatez qu’elles sont très lourdes. Mais ces responsabilités vous savez aussi qu’ensemble nous les prendrons; Nous les prendrons parce que nous ne confondons jamais, l’amitié et l’humiliation; Aussi par ce que notre cause est juste, et que nous le devons à la patrie, qui nous a fait naître, qui nous a nourri et instruit ; nous le prendront ensemble parce que malgré tout la nature a doté le peuple comorien en sa grande majorité dans certain nombre de qualité: la simplicité, le sens de l’honneur, la persévérance, l’endurance et la résistance à la privation et que de toute façon, nous sommes sûr d’avoir la bénédiction de nos ancêtres.

Camarades, où que vous soyez, que vous vous trouviez dans l’ile comorienne de Mayotte, ou d’Anjouan, de Mohéli ou de grande Comores, n’oubliez jamais la devise sacré, un seul peuple, un seul idéal, un même combat.
Vive les Comores libre et unis, et vive la révolution.
Président de la république démocratique des Comores
Ali SOILIHI MTSACHIWA (paix à son âme)
discours transcrit par Mbadakome
 

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