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Discours du président Ikililou Dhoinine à l’ouverture de la Cop 21 au Bourget le 30 novembre 2015 : quelles analyses en faire ?

D’abord, c’est un discours bien introduit, tenant compte de l’actualité du pays hôte, la France endeuillée, encore une fois depuis les attentats de Paris du 13 novembre. Les différents chefs d’Etat ont tous exprimé lors des différents discours leurs sentiments d’amitié envers le peuple français et leur détermination avec la France contre la barbarie. Notre président a alors joué dans la Cour des grands en se joignant à ces homologues l’ayant précédé sur cet aspect. « Je tiens, tout d’abord, à joindre ma voix à celles de ceux qui m’ont précédé à cette tribune, pour renouveler à Vous, Monsieur le Président HOLLANDE, ainsi qu’à l’ensemble du peuple français, les condoléances et la compassion du peuple comorien, suite aux attentats lâches, barbares et odieux qui ont ensanglantés Paris, le 13 novembre dernier », a-t-il déclaré le président Ikililou Dhoinine en début du discours, et d’y rajouter que la France peut compter sur le « soutien de l’Union des Comores pour que des actions rapides soient mises en œuvre pour lutter efficacement contre le fléau du terrorisme en France et dans le monde. »

Un discours pas original

Dans le fond, on peut regretter en revanche le manque d’émotion du discours ancré sur des généralités qui lui prive de tout effet émotionnel pourtant nécessaire pour marquer les esprits du public et le monde entier. Le discours de notre président a fait le constat connu du grand public faisant même l’objet des assises du Bourget : « La transition vers un développement durable n’est plus un choix mais une condition sine qua non pour la survie de l’Humanité. » Le président a aussi souligné les conséquences néfastes liées à une négligence humaine. Jusqu’ici, le discours en reste un non marquant faute d’originalité pour un pays archipel perdu dans un vaste Océan Indien. Au moment où les propos de Monsieur le Président allaient créer cette dynamique arrive en cinquième paragraphe lorsqu’il évoque les « petits Etats en développement comme mon pays (les Comores) qui subissent ce dérèglement climatique ». En l’écoutant à ces instants-là, on s’apprêtait à s’envoler avec lui dans un discours prêt à prendre des ailes et des dans les secondes qui suivaient. Hélas, un rêve s’est brisé, ce rêve qui devait prendre son élan dans une pure imagination inspirée d’un archipel minuscule de moins d’un million d’habitants repartis dans un espace très réduit ayant frôlé la catastrophe de 2004 la plus meurtrière des 30 dernières années, le raz-de-marée de 2004 avec ses 25000 victimes.

Un discours dépourvu d’émotion

L’émotion d’un tel discours se serait appuyée aussi sur un ton d’affolement lui-même exprimé par l’usage d’un vocabulaire aquatique alarmant de l’ordre « l’élévation du niveau de l’eau et la quantité d’eau déplacée, la force destructrice des eaux montantes mouillant nos résidences insulaires, cette énergie par l’élévation de la vague à l’approche de nos côtes habitées, l’impact du phénomène sur nos côtes.

Est-il vrai que notre archipel n’a pas la taille des îles Marshall et dépasse en nombre d’habitants les quelques 70 000 occupants de ces îles volcaniques de l’Océanie. Mais nous avons les mêmes contraintes géographiques. Nous sommes un peuple insulaire dont les terres regorgent un des grands volcans en activité qui est le Kartala.

Sur un podium mondial où les chinois plus attendus ont su marquer l’Histoire par le discours du président Xi Jinping, empruntant au répertoire français à travers une jolie citation de Victor Hugo : c’est face à des difficultés extrêmes qu’il faut trouver des solutions extrêmes, on aurait beaucoup aimé voir notre président briller par son discours et non par un photobomb devenu source de moquerie depuis. On aurait souhaité voir Ikililou Dhoinine , bien droit et élégant dans son célèbre Bushti entonner un hymne naturel ancré dans un registre proche ou semblable au discours des îles Marshal où l’on lit un cri naturel d’au secours, un discours fort où le président Christopher Loeak s’engage Comme représentant d’une nation qui se trouve 2m au-dessus du niveau de la mer, j’implore votre aide pour que mon pays ne soit pas submergé par la montée des eaux.

Nous avons ainsi constaté que le discours du chef de l’Etat a tout simplement été un discours comme tant d’autres tout court.

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