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Djaffar Ahmed Saïd Hassani a mendié la grâce à Azali

Djaffar Ahmed Saïd Hassani a mendié la grâce à Azali

La demande de la grâce est la reconnaissance de l’infraction

Par ARM

       Alors que l’actualité politique des Comores est tellement morne qu’elle ne donne aucune envie de s’y intéresser, l’ancien Vice-président Djaffar Ahmed Saïd Hassani vient de lui donner un coup de fouet. Le dictateur Assoumani Azali, petit-fils de Boinaheri, a accordé, ce mercredi 12 mai 2021, la grâce à son ancien adjoint Djaffar Ahmed Saïd Hassani. C’est très grave. Pis, c’est gravissime. En chargeant obséquieusement et avec insistance ce notable de Mdé de lui obtenir cette grâce dictatoriale, Djaffar Ahmed Saïd Hassani a agi comme quelqu’un qui n’a jamais fait des études de Droit. En effet, en demandant cette grâce, Djaffar Ahmed Saïd Hassani reconnaît implicitement et même explicitement qu’il est coupable de la fausse tentative de coup d’État dont il est accusé. Ou, veut-il dire aux Comoriens qu’il est vraiment coupable? S’il reconnaît sa culpabilité, qu’il le dise ouvertement pour que la chose soit claire dans les esprits.

La grâce de la honte par la renonciation et le reniement

En Droit, la grâce accordée par un chef d’État est une faveur accordée à un criminel pour la suppression ou la réduction d’une sanction pénale, qui reste tout de même inscrite sur le casier judiciaire du condamné, contrairement à une amnistie, qui signifie étymologiquement «oubli». La grâce n’efface pas la condamnation. En résumé, non seulement Djaffar Ahmed Saïd Hassani a mendié un cadeau empoisonné, mais en plus, il reconnaît qu’il avait mérité la peine de réclusion criminelle à perpétuité (la prison à mort) qui avait été prononcée contre lui en décembre 2018, et qu’il accepte que cette condamnation continue à figurer sur son casier judiciaire. Qu’aurait-il fait s’il n’avait jamais fait des études de Droit? Cette faute gravissime est d’autant plus impardonnable qu’elle donne raison à ceux qui disent qu’aux Comores, on n’arrive pas à faire la différence entre ceux qui ont étudié et ceux qui n’ont pas fait des études, entre ceux qui ont fait des études en Droit et ceux qui n’ont jamais étudié du Droit.

Djaffar Ahmed Saïd Hassani, clamant son innocence, aurait dû demander une révision de son procès, comme cela est permis, et cela, pour laver son honneur. Mais, non! Son envie de rentrer aux Comores l’a conduit à commettre cette faute impardonnable. En tout état de cause, voir l’homme du samedi 26 juin 2018 ramper devant le dictateur qu’il avait dénoncé avec courage, élégance et dignité a tué quelque chose dans l’âme de milliers de Comoriens. Insistons sur le fait que le discours qu’avait prononcé Djaffar Ahmed Saïd Hassani le samedi 26 juin 2018 contre le dictateur fou de Mitsoudjé est l’un des plus beaux et plus fondateurs jamais prononcés aux Comores. Alors, quand son auteur le renie par la reptation et la mendicité en rampant devant le dictateur qu’il avait dénoncé, tout en réclamant le statut de héros national et tout en accusant les Comoriens d’ingratitude à son égard, les Comoriens ne peuvent qu’être dégoûtés.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 12 mai 2021.

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