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Droit de réponse à la tragédie d'Iconi de 1978

Droit de réponse à la tragédie d'Iconi de 1978
Droit de réponse laissé par un visiteur:

Bonjour,
Je viens de relever un détail qui m’a échappé à la première lecture de votre article. C’est pourquoi je me permets de revenir à vous pour apporter une dernière précision.
Comme vous l’aurez compris, je ne crois pas à l’implication directe du Mongozi dans cette tragédie. Néanmoins dans vos efforts – certes louables – de le dé-diaboliser, je vous prie de ne pas pousser l’indécence jusqu’à porter la responsabilité sur les victimes de leur propre massacre. C’est une insulte insupportable à la mémoire de ces martyrs. Qu’Allah swt leur ouvre les portes du paradis, Insha Allah !
Quiconque connaît un tant soit peu l’histoire des Comores en général et celle de Ngazidja en particulier sait que cette ancienne capitale de Ngazidja qui a vu naître en son sein des personnages illustres tels que le sultan Mlanao, Mbaé Trabwé etc. a toujours été une ville rebelle. Iconi n’a jamais hésité, par le passé, à défier toute forme de tyrannie.
Il n’est donc pas étonnant que ses habitants fiers, vaillants et parfois téméraires aient fait acte de résistance face aux dérives dictatoriales de la « République des Imberbes » dans ses derniers soubresauts.
Pour comprendre la réaction de la ville d’Iconi, il faut se replacer dans le contexte de 1978.
Suite à l’abolition de ce qu’il a appelé le Sirkali ya Makaratasi en 1977, Ali Soilih a commencé à perdre progressivement le contrôle de l’Etat, en confiant les rênes du pouvoir à des jeunes adolescents inexpérimentés et fortement endoctrinés. Poussés par la verdure de leur jeunesse et la ferveur révolutionnaire, dans un excès de zèle et d’arrogance, ils ont fait régner la terreur et l’arbitraire en multipliant les oppressions et les humiliations sur leurs aînés, les Ulama etc. Ce sont toutes ces exactions perpétrées par les Comités qui ont fini par excéder la population toute entière, et pas seulement les Iconiens.
il est donc incontestable qu’à la fin de son règne, le Mongozi avait perdu le soutien de la population. En témoignent les liesses populaires observées à la suite de son renversement, perçu à l’époque comme une sorte de « libération ».
Malgré son patriotisme, son dévouement pour les plus défavorisés, son désintérêt pour l’enrichissement personnel, la grande majorité de la population, dans sa soif de liberté, n’avait gardé de son règne que le souvenir de l’oppression et des humiliations. De retour au pouvoir, les féodaux se sont chargés de noircir sa mémoire, en l’excommuniant de l’Islam (qu’Allah swt leur pardonne !), en amplifiant les ressentiments du peuple tout en minorant voire en occultant les réalisations positives de son règne : les Mudiriya, l’alphabétisation, l’émancipation des femmes, l’abondance en denrées de première nécessité, et par dessus tout la restauration de la fierté de notre Comorianité.
Les Comoriens n’ont pas tardé à déchanter. Puisque depuis son départ prématuré, notre pays n’a cessé d’aller de Charybde en Scylla. Nous avons été pris en otage par différents clans d’une même mafia qui se succèdent et se ressemblent. Aujourd’hui nous sommes devenus la risée du monde entier.
Espérons que dans un avenir prochain nous tournerons cette page dramatique pour renouer avec la prospérité et la dignité.
Tandis que les mensonges empruntent l’ascenseur, la vérité prend l’escalier Aujourd’hui, malgré ses erreurs, les faits relatés avec objectivité et sans complaisance suffisent à plaider en faveur du Mongozi. Il est donc inutile de travestir l’histoire dans un sens comme dans l’autre. Comme il l’a dit lui-même : « E tarikh do hakim ».
Recevez mes salutations distinguées !
Barakat N.

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