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Echéances électorales de 2016 : mais que veut le peuple comorien ?

Chaque jour qui passe, chaque instant qui défile, le Comorien a son regard figé sur 2016 au point que le chiffre en soi reste le terme le plus prononcé dans près d’un million des Comoriens aux Comores et dans le monde. A vrai dire, nous nous intéressons beaucoup plus à parler politique comme si celle-ci était carrément une langue, un moyen de pouvoir mettre en relation des interlocuteurs. Cela a un sens. Cela veut dire que le Comorien ne se fait jamais d’illusions sur le bien être de son pays, un bien être qui passe absolument par la politique, un bien être conditionné par la vigueur et la solidité que l’acte politique en soi doit avoir. Or, cette rigueur passe d’abord par l’Etat de droit dont la justice reste le levier propulseur.

Quand la justice fait défaut : exiger le thème dans la campagne

Justice ? – Oui ! Le mot se suffit de lui-même pour être ce qu’il est et signifier ce qu’il représente dans les relations humaines. Soit justice est, soit elle ne l’est pas. A-t-on donc besoin de rajouter d’autres morphèmes qualificatifs à ce terme pour le rendre plus significatif ? – Non, soit on fait face à une « justice » ou plutôt à une « injustice ». Le développement demande l’Etat de droit. Parce qu’il n’y a pas de justice, notre pays n’avance pas et n’avancera jamais sans. Voilà pourquoi nous devons en parler. Voilà pourquoi nous devons faire de ce discours notre bataille pour dénoncer les comédies et farces démocratiques successives qui ne sont que de la poudre mouillée faciale de façade. Quand la justice fait défaut, rien ne va, chacun s’adapte pour survivre sans s’inquiéter du regard de l’autre. Le pessimisme et le spleen s’abattent sur le peuple, ce qui conduit à la déchéance morale et sociale du citoyen lambda.

 40 ans après l’indépendance, l’avenir des Comoriens sur place et/ou ailleurs parait de plus en plus incertain alors que chacun s’efforce malgré tout de garder son attachement plus profond qu’il a pour ce bel archipel de l’Océan indien. Ce pessimisme ravageur gagne des cours et des cœurs chaque instant qui passe, et pourtant cela n’a jamais pu inciter réellement à un vrai soulèvement populaire généralisé devant faire bouger les lignes. C’est ce sentiment d’impuissance qui a poussé certains appelés « les vieux » à demander le rapport introspectif sur le pays d’abord vu de la nouvelle constitution tournante, puis vu de l’expérience cumulée à partir de l’interdépendance en 1975. Une telle demande ne peut qu’être légitime si l’on tient compte de la situation. Et pourtant, les Comoriens s’adaptent, font avec ces situations graves et s’y identifient paradoxalement d’une période à une autre. Les exemples en pleuvent ; la dégradation de l’école publique a entraîné la prolifération des écoles privées abondées, pour surmonter les difficultés liées à la destruction des routes, les gens roulent en 4.4, pour se soigner, il faut prendre les airs ou la mer comme si tout le monde doit et peut y arriver…et de nombreux exemples.

Cette attitude plus qu’invraisemblable du peuple comorien vis avis du chaos social fait peur, rend fou et doit interpeller chacun de nous. Il est inconcevable, le fait d’être obligé de revenir sur le passé et en demeurer nostalgique parce que le présent compromettant d’autres avenirs nous parait encore pire et plus infect. Disons alors stop. Dire stop à cette situation désordonnée revient à pointer du doigt les problèmes fondamentaux. Or, pointer du doigt ces problèmes, c’est savoir ce que demande le comorien pour vivre sereinement. Tel devrait être le leitmotiv pour la campagne de 2016.

 Que veut-il alors le peuple ?

– Il veut que le responsable politique se rende chez lui pour en avoir une idée concrète des réalités quotidiennes ;

– Le Comorien veut que le responsable politique touche du doigt ces réalités et ses souffrances ;

– Il veut un Etat présent partout sur le territoire, un Etat qui s’approprie celui-ci, un Etat qui fait preuve de maîtrise de son territoire et de ses frontières pour pouvoir aider efficacement ses populations en matière d’infrastructures, de lotissement ;

– Le Comorien veut avoir accès à des services sociaux programmés, soutenus et solidifiés de base comme la santé, l’éducation, l’eau, l’électricité, l’emploi…etc. ;

– Il veut une justice qui dépasse ses réalité fantaisistes d’aujourd’hui, une justice qui, au-delà de sa nomenclature répond aux exigences qui sont les siennes, cela au plus grand bénéfice des populations et pour l’intérêt, la crédibilité et l’image de notre pays.

Ce sont donc des problèmes considérés en rapport avec les Comoriens sur place aux Comores et ceux de l’étranger.

Répondre à ces attentes demande une réorganisation mais aussi une responsabilisation des partis politiques

Le responsable politique comorien doit alors comprendre que son rôle est de veiller à la réalisation des projets divers répondant à ces exigences. Mais pour qu’il y veille, il faut en avoir les projets. Les responsables politiques (toutes classes confondues) doivent alors démontrer en quoi ils méritent endosser ces habits d’hommes et de femmes politiques. Le démontrer, c’est nous présenter des projets variés basés sur les attentes ci-dessous citées. Le parti politique doit donc être un espace d’expérimentation politique et une espèce de laboratoire du responsable politique où se conçoivent ces projets de société. Réorganiser les partis politiques, c’est doter de ces lieux d’expression appropriés d’outils et de moyens propices dans l’exercice du pouvoir. C’est à ce moment-là que les candidatures spontanées concourant aux magistratures suprêmes sauront en quoi elles ont à faire. C’est aussi faire preuve de responsable avant d’accéder au pouvoir.

Pour développer, il nous faut des institutions transparentes, impartiales et responsables, des institutions qui ne doivent pas coexister avec la corruption et toutes oppressions politiques. Nous ne pouvons jamais avoir la confiance des investisseurs potentiels, qu’ils soient de l’intérieur encore moins, ceux de l’extérieur, dès lors que notre justice reste telle qu’elle est aujourd’hui sans ni volonté de mieux faire ni moyens pour y arriver. Nous devrions alors exiger que ces thématiques occupe les débat de campagne à la veille des élections du Président de l’Union et des gouverneurs des îles autonomes.

 

 

 

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