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Elections. Eviter de « parler de corde dans la maison d’un pendu… »

Faissoili Abdou

Ainsi donc, sauf imprévue, (Oui, dans le pays d’un inédit troisième tour électoral, on est à l’abri de rien) le processus électoral ouvert par le référendum constitutionnel de juillet 2018 suivi des élections présidentielles et gubernatoriales de mars 2019 se clôt ce 23 février 2020 par l’élection des députés et des conseillers communaux. Un processus électoral fortement contesté de bout en bout par l’opposition et certains organisations de la société civile tandis que le gouvernement et les organes en charge des élections s’en félicitent. Dans une intervention faite ce 24 février en prélude à la proclamation des résultats  provisoires du second tour des législatives et l’élection à un seul tour des Conseillers communaux, le président de la Ceni, Dr Djaza Ahmed Mohamed,  s’est réjoui d’un scrutin qui s’est déroulé « dans le calme, la paix et la sérénité ».  « Les électeurs ont accompli leurs droits civiques dans les 747 bureaux de vote, dans le calme, la paix et la sérénité. Les quelques altercations bénignes entre concurrents ici et là ne sont pas de nature à affecter la sérénité du scrutin », a-t-il déclaré. Il faut souligner que dans un village du Oichili, une altercation a quand même fait des blessés qui ont été admis à l’hôpital.

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué. Depuis un moment la traditionnelle formule «  élections libres et transparentes » qui était, en quelque sorte  le sceau d’un scrutin qui a respecté plus ou moins les règles de l’art est remplacée par les termes « calme, paix et sérénité » qui, à mon avis, signifient tout simplement qu’il n’y a pas eu de troubles lors du vote. C’est le discours utilisé désormais de la base (CENI)  au sommet de l’Etat et aussi par les observateurs internationaux.  C’est-à-dire que même si les règles de l’art n’étaient pas respectées, même s’il y a eu fraudes massives,  il n’y a personne qui a élevé la voix. Il n’y a pas eu  de troubles et cela couvre les irrégularités. Et, on s’en contente. Exit, la transparence. Ce terme est tout d’un coup devenu vieillot ou est-ce que les organisateurs des élections ont honte de l’utiliser, de le clamer alors qu’ils savent eux-mêmes dans quelles conditions se se déroulent les scrutins ? La sagesse populaire ne nous dicte pas d’éviter de « parler de corde dans la maison d’un pendu » ?

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