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« Élire Mamadou, c’est fabriquer des gueux dans la misère totale et des déshérités dans le malheur infini. » SAID YASSINE Said Ahmed

La jeunesse, ce n’est qu’un mot, nous dit le sociologue français, Pierre Bourdieu. Une boutade certes sociologique pour dire que les inégalités frappent aussi durement la jeunesse. Ici, dans un contexte comorien, cette réalité existe et démoralise. Beaucoup de jeunes sont dans des situations de fragilités sociales. L’alternative qu’on leur propose, ce sont souvent des stages indignes ou de contrats fictifs et éphémères. Le paradoxe, au lieu de sanctionner celui qui en est la cause de ce fléau, cette jeunesse d’espoir, analyse Said Yassine chroniqueur politique, tend à élire leur propre tombe. C’est-à-dire à soutenir Mamadou, le chantre de la désespérance. Un article donc intéressant parce qu’il met au jour les paradoxes de la jeunesse contemporaine.

Il faut un temps interminable pour que les Comores sortent de l’abîme où elles se trouvent. Et pourtant naïf que j’étais, je comptais sur une jeunesse dont la plupart viennent de différentes écoles du monde. Néanmoins, l’inquiétude élit domicile dans mon cœur. Sans hésitation aucune, la jeunesse Mamadou remporte la palme d’or de la désespérance. Je suis désappointé par certains d’entre eux pour qui j’avais de l’estime. J’espère qu’ils sont conscients de ce sable mouvant sur lequel ils placent le pays. Une conscience coupable n’a pas besoin d’un accusateur. Sinon, les autres auraient raison. C’est l’heure de rendre la monnaie de la pièce. Il est impératif d’œuvrer pour la victoire de leur seigneur, conseiller financier du FMI et de la Banque mondiale. Autrement, ce serait de l’ingratitude. Parce que des redevables à vie au Vice-président en charge des finances, il y en a. Il faut donc qu’ils rendent leur dû au généreux qui assure leur quotidien et celui de leur prochain. Oui, ils ont le droit de soutenir qui ils veulent. Mais prendre tout le monde pour des idiots, il est hors de question. Qu’ils arrêtent de dire que l’argentier éternel des Comores pourrait résoudre les maux qui rongent les Comoriens. Le pire c’est bien lui et son futur Vice-président, actuel ministre de l’intérieur. Comment en cinq ans, aura t-il le cœur de faire ce qu’il n’a pas su faire pendant plus de trente ans ? Non, c’est de l’enfumage. Passons.

« Quid des promesses d’embauche ? »

SAID AHMED Said Yassine est écrivain -poète et chroniqueur sur le blog Comoresplus

SAID AHMED Said Yassine est écrivain -poète et chroniqueur sur le blog Comoresplus

Des nominations de dernier souffle s’enchaînent. Des promesses d’embauche aussi. Ne soyons pas dupes. Mamadou pourrait être élu. Et personne ne conteste cette hypothèse. Toutefois, ceux qui s’épuisent pour son élection doivent savoir qu’ils ne rendent pas service à ce pays, surendetté jusqu’aux chevilles. Le conseiller financier, l’homme des chiffres sans lettre de Breton-Wood ne connait-il pas les combines d’une banque ? Un conseiller bancaire est performant pour les clients précaires quand il fait en sorte que les clients dépensent jusqu’au découvert, et même au-delà pour les Agio. Ce qui rend Mamadou, exceptionnel, aux yeux de la communauté internationale, notamment ces banques étrangères. Il joue contre son peuple. Mais pour les Comores, c’est inutile de dire ce qu’il est. Le seul service que la jeunesse Mamadou peut rendre à ce pays, c’est de prendre son argent, et le couler à mi-chemin. Mais la chose semble aussi improbable. Pour causes : nominations éphémères et promesses.

« On suppose »

Supposons qu’il y a moins de 10 mille agents dans la fonction publique comorienne. Supposons, dans un pays de moins d’un million d’habitants, une Fop où les gens ne bougent pas des chaises pour la retraite. Donc des cumuls, si on peut dire. Il y a 5 à 10 mille jeunes venant des différentes écoles étrangères et nationales, ayant horreur de consulter la terre ou la mer. Surtout ne rien Faire pour transpirer. Juste « adhwa, adhwa ndo ladiwani no komrtelekom no sheli ». Tous ces diplômés, toute cette crème, sont les circonvenus de Mamadou. Et chacun d’eux, est promis à un poste plus élevé que celui de Christine Lagarde, en cas de victoire. « Zina no uko mpuho muyo ». Mais les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Le Vice-président en charge des finances est connu dans l’art de savoir « mamadouer » et banaliser les choses. Il y a longtemps, de passage en France, le Vice-président candidat, M. Mamadou avait pris des contacts avec certains jeunes diplômés, sans jamais les appeler. C’était avec ces dires : « pvanu bwatrotro ye ntsi ila ngiyona besoin ya hanyu, kamdja mwa rangaria ra iheza… nganyina ze pulasi za hanyu ». On prend un verre, on sympathise, une fois le dos tourné, amnésie volontaire.

« Une jeunesse utilisée et jetée comme un kleenex »

Comme des vieilles chaussettes, cette jeunesse ne fera pas long feu, dans le cercle Mamadou, chef d’État, si par malheur, il est élu. Cette jeunesse de désespoir, véritable graine du chaos, sait que sans enterrement de ces générations du fléau, l’alternance ne passe pas. L’espoir que Mamadou nourrit dans les esprits de ces jeunes est un château de sable. Un homme averti en vaut deux. Évitons les chutes suite aux déceptions. Admettons que Mamadou ira au pouvoir à l’aide des assoiffés comme son vice-président, ministre de l’intérieur, l’homme au dossier SOCOVA, à l’aide de la machine de la honte ; la CENI et de la Cour Constitutionnelle altérée. Où passera cette jeunesse, avec notre « Kim Schmitz » au pouvoir ? Ce n’est pas en fin de carrière, après 35 ans de service non rendu à la nation, qu’on pense aux indigents. Elisez Mamadou pour fabriquer des gueux dans la misère totale et des déshérités dans le malheur infini.

SAID YASSINE Said Ahmed

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