You are here: Home » SOCIÉTÉ » Elle est partie pour ne jamais revenir

Elle est partie pour ne jamais revenir

Maman est morte, a-t-il dit Albert Camus. C’était la nuit du mercredi 23 décembre à jeudi que la mienne s’en est allée. Loin des logiques de l’antihéros Meursault, j’en pleure depuis. Ma mère, comme tous nos parents n’était ni enfermée ni dans l’asile. Elle est morte, J’en pleure aujourd’hui. J’en pleure pour tas de raisons ; elle est ma mère, mon unique mère qui nous a tant aimés, chéris et estimés.

Elle est morte bien avant que je puisse lui servir tant de plats, lui raconter tant d’histoires d’un fils devenu père, lui faire part de ma nouvelle vie d’adulte et responsable. Notre lien reste incassable malgré le présent. Il est le résultat d’un amour qui fut si vivant mais désormais tissés de souvenirs. Ca y est, plus place aux rêves, plus d’espace aux songes. L’imagination ne va plus s’éclater à l’horizon, je m’en veux, je m’en voudrais, je le sais. Je m’en veux de n’avoir pas réalisé ces rêves, de n’avoir pas été là, de n’avoir pas pu assister aux derniers instants précédent son voyage éternel.

Son enterrement a bien eu lieu jeudi matin, pas loin de son domicile, notre domicile maternel. Elle est là cette maison, elle nous attend. C’est là où le deuil nous attend, s’y prépare et s’y exécutera. J’ai peur de ces instants-là. J’ai envie de m’en approcher. Je tremble de crainte. Elle me perce le cœur cette peur, y pénètre et me dicte des choses. C’est cette peur qui asperge mon cœur d’une reconnaissance et d’une estime inégalable envers mes deux petits frères. Je les admire.

Ils ont été là sur place. Ils ont souffert, je l’imagine. L’un, le plus grand nous rassurait. l’autre, le benjamin était plus pessimiste et préparé.  Loin d’eux, la pression fut énorme. De loin, tout se pilotait à distance. Nous deux, les grands et nos proches, nous la vivions de loin. Eux, ils en étaient si proches, si familiers qu’ils ont dû tant endurer. Mais entre ceux qui étaient là et nous, ceux que la distance et le temps a séparés, il y avait la volonté d’avoir tout tenté pour la garder en vie, cela pour tous les prix. hélas, Cela n’a pas été possible. Elle est morte. Oui, elle est partie pour ne jamais revenir. Comment ne pas en être si triste ? Je le suis. J’en pleure.

Powered by Comores infos