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EMERGENCE POURQUOI ET AVEC QUEL PEUPLE ?

EMERGENCE POURQUOI ET AVEC QUEL PEUPLE ?
Soyez le changement que vous voulez vivre dans le monde, a dit le Mhatma  Ghandi.

Cela fait 4 décennies depuis les Comores se cherchent une direction, une voie qui nous permettrait de surmonter les multiples défis qui se dressent devant notre pays: elles sont d’ordre politique, socioculturel, et économique. Cela n’est pas facile, mais l’enjeu est important et mérite tous les sacrifices des patriotes comoriens.

Pour apporter une réponse à toutes cette  myriade de problématiques, la franchise  doit passer au-dessus du baratin, car le souci ici n’est pas de convaincre les lecteurs avec un texte saupoudré, mais plutôt de rester objectif, de dire les choses de manière sincère, profonde, compte-tenu de la crise politique qui s’est abattue sur le pays et dont son corolaire est notre ignorance en politique. cela demande, en toute  urgence, une grande mobilisation de tous les  enfants des Comores,  épris de paix et de liberté. Cela est d’autant plus vrai que nous allons  essayer de vous éclairer sur ces interrogations par des mots simples…
Mais comment peut-on parler d’émergence si celle-ci ne repose pas sur des bases, des fondamentaux capables de porter ce projet, et ne sommes pas là face à des vendeurs de sables ou un écran de fumée destiné à tromper les comoriens ?

En effet, dans la société comorienne, l’unité nationale reste un vain mot, une utopie. Delà toute la réflexion chez bon nombre d’entre nous fondée sur l’égocentrisme et le clanisme, au détriment du patriotisme. De manière générale, le comorien se définit comme appartenir à un village, une région, et paradoxalement et non un état ou une nation. Et quelque soit son degré d’instruction, nation et le patriotisme sont pour lui des mots abstraits.
Bien que nous savons que le carburant qui fait fonctionner le moteur d’un pays est le patriotisme.
De ce fait, il se trouve que l’éducation que nous avons tous reçue se résume à un simple raisonnement du « moi-je, mon village, ma région et mon ile… Malheureusement, ces mots se manifestent en nous par la vanité, l’ignorance et le sectarisme, dont nous faisons cas à toute épreuve. Ce mode de pensée crée in-fine des clivages au sein de notre société ; D’abord entre les villages, les régions et les iles. Mais comment construire un destin commun avec un peuple divisé et qui se regarde en chien de faïence? Sur ce postulat, nous nous retrouvions Plongés dans le culte de la haine, de la division et par-dessus tout, une inconscience collective prend possession de nous! Oui cette inconscience collective inhibe toute la morale, l’humanisme et l’amour que nous portons-en nous. La question n’est pas que les comoriens soient dépourvus de ces valeurs, mais plutôt que nous avons préféré, inconsciemment ou consciemment, d’autres valeurs comme l’individualisme et le clanisme.
Dans cet état d’aridité intellectuelle, on trouve que la faillite de la cellule familiale et du système éducatif, ont contribué grandement à cette défaillance. Inconsciemment, nos familles nous ont inculqué l’orgueil, la prétention et l’hypocrisie à ne jamais reconnaitre meilleur que soit. De même qu’au niveau de l’école publique, nous apprenons les bases de la corruption, la vanité, l’affirmation de soit dans la forme la plus abjecte. Ne voulant pas que leurs enfants redoublent, les parents éprouvent une fierté pour payer le professeur ou le directeur, afin de voir leurs progénitures de passer  en classe supérieure.  Ce sont des pratiques qui tendent à la désorganisation de la société. Par conséquent, l’école publique se trouve dépouiller de sa mission principale qui est d’éduquer à partir du mérite.

De plus, l’éducation coloniale nous a légué un héritage pour le moins  inadapté à réalité du pays, ce qui évidement, a créé le substrat stérile et improductif, pour lequel nous avons été tous formatés. Ainsi ceci fait de la fonction publique le 1er pourvoyeur d’emplois du pays, avec lequel tous les jeunes espèrent intégrer plu tard comme agent de la fonction publique. Cette conception « du costume cravate » qui nous a conduit  à déconsidérer et à rejeter les travaux manuels qui permettraient au pays de se hisser sur le plan économique. Résultat, le chômage endémique depuis des décennies.

Puis comment imaginer l’émergence avec l’écueil comme le poids de la tradition, N’est-ce pas là, le meilleur moyen d’inhibe la volonté de rêver un destin commun entre les iles ?
Malheureusement encore, dans la société traditionnelle, les notables ont une part importante dans cette décadence. Sachant que, une fois le grand mariage accompli, les néo-notables quittent leur travail pour s’adonner à la corruption. C’est ainsi qu’elle est devenue populaire continue à gangréner  la société comorienne.

Autrefois la culture constitue l’identité de la société comorienne et jouait depuis la nuit de temps un rôle important au sein de l’organisation sociale. En effet, à travers le anda(grand mariage) -na-mila, la société fut organisée en différentes classes sociales. Leurs rôles consisté à assurer le maintien de l’ordre social. Mais malheureusement, ce pouvoir traditionnel est dépecé, dès lors que le grand mariage ne répond pas à un critère base, mais plutôt à la volonté d’assouvir les propres intérêts égoïstes. Du coup, chaque notable  drapé dans son écharpe nobiliaire, se voit investi d’un pouvoir immense qui tend à piétiner les codes et dominer les autres afin de se servir. Il suffit d’observer qu’un notable peut faire pression à l’autorité judiciaire ou politique pour obtenir la libération d’un assassin ou d’un violeur. Cet désordre culturel basé sur la prédatrice, désoriente de manière très significative la société et la tradition.

L’autre écaille qui rend impossible l’émergence, c’est la spiritualité. Mais là encore, comment bâtir un pays dans un désordre spirituel  total?
En effet, l’interprétation du coran pose un énorme problème car  à longueur de journée, le comorien passe le clair de son temps à répéter des citations du coran, des hadiths du prophète et pourtant ses actes sont aux antipodes de la religion. Nous sommes dans un pays où  le kalallah taala (Dieu a dit) est devenu l’hymne national; et paradoxalement la peur de dieu ne nous effraye pas. Le maoulida est un exemple intéressant. Chaque famille, chaque mosquée, quartier, chaque village, chaque entreprise, les gouvernements de l’union comme des iles et même l’armée s’apprêtent organisent leur malaoulid, alors que cela ne figure pas dans le coran et le comble de cerise ce sont les notables qu’on place au premier rang dans les mosquées à la place des toiwalibs. Le coran est une source d’enseignement inépuisable et l’exemple de l’araignée met bien en lumière ce qui se passe aux Comores. Dans le livre saint, il est dit que  le royaume des araignées, les insectes tissent  leurs toiles en secrétant un fil solide destiné à faire barrage aux intrusions et pourtant à l’intérieur , c’est un carnage car entre congénères elles s’entretuent. Malheureusement cela se passe ainsi aux Comores. Sur cette parole divine, nous devrions  CHERCHER à comprendre le fond du message et sa portée.

Pour rappel, dans ce pays, un chef religieux a été condamné pour avoir de douaner des containers remplis de bouteilles d’alcool et le représentant de l’islam aux Comores, le mufti a troqué son bouchouti, sa grosse kefia et sa canne  pour une fonction politique. Sans réserve il apporte son soutien indéfectible et inconditionnel à une dictature féroce, en fermant les yeux sur les assassinats et les tortures dont sont victimes les opposants et les journalistes etc. bref, l’émergence ne peut se faire dans l’anarchie et l’hypocrisie religieuse.

Comment oser rêver d’émergence, alors que les bases ou les fondements de  l’économie ne sont pas assurées.  Depuis une vingtaine d’années, nous connaissons une crise énergétique importante qui n’a pas d’égale ailleurs, notamment avec des délestages intempestifs qui pénalisent l’économie nationale. Le délabrement des infrastructures routières,  les hospitalières ont plongé l’économie dans une crise sociale etc. Alors qu’il y a 2 ans le gouvernement Azali a dépensé 10 millions d’euros pour acheté 5 groupes électrogènes chez les manouches et il se trouve que 2 ans après ils sont presque hors d’usage. Dans le domaine de la production, l’état n’a élaboré aucun projet agricole et aucun plan de développement jusqu’ ‘ici, selon les sources du ministère du plan. D’ailleurs, il n’existe pas de statistiques officiels sur l’agriculture, ni au niveau de la pèche, ce qui est anormal pour un pays. Comble de la bêtise et de l’ignorance, le président actuel a mis fin au projet halieutique financé par  le Qatar et cela depuis son élection en 2016. Privilégiant ainsi sa coopération avec l’Arabie Saoudite qui est fondée sur l’échange des billets pour le pèlerinage.  

Enfin que dire de l’hémorragie de fuite des cerveaux: Les médecins, les professeurs et les intellectuels comoriens CONTINUENT fuir la dictature d’Azali. Malheureusement, Il ne reste au pays que les prédateurs…. Depuis l’avènement de ce régime on démembre publiquement le corps humain, on égorge une femme, on éventre une femme enceinte et on brule des êtres humains pour une banale dispute. Dans quel pays sommes-nous ? Mais de quelle émergence parle-t-on ?
Rappelez-vous du 1er écolo français, M. René Dumont qui a écrit : l’Afrique est mal partie, c’est exactement la même chose aujourd’hui, les Comores sont mal parties.
YEZATRU NA WALEZI RIWAMBIYA , NA WANDRU WA MBWANI  WATIMIZI YEZA HAWO YEZA YEZA DUNGA  YAPVO TSIZAHATRU.

Mbadakome

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