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En exil, près de chez moi, je perds ma dernière tante

En exil, près de chez moi, je perds ma dernière tante

Ma tante meurt, je ne peux pas aller prier pour son âme

Par ARM

«Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint: “Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons”. Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés»

(II, La Vache, 155-157).

       Le 10 mars 2018, je perdais ma meilleure amie: ma tante Hadidja. Elle était la dernière sœur de mon père qui restait sur Terre. Quand elle est morte, je me trouvais à 26 minutes par avion de Mohéli. Compte tenu de ce qu’elle représente pour moi, je voulais me rendre sur mon île, où il n’était même pas sûr que j’allais pouvoir assister à son enterrement à Wanani. Ma famille me dit en tout simplicité: «Un seul deuil dans la famille nous suffit largement». Je restais dans mon exil.

Ce mercredi 17 juillet 2019, je perds ma seule et unique tante maternelle: «Un seul deuil dans la famille nous suffit largement». Je suis toujours à 26 minutes de Mohéli, et ma terre natale m’est toujours inaccessible.

Un mardi du mois de mai 2016, quand il était encore possible d’aller paisiblement aux Comores, j’arrivais chez ma tante Echatie, à Djoiezi, en provenance de Moroni. Ma tante se mit à chanter et danser quand, entrant dans sa cour, elle me vit aux côtés des filles qui préparaient les gâteaux et nourritures pour le lendemain mercredi, jour de la Fête du Mihraj. Sa chanson était: «Je n’avais pas l’espoir de voir cela. Me voici en train de le voir».

Je m’en remets à Dieu et ne perds pas l’espoir d’aller me recueillir bientôt sur les tombes de celles et ceux qui me sont chers et qui sont décédés à un moment où je ne peux pas me rendre sur ma terre de Mohéli. Comme on dit sur cette île, «qui place ses espoirs en Dieu ne s’égare jamais».

Je remercie beaucoup toutes celles et tous ceux qui m’ont manifesté leur solidarité et leur sympathie suite au décès de ma tante Echatie, que Dieu l’agrée dans Son Paradis.

«Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint: “Certes nous sommes à Allah, et c’est à Lui que nous retournerons”. Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde; et ceux-là sont les biens guidés»

(II, La Vache, 155-157).

© www.lemohelien.com – Mercredi 17 juillet 2019.

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