You are here: Home » CULTURE » ENQUÊTE SUR L’AVENEMENT DE TWAARAB COMORIEN A MARSEILLE (FRANCE)

ENQUÊTE SUR L’AVENEMENT DE TWAARAB COMORIEN A MARSEILLE (FRANCE)

SUITE et avant dernier..

QUESTION DE CATHERINE :

D) Le rôle des compagnies aériennes :

Salim, parle-moi du rôle des compagnies aériennes. S’il te plaît, explique moi brièvement leur rôles par rapport à votre objective de promouvoir le Twarab sur Marseille.

RÉPONSES BRÈVES DE SALIM :

D’abord, la clientèle Comorienne, constitue pour les agences, et officines de voyages, une manière financière non négligeable, pour celles qui travaillent avec les Comores. D’abord, par le prix  » exorbitant  » et souvent injuste (on va dire) qui est appliqué les agences, les compagnies Aériennes qui desservent notre pays, c’est de l’ARNAQUE pur et simple.

Exemple : Les 3 agences de voyages (de Marseille) spécialistes des Comores ayant Pignon sur rue, tirent au moins 70 % de leurs chiffres d’affaires annuels (en billetteries) sur cette destination. Pourquoi, il n’est pas rare, de voir que certaines Agences de Voyages, n’hésitent pas (au mieux) d’intégrer des Comoriens dans leur personnel, pour multiples raisons dont l’essentiel servir d’appât pour attirer cette Clientèle (et cette politique est appliquée par beaucoup de magasins divers et variés ici à Marseille : Dans les boucheries. Magasins d’habits, etc..). Il arrive de voir des agences de voyages et des Compagnies Aériennes qui desservent les Comores, de s’appuyer sur la Communauté, sur des forces  » obscures « , la notabilité, des leaders d’opinions, moyennant la Corruption dans sa forme multiples, diverses et variées, en vue de faire la promotion de ladite Compagnie au sein de la diaspora (en tout cas, c’est le cas à Marseille)..

Toutefois, la Compagnie Aérienne Yémenya avait réalisé au Compte de la Diaspora, un film (bien réussi) sur le mariage traditionnel Comorien, qu’on appelle ANDA NA MILA (mariage et tradition). Le film fut tourné aux Comores par un couple composé d’une fille Franco Comorienne (née à Marseille) et un expatrié vivant en ile de France…Je crois que le film, fut titre Bahiya, je ne suis pas sûr, mais je crois que c’était le titre. Tournée dans la ville de Ouéla Mitsamiouli (Grande Comore) me semble-t-il. Le film fut financé intégralement par cette compagnie Aérienne. Je sais que c’était vers la fin des années 80 (je n’ai pas en mémoire l’année exacte)…
2) Sur le plan du Twaârab, ces compagnies Aériennes n’ont jamais eues aucun rôle (en tout cas direct) dans la promotion culturelle, musicale, en France. Néanmoins, après la tournée de 1996, moi et mon ex patron feu Falhy, nous avons un moment envisagés de soumettre le même projet Musicale Comorienne à Dubaï avec la compagnie Aérienne Emirats, qui fut notre partenaire sur les Comores. Mais 1000 fois, hélas, le projet n’a pas abouti, parce qu’on n’avait pas le temps de le traiter, mais ça aurait été possible. De 1996 à 2000, tous les groupes musicaux venus des Comores, ont voyagé avec la Compagnie Émirat de Dubaï… Madame Catherine Ce qu’il faut retenir, c’est que contrairement à d’autres agences de voyages qui travaillent avec les Comores, ou autres, elles se contentent de prendre l’argent des Comoriens sans jamais une contrepartie..

Sommes uniquement des « vaches à lait ». En revanche Ahmed Falhi, ne se contentait pas uniquement de prendre l’argent des Comoriens, avec lui il y avait du retour, que paix à son âme. La communauté Comorienne est devenue un gros enjeu économique pour ces agences de voyages… Je vous dis aussi, que dans cette ville, nous sommes la 1ere Communauté Noire. Nous sommes, la 1ere communauté consommatrice est de très loin de : Viandes. Riz. Boissons. Manioc. Bananes vertes, etc… Liés aux Mashuhuli tous les Week And surtout. Je n’oublie pas les locations des salles… En général il y a 5 à 7 salles ou les Comoriens louent presque toute l’année (hormis la période de ramadan), pour les : Concerts. Mariages. Madjilis. Wadaha… Les locations se font à un prix incroyable et injustifié, allant de 1500 à 2000 Euros la journée. Vous faites le calcul de ces sommes, et des Week End annuels, ce que cela représente… Moralité de l’histoire : Ce sont les Comoriens qui enrichissent ces salles et magasins. Avec l’argent qu’elle paie (les Comoriens) pour ces salles, elle aurait pu acheter une ou deux salles.

E) 3 QUESTIONS : Sur les Objectives:

1) Pourquoi avez-vous décidé de faire connaître le Twarab sur Marseille ? 2) Pourquoi avez-vous décidé de promouvoir le Twarab et pas d’autres genre de musique comorienne ? 3) A cette époque-là, quelle était la situation de la communauté comorienne et de la culture comorienne sur Marseille (quand vous avez décidé de faire venir le Twarab à Marseille)?

LES RÉPONSES TRÈS BRÈVES DE SALIM :

Point 1 :

Nous avons décidés de faire connaitre le Twaârab en France pour multiples raisons : D’abord, parce que nous avons constatés que notre culture musicale est absente, très ignorée en France à l’instar des autres musique issue de l’Afrique et des diverses îles, en France (lire plus haut). Il fallait donc faire découvrir, développer en France notre musique. Ensuite, nous avons mal encaissés, le fait que toutes les soirées Communautaires, sont animées par des musiques de l’Afrique, lesquelles furent dominées par des artistes Africains cités plus haut, etc.. Dans ces soirées, on n’a jamais entendu de la musique Comorienne… Il fallait donc réparer à cela. Et afin, nos enfants nés en France ignoraient tous de cette richesse musicale du pays de leurs parents… Eux, aussi, avec l’Avènement du Rap. RNB, etc.. C’était encore pire, d’où l’impérieuse nécessité de faire découvrir à nos enfants (de France) la musique Comorienne, et à travers elle, la culture, l’éducation.. Nous avons pensé nous servir de ce support comme vecteur pour rapprocher les uns et les autres de la Culture Comorienne en générale, et de sa musique en particulier. Casser donc le mur dressé entre la Diaspora et son identité musicale. Voilà, certaines raisons de cette démarche. Le comble de l’histoire (on va dire) les 2 personnes que j’ai cité plus haut, dont je suis la 3e, aucun de nous n’est ni musicien ni chanteur… Nous étions juste animés par la volonté de faire connaitre notre culture.

Point 2 :

Le Twaârab, parce que, c’est le volet musicale fédérateur de la culture musicale du pays, étant populaire, et où les femmes et les hommes se mélangent.. Ensuite, il se trouve, qu’à chaque Concert de Twaârab en France, l’après-midi (précédent le Concert Nocturne), on organise (inévitablement) une danse Culturelle féminine qu’on n’appelle Wadaha, dont des femmes évoluent en dansant sous forme d’un cercle autour d’un Pilon préalablement installer.. C’est une danse très prisée au sein de la Communauté Comorienne et bien maîtrisée par les Comoriennes des îles d’Anjouan et Mayotte (plus que celle de N’gazidja).. Je précise que la participation aux Frais est composée de 5 pour le wadaha et 10 Euros pour le concert… Cette recette contribue à augmenter la recette du Concert du soir… Et c’est la totalité de l’argent obtenu (collecter) dans ces 2 manifestations, que le village ou la ville (sous forme d’Association) finance le projet de développement visé au pays. Nos villes et villages se sont développés grâce à la Diaspora. L’état brille de 1000 feux par son absence dans le développement de la population Comorienne dans les 3 îles.

Point 3 :

A cette époque-là, la situation de la Diaspora (Comorienne) fut plus ou moins stable, il y avait une organisation et discipline. Il faut dire et savoir, que ces multitudes d’associations Comoriennes, ne favorise pas l’Unicité organique de la Communauté. Quand on voit dans un village de 50 à 100 membres (du même village) peut exister 2, à 4 associations de ce même village, et le comble pour les mêmes objectifs. Il n’est pas rare de voir une association de N’gazidja, composée uniquement des membres de la même famille, ou du même quartier (au village) voire une association sans membre… En effet, les associations pléthoriques qui existent et creusent le fossé de la division. Et à ce jour, la situation s’est empirée. Mais bref !
Catherine. QUESTION : Le contexte de concerts: a) Quand vous avez fait les premiers concerts: Où ont-ils eu lieu et quel était la réaction du public? Celle des jeunes et des enfants ?

RÉPONSE BRÈVE DE SALIM :

a) Dans la 1ere partie, j’ai déjà mentionné, très laconiquement, la joie, l’événement, et le plaisir, procuraient par ce groupe Ngaya, lors, de son 1er Concert, le dimanche 9 Mai 1996 (lire plus haut)… Un moment historique. Les Comoriens ont bravé le Mistral soufflant à forte allure ce jour-là, pour venir voir des Artistes Comoriens venus des Comores expressément pour eux.. Les enfants présents à ce 1er Concert n’en sont pas revenus, de voir des Artistes Comoriens chantaient,(hormis les chansons Comoriennes) le Rape, RNB, Zouk. Un de mes enfants m’avait même dit je le résume :  » Mais Papa je ne savais pas que des Comoriens savent chantés le Reggae, le RNB et le RAP « … C’était un plaisir pour moi ce jour-là, d’entendre mon propre fils me dire ça. Vu la popularité de l’artiste (Salim Ali Amir) lui et son groupe ont su et réussie à vivre en Communion, en Symbiose avec le public… Il faut noter aussi, qu’il y avait un public non négligeable des Extra Comoriens (Des Européens, Des Africains et autres) amis des Comoriens ou simple anonymes… C’était une réussite dans toute sa splendeur… La même chose, s’est produite partout où le groupe a évolué en France.. Des moments très rares et EXALTANTS… La réaction du Public fut plus que positive au-delà même de nos espérances les plus folles..
Catherine. Question :

Evolution du Twarab à Marseille: A ton avis, comment le Twarab a évolué depuis que vous l’avez ramené à Marseille?

RÉPONSE BRÈVE DE SALIM :

Dire que le Twaârab à évoluer en France dans le sens où je l’entends, force est de constater qu’on n’a pas hélas ! atteint les objectifs que nous nous sommes fixés, à savoir promouvoir, sur le plan NATIONAL (France) la musique et les Artistes Comorien-n-e-s.. Presque 20 Ans après la 1ere tournée et l’introduction du Twaârab en France, c’est le statut quo… Nos artistes se contentent de se produire en autarcie, en vase clos on va dire.. Juste des concerts Comoriens. Et c’est très dommage..
Il manque cruellement le sens du professionnalisme, encore pire d’organisation digne des rangs de nos grands Artistes (car le potentiel existe bien. C’est beaucoup plus le gain d’appâts, les aspects pécuniaires qui font ravages au sein de nos Artistes. Le comble de l’Histoire, les meilleures artistes (femmes et hommes) de la génération 80 à début 2000 se trouve en France à plus de 75 %… Heureusement que le pays recèle de manière permanente des Artistes de grande qualité, ce vide arrive à être combler rapidement. Le nombre des Artistes Comoriens en France est incalculable… Il existe une frange de ces artistes qui sont venus en France sous Contrat, et qui ont élus par la suite domicile en France… Ce qui est sûr, les seuls gagnants de ces Concerts (Twaârab) se sont les propriétaires des salles de locations (lire plus haut)… Très souvent, il y a 2 à 4 Concerts Twaârab le même samedi, sur la même rue voire le même bâtiment…. Ca fait de l’argent, beaucoup d’argent.

Autres méfaits : Il est très regrettable de voir ces associations musicales se chamailler en permanence et se trouver divisées… Exemple : C’est le Ngoma des Comores qui a enfanté UPATU (suite à une Scission). Ensuite, le même Ngoma vient de se scinder en 2, avec Ngoma des Comores et N’goma des Îles.. Ce qui prouve encore une fois le mal chronique Comorien (M’gazidja surtout)….Conclusion : Le Twaârab Comorien n’a pas évoluer depuis 20 ANS, encore pire ses artistes.

Pourtant en mai 2008, l’ex présidant de N’goma des Comores (Moidjie Said de Djomani M’boudé) en concertation avec la direction de l’association dont le frère Hachim, est venu me voir, pour me demander d’intégrer cette association en vue de l’encadrer, servir de support dans son organisation. J’ai accepté, et pendant plus d’1 an, j’ai travaillé avec l’association N’goma en interne, en apportant ma très modeste contributions… Quelle fut ma surprise, qu’en 2012 je croise le frère Hachim aux Comores, et il m’informe que l’association est divisée en 2 parties : N’goma des Comores et des Îles…Seuls artistes Comorien qui sont au-dessus du lot, et mondialement connu dans la musique Comorienne et Africaine et l’ami frère CHEBLI. Certes, il y a les : Sopranos.. Roff, etc. Mais c’est dans le RAP et RNB. Et non pas la musique nationale.

Dans la dernière partie, j’aborderai le volet « sombre » de cette histoire. Une grave histoire qui va vous faire vacillée, en tout cas vous surprendre, tant elle dépasse toute imagination.. Car une Mafia à Moroni a profité de ce projet, pour Arnaquer (en Millions de Francs Comoriens) pas mal de nos compatriotes, les faisant passés à l’ambassade de France à Moroni, pour des « Artistes » pour obtenir des visas pour la France… Mais nous verrons tout cela en détail prochainement… Mais c’est ignoble ! Je n’en croyais pas à mes yeux, de ce que j’ai vu…. Rien arrête ces corrompus Comoriens…

Marseille.
Salim Ahamada. (A suivre)….

salim ahamada

Cet article ENQUÊTE SUR L’AVENEMENT DE TWAARAB COMORIEN A MARSEILLE (FRANCE) est apparu en premier sur VIDÉOS-INFOS-FOUMBOUNI.

Powered by Comores infos