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Et Azali Assoumani augmente les salaires des ministres

Et Azali Assoumani augmente les salaires des ministres

Un crime commis par un pouvoir illégitime contre les Comoriens

Par Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed

     «Le président de la République ne saurait être confondu avec aucune fraction. Il doit être l’homme de la nation tout entière, exprimer et servir le seul intérêt national»: Général Charles de Gaulle, allocution du 30 novembre 1965.

     Azali Assoumani a été emporté par le vent de la vengeance et de la haine, qui ont été le fer de lance de son équipe de campagne et de lui-même. On veut comprendre que c’était une tactique politique pour faire peur et terroriser afin de gagner. Mais, une fois la victoire est acquise, même dans une débauche de fraude, il faut penser à souder le peuple et à être le Président de tous les Comoriens et non celui d’un clan, d’une île, de villes et villages ciblés ou d’une ville, voire d’une famille. Azali Assoumani mesure et connaît consciemment l’impact humain et social de ses décisions et de ses nominations. Il connaît le pouvoir après l’avoir usurpé et exercé pendant 7 ans. Il connaît les susceptibilités de notre peuple et l’ambition de notre premier ennemi, qui ne rêve, aspire et manœuvre que pour la dislocation de nos trois îles fragilement soudées. Azali Assoumani aurait dû rassembler les Comoriens après la victoire factice proclamée par la Cour Constitutionnelle. Après sept ans d’un mauvais régime politique règne (30 avril 1999- 26 mai 2006), il connaît les hommes politiques et leurs engagements politiques afin de mieux les impliquer dans la conduite des destinées de notre jeune nation.

L’espoir des Comoriens en luttant pour l’indépendance

     «Les hommes politiques, j’vais vous faire un aveu, ne sont pas bêtes. Vous vous rendez compte de la gravité? Ils sont intelligents. Ça veut dire que tout ce qu’ils font, ils le font exprès. Ils y réfléchissent, ils y pensent. Parce que, vous comprenez, si c’étaient des cons, ça irait tout seul. On dirait: “Bon, beh, c’est des cons”. Nan, nan, nan, nan. Les présidents et les dirigeants des pays qui ont laissé crever l’Afrique, l’Amérique du Sud et bientôt les Indes, c’est des gens qui le font exprès»: Coluche, album Mimi 86, 1997, chez Sony Music.

     Les Comoriens ont chassé le Blanc colonialiste pour ne plus être exploité, spolié et méprisé comme des esclaves. Ils ont opté pour l’indépendance afin de mieux profiter de leur pays, de leurs ressources naturelles et humaines. Ils ont surtout compris que la capitation ou «la tête» (une sorte de taxe coloniale) est morte, l’exploitation est morte et ce sont eux et leurs enfants qui vont diriger leur pays en leur propre faveur.

     Il s’avère que de l’indépendance à nos jours, ils n’ont jamais vu venir les fruits de leurs sacrifices. Parfois, ils régurgitent la période coloniale ou admirent au fond d’eux-mêmes les sorts des séparatistes mahorais, et ne parlons pas de la volonté à tous prix de quitter l’archipel. Ils ne veulent pas quitter leur archipel aux parfums par mépris ou haine ou qu’ils aiment les autres pays que les leurs, non juste fuir la misère instaurée et entretenue par les dirigeants politiques soutenus par les religieux et les notables. Cette politique n’a pas été ressentie par le peuple comorien au début de l’avènement de l’indépendance, peut-être par ignorance ou par absence de communications. Aujourd’hui, les Comoriens ne tolèrent plus d’être ignorés, méprisé et spoliés de leurs droits et de leurs biens ou d’être empêchés d’exercer leur devoir de défendre les intérêts de leur pays. Ils n’acceptent plus que les hommes politiques transforment la nation à une entreprise d’enrichissement illicite comme jadis d’un clan, d’une île, d’une ville ou d’un village ou d’une famille.

     Pour montrer son amour envers le peuple comorien, Azali Assoumani aurait dû augmenter les très bas salaires des fonctionnaires comoriens, les pensions de retraites et des handicapés (qui gagnent 10.000 francs, soit 20 euros par mois).

Les hommes politiques s’octroient tous les avantages de la nation

     Les Comores sont le seul pays au monde où les dirigeants politiques dès qu’ils arrivent au pouvoir s’octroient tout et oublient le peuple. Quand on regarde les systèmes politiques et administratifs français, notre ancien colonisateur, qui nous a enseigné et légué sa façon de faire, on ne trouve pas notre modèle. Les politiciens français ont fait un système social dans lequel chaque individu profite de l’État et y contribue aussi à différents niveaux. Aux Comores, nos politiciens, surtout ceux de la présidence tournante, ne pensent qu’à eux et à leurs équipes dirigeantes, voire à leurs familles. Pour y constater regardons ce que gagnent un dirigeant comorien (Président, Vice-président, ministre, députés, etc.) et un père de famille et ses charges sociales.

Un dirigeant politique comorien: ministre ou Président

  • Un salaire.
  • Un logement.
  • Une voiture.
  • Dotation en carburant.
  • Un chauffeur.
  • Des indemnités d’installation.
  • Des indemnités de déplacements même pour aller voir ses amis ou parents à Anjouan ou Mohéli ou la Grande-Comore.
  • Des billets d’avion payés par l’État et des salaires journaliers qui lui sont payés pendant son séjour à l’extérieur, en plus d’incroyables indemnités de déplacement.
  • Et le fameux fonds noir pour assurer les dépenses intimes et discrètes de nos dirigeants.

     C’est l’argent des contribuables Comoriens qu’on verse à un responsable politique comorien quand il est ministre ou Président. Il y a un phénomène nouveau depuis l’avènement de la Présidente tournante: le Président qui, la plupart du temps, a ruiné le payé pendant cinq ans, sans rien laisser que les malheurs et des dettes à la génération future, a droit un salaire à vie et un logement de son choix à vie. C’est un scandale.

     Une famille comorienne citadine ou paysanne

     Au sein d’une famille comorienne, un père de famille lambda qui travaille aux champs:

  • Il paie l’éducation de ses enfants (l’école publique étant devenue moribonde).
  • Si l’enfant est admis au baccalauréat, il doit payer le frais d’inscription à la fameuse Université des Comores 75.000 francs (ramenés à 40.000 francs, au lieu d’être supprimés puisque ces enfants n’ont pas des bourses) par étudiant. Au lieu de décréter 500.000 francs les frais d’installation de chacun de ses ministres, Azali Assoumani aurait dû verser cette somme à l’Université pour les frais d’inscription de nos pauvres étudiants. Pour les 14 ministres, cette somme de sept millions de franc comoriens pourrait payer le droit d’inscription de 175 étudiants. Et, il faut une politique économique sérieuse de l’État pour épargner à nos jeunes ce droit d’inscription. Il faudra rappeler qu’à l’époque d’Ahmed Abdallah Abderemane, quand le chef de l’État se souciait de l’éducation et de l’étudiant, chaque étudiant inscrit à l’Université de Mvouni, devenue Université des Comores, avait une bourse de 40.000 francs par mois. Aujourd’hui, au lieu d’augmenter les salaires de ses ministres, il aurait pu utiliser cette somme pour octroyer une bourse mensuelle, même de 20.000 francs à chaque étudiant comorien à l’Université des Comores.
  • Après l’inscription, le parent doit assurer le quotidien de ses enfants étudiants (déplacements, nourritures, logements).
  • Aux Comores, les bourses d’études des pays amis reviennent aux enfants des dirigeants et aux riches qui sont souvent amis du pouvoir. Parfois, les dirigeants font une mascarade des concours d’attribution, mais uniquement pour de la poudre aux yeux.
  • Le père de famille paie les soins de santé pour lui, ses enfants, ses parents et sa femme.
  • Pour aller travailler, même si il est fonctionnaire, il doit payer le taxi chaque jour, faute de bus de ramassage des employés de l’administration publique.

     Ce père de famille n’a aucun droit, et on lui soutire de l’argent pour des services précaires et souvent médiocres.

     Il faut noter que dans notre pays le salaire d’un ministre est de 1.050.000 de francs, et le salaire d’une femme de ménage, fonctionnaire dans les ministères est de 25.000 francs. Le salaire du Président de l’Union des Comores est de 6.500.000 de francs comoriens, sans compter des indemnités faramineuses. Nous dirigeants politiques sont les mieux payés du Sud de l’océan Indien, loin devant le Président et le Premier ministre de l’île Maurice. Or, nous savons tous que nous sommes les plus pauvres de tous, et nos dirigeants les moins productifs de la région. Pour exemple, nous examinerons les salaires des dirigeants politiques de l’île Maurice, pays voisin qui a la même taille que le nôtre et le même nombre d’habitants.

Les salaires des dirigeants politiques de la région Sud de l’océan indien

     Il est temps pour chaque Comorien de se réveiller et d’assumer ses responsabilités, en protégeant sa porte afin que l’ennemi de la nation ne passe pas de son côté. Le pays nous appartient à tous, et l’État c’est nous. On n’a pas le droit de laisser dilapider ou de vendre ou donner une partie de notre territoire à un autre pays comme peuvent le croire certains séparatistes mahorais ou de s’approprier les biens de l’État. Nous ne devons pas laisser les politiciens détruire notre pays et continuer dans leurs actions macabres. Une décision du chef de l’État ou de ses ministres est à respecter car ce sont nos dirigeants d’aujourd’hui, malgré leur illégitimité. Mais si cette décision va à l’encontre de l’intérêt général, de l’unité de notre pays et de notre peuple et de la nation, et nous devrons la combattre avec fermeté et détermination jusqu’à la victoire ou à la mort.

     Pour voir où se situent la bonté et la justesse de nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui regardons les salaires de notre voisin, l’île Maurice, un des pays qui ont réussi dans tous les domaines et mieux que nous. Il faudra noter que l’île Maurice a été colonisée d’abord par la France puis par l’Angleterre et a connu la même misère que nous. Elle a pu relever le défi de l’indépendance en l’assumant pleinement en ne comptant que sur ses propres ressources, de la sueur et du sang et jamais de larmes en tendant la main. Elle a su se gérer et a fait profiter ses richesses à son peuple.

Fonction Ile Maurice Les Comores Moyenne en Afrique
Président 288.000 roupies

7.344 euros

5.000.000 francs

12.500 euros

Sénégal: 1.145 euros

Guinée: 1.696 euros

RCI: 7.300 euros

Vice-président 198.000 roupies

5.049 euros

1.602.000 francs

3.256 euros

Premier ministre 282.000
Vice-premier ministre 198.000
Ministres 192.000 1.050.000 francs

2134.15 euros

Députés 68 400 750.000 francs
Agent de la fonction Publique 45.000 roupies (étrangers)

14.000 roupies (nationaux)

1.115 euros (salaire minimum pour  étrangers)

25.000Kmf

50euros

Revenu mensuel brut

/Habitant (BM 2012)

714 dollars US 70 dollars US 141 dollars US
Revenue Annuel/Habitant 8.570 dollars US 850 dollars US 1.692 US

     Il faudra rappeler que quand le premier Mauricien a pris le pouvoir en juin 2013, il a augmenté les salaires des fonctionnaires et les pensions de tous les retraités, des handicapés et des veuves avant ceux des membres de son gouvernement. Nos dirigeants actuels n’ont pensé qu’à augmenter leurs salaires et indemnités, tout en sachant qu’aux Comores, les pensions d’handicapés sont de 10.000 francs par mois. Les veuves n’ont rien à percevoir. Il est inacceptable que nos dirigeants s’enrichissent au détriment de la population et en hypothéquant l’avenir du pays. Le pays a besoin d’une bonne gouvernance et d’une bonne gestion financière. On ne peut pas licencier à tour de bras et augmenter les salaires des membres du gouvernement en oubliant les fonctionnaires, les retraités et les handicapés, en oubliant d’octroyer des bourses aux étudiants Comoriens. Les salaires de nos dirigeants doivent revus à la baisse à 50%, tout comme ceux des députés, du Président de l’Union des Comores, des Directeurs des entreprises publiques, des ministres, etc.

     L’État doit doter les étudiants Comoriens de bourses, même de 20.000 francs par mois pour ceux qui étudient aux Comores et de 40.000 francs pour ceux qui sont déjà à l’étranger. Les stagiaires, les nouveaux esclaves, doivent bénéficier de salaires mensuels afin d’éviter les abus et l’exploitation.

     À notre niveau de développement, l’État doit être un tout: employeur, investisseur, encadreur, protecteur et éducateur. Notre nation est encore au niveau primaire, très bas, par rapport aux autres. Nous devons emprunter la même voie de développement qu’eux, en comptant sur nos propres ressources et faire intervenir plus d’État.

     Que Dieu bénisse les Comores et les Comoriens dans l’unité de l’archipel à savoir, Mayotte, Anjouan, Mohéli et Grande-Comore.

Par Saïd-Abdillah Saïd-Ahmed

Président du Parti Comores Alternatives (PCA)

saidabdillah@yahoo.fr

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© www.lemohelien.com – Vendredi 9 septembre 2016.

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