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Étranges manèges des crypto-sambistes, la peur au ventre

Étranges manèges des crypto-sambistes, la peur au ventre

Les cinéastes crypto-sambistes tournent leur film en France

Par ARM

   «On ne doit pas s’ennuyer aux Comores», avait soupiré cet ami non-comorien à l’évocation de récits abracadabrantesques d’abracadabrantesques et pitoyables acteurs politiques comoriens. Naturellement, «grâce» à certains membres de la classe politique comorienne, on ne saurait «s’ennuyer aux Comores». D’ailleurs, pourquoi devrait-on «s’ennuyer aux Comores», le pays des cinéastes politiques? Et, Dieu soit loué, «grâce» à une classe politique en partie gagnée par la poésie et le sens de la mise en scène, personne ne s’ennuie aux Comores. Et ceux qui croyaient que la campagne électorale comorienne de 2016 allait être rasoir et ennuyeuse sont obligés de reconnaître que le spectacle est absolument garanti. Gratis, en plus. C’est que, depuis janvier 2014, le grand blogueur Abdou Hamadi dit Mrimdu avait annoncé que le Parti de l’Entente comorienne (PEC) de Fahmi Saïd Ibrahim allait être avalé par le Parti Bidoche d’Ahmed Sambi. C’est arrivé, et «le requin n’a pas recraché sa proie», contrairement à ce que prétend l’expression comorienne bien connue. C’est ainsi qu’en décembre 2015, au moment du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle à la Cour constitutionnelle, les Comoriens furent stupéfaits quand ils apprirent que Fahmi Saïd Ibrahim, chef d’un parti politique, même microscopique et insignifiant, le PEC, allait se présenter aux élections présidentielles de 2016 sous l’étiquette de candidat «indépendant», mais tout en défendant les couleurs du Parti Bidoche d’Ahmed Sambi. Au Maroc, on parle des «sans appartenance politique» (SAP) après les «indépendants», qui donnèrent naissance au Rassemblement national des Indépendants (RNI), et la chose alimente le débat politique, la paternité des SAP étant attribuée à Driss Basri, ministre de l’Intérieur de 1979 à 1999, sur qui certains disent tout et n’importe quoi, et parfois une chose et son contraire: «Les SAP – “Sans appartenance politique”: c’est la dernière facétie de M. Driss»: Ignace Dalle: Les trois rois. La monarchie marocaine, de l’indépendance à nos jours, Fayard, Paris, 2004, p. 524.

   C’est dire que «l’indépendance» politique est un sujet qui prête à toutes les interprétations. Personne n’a le droit de remettre en cause l’«indépendance» politique de Fahmi Saïd Ibrahim. Pourtant, il n’est pas interdit aux Comoriens de méditer et de dauber. Et comment ne méditeraient-ils et ne dauberaient-ils pas quand ils voient sur des affiches Ahmed Sambi, chef et propriétaire exclusif du Parti Bidoche, remettre le fanion de son organisation politique à Fahmi Saïd Ibrahim (Photo), faisant couler des larmes de jalousie à «l’enfant gâté», le Caporal Bourhane Hamidou? Cette remise de fanion du Parti Bidoche par Ahmed Sambi au candidat «indépendant» Fahmi Saïd Ibrahim en dit long sur ladite «indépendance», et les Comoriens s’en félicitent, surtout quand ils constatent que Fahmi Saïd Ibrahim ne peut pas figurer tout seul sur une affiche et qu’il lui faut le biberon d’Ahmed Sambi. «Lui Président», c’est Ahmed Sambi qui règnerait… La présidence de Papa. Et au risque de faire pleurer une nouvelle fois le Caporal Bourhane Hamidou, voilà «Sambi accueilli à Paris par Fahmi», comme nous l’apprend la propagande des poètes et chantres du crypto-sambisme. Et quand on voit la propagande en question, on est poussé par la curiosité, avant de tomber sur une vidéo dans laquelle on entend l’ancien dictateur dire, sans élever sa voix d’aboyeur de foires, kermesse et tombola: «Honorables Comoriens, partout où vous vous trouvez, il y a plusieurs personnes qui voulaient savoir si je suis bien arrivé sur le territoire français ou pas encore. J’ai l’honneur de leur annoncer que oui, je suis arrivé maintenant dans la capitale française, à Paris. Je saisis cette occasion pour vous confirmer que, comme vous l’avez appris, après-demain, samedi, à Paris, et moi, j’y serai, si Dieu le veut, moi et le frère Maître Fahmi, et les frères avec qui nous serons ensemble, et le dimanche suivant, si Dieu le veut, nous serons également à Marseille pour organiser un meeting. Nous espérons que personne parmi les personnes présentes ne regrettera le déplacement. Venez-y et vous entendrez des histoires qui vont vous plaire. Dieu fera en sorte que nous soyons parmi les gens qui vont sauver les Comores. Que Dieu fasse que nous soyons parmi les gens qui vont aider les Comores, qu’Il fasse que nous soyons parmi les gens qui vont se mobiliser pour les Comores, qu’Il fasse que nous soyons parmi les gens qui font faire les Comoriens et l’État comorien. Que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur vous».

   Confondant et hystérique. Stupide et débile aussi. On l’aura compris: ce discours d’une minute et quatorze secondes est un insipide tissu de mensonges. D’abord, qui parmi les Comoriens s’interrogeait sur la présence ou l’absence d’Ahmed sur le territoire français, et qui s’en souciait? Personne de sérieux et de crédible. Comment peut-on aller à des meetings sans queue, ni tête, et ne pas le regretter? Et quelles sont les «histoires plaisantes» que vont raconter ces gens-là habitués à ne produire qu’un discours haineux et divisionniste? N’est-ce pas eux qui avaient menacé les Comores de «chaos» au cas où la candidature personnelle d’Ahmed Sambi n’était pas retenue par la Cour constitutionnelle? En quoi Ahmed Sambi et les crypto-sambistes vont «sauver» les Comores? Sans doute en proférant de nouveaux mensonges, après ceux de 2006. En quoi Ahmed Sambi et ses crypto-sambistes vont «aider» les Comores? Sans doute en vendant le ciel surplombant les Comores, après avoir vendu les postes diplomatiques et consulaires, et après la vente aux enchères de la citoyenneté comorienne, devenue vulgairement une «citoyenneté économique», dévoyée aux quatre vents. En quoi ces gens vont «faire les Comoriens et l’État comorien»? Sans doute en continuant à mépriser les Comoriens et en voulant faire de la Constitution un papier-toilette qu’on jette dans les chiottes après usage. Et qui a dit à ces gens que leur candidat ira au second tour?

   Au-delà de ces interrogations, force est remarquer qu’une fois de plus, Ahmed Sambi prend des risques politiques inutiles en s’impliquant personnellement et directement dans une campagne électorale absolument incertaine et aléatoire. Il l’a fait en janvier et février 2015, et ce fut un échec politique monumental, ses candidats dans l’hinterland de la Grande-Comore et à Mohéli ayant tous été battus à plate couture. On n’a pas vu l’ancien dictateur bouger des Comores depuis le 17 juin 2015, et il ne le fait que pour une cause perdue. En plus, depuis que la Cour constitutionnelle, usant d’une inattaquable argumentation juridique, l’a humilié en rejetant sa candidature, il s’était fait discret. Il s’attendait à des mouvements de protestation populaire, mais aucun Comorien n’a bougé de chez lui pour défendre dans la rue la cause perdue d’un ancien dictateur maladroit et aux abois, un ancien dictateur qui a trop longtemps eu la faiblesse de croire que les Comores étaient sa plantation de manioc, où il pouvait faire ce qu’il voulait, et qui se découvre dans l’insignifiance politique totale du jour au lendemain, se frottant les yeux, dans l’incapacité de comprendre ce qui lui arrive. C’est la fin d’un cycle au cours duquel l’ancien dictateur Ahmed Sambi pouvait se faire croire qu’il était l’irrésistible maître des Comores. C’est fini, Monsieur, et ce n’est pas un déplacement inutile dans le froid et la grisaille qui changera la donne.

   Les crypto-sambistes eux-mêmes vivent les élections la peur au ventre. Ils disent que les pouvoirs publics sont coupables d’un certain nombre de comportements frauduleux. Ils ont écrit ou reproduit moult articles pamphlétaires annonçant leur propre défaite, mais qu’ils font tout pour faire passer pour le résultat d’actes délictueux de la part des pouvoirs publics. En réalité, les crypto-sambistes viennent de poser pied sur terre et de se rendre compte qu’au lieu de se focaliser servilement et obséquieusement pendant des mois sur l’impossible candidature de l’ancien dictateur Ahmed Sambi, ils auraient dû chercher un vrai candidat, avec de vrais colistiers. Cela n’a pas été fait. Aujourd’hui, les crypto-sambistes s’acheminent vers un échec cuisant et tentent fébrilement de mettre leur débâcle à venir sur le dos des autres. D’ailleurs, comme l’élection présidentielle se joue aux Comores, on se pose d’interminables questions sur la fuite en avant consistant à se tuer dans le froid hivernal d’un pays dont la communauté comorienne ne vote pas lors des élections comoriennes. Oui, les Comoriens installés en France veulent qu’on les prenne en considération, mais savent qui est qui et qui leur a menti hier. D’ailleurs, pas plus tard que ce samedi 16 janvier 2016, Salim Hassan Ahmed, désormais proche d’Achiraf Saïd-Hachim, n’avait nullement reculé devant certains faits qu’il dit fondés, s’attaquant au duo Ahmed Sambi-Fahmi Saïd Ibrahim: «Ce dimanche 17 janvier 2016, nous allons mobiliser 700 Comoriens au 13ème arrondissement de Paris pour la signature d’une Convention par le candidat Achiraf Saïd-Hachim et des associations représentatives de la diaspora comorienne en France. En son temps, Ahmed Sambi avait essayé de le faire, mais Fahmi Saïd Ibrahim, qui était alors son ministre des Relations extérieures, avait fait capoter le projet en voulant en faire une affaire de son parti, le PEC. Ce fut un échec lamentable et épouvantable».

   Qui vivra finira par voir la réalité en face.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 17 janvier 2016.

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