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Faut-il avoir pitié des candidats qui font dans le blabla?

Faut-il avoir pitié des candidats qui font dans le blabla?

Et si ces candidats se taisaient pour ne pas dire de bêtises?

Par ARM

   Quand on écoute le discours tenu en pleine campagne électorale par cet étrange garçon qu’est Mouigni Baraka Saïd Soilihi, Gouverneur de la Grande-Comore et candidat à l’élection présidentielle, on se pose une seule question: à défaut de le prendre au sérieux, faut-il le prendre en pitié? Il dit tout et n’importe et quoi, s’attribue des mérites qui ne sont pas les siens, s’attribue des projets dont la paternité revient au gouvernement de l’Union, fait constamment le beau, se voit beau, intelligent et irrésistible, se veut le champion de la bonne gouvernance, et prend au sérieux son maillot de l’équipe nationale de football frappé du n°17 au prétexte qu’il s’était rendu au Ghana suivre le match des Cœlacanthes contre les Black Stars, portant la poisse d’ailleurs à l’équipe comorienne. Qu’on se le dise! Ce qui est bizarre avec l’enfant de Ntsoudjini, c’est qu’il s’attribue la construction de routes en Grande-Comore, alors qu’il n’a même pas un clou pour financer ses voyages extravagants en France, inondant le ministère de l’Économie et des Finances de demandes desdits voyages à hauteur de 15 millions de francs comoriens la promenade à Bobigny, où il avait eu le méchant accident vasculaire cérébral (AVC) qui avait failli l’emporter l’autre jour. Dès lors la question que se posent les gens qui ont le sens de la logique est: comment une autorité qui n’a même pas de quoi financer ses voyages d’agrément à l’étranger peut avoir des milliards pour faire goudronner des routes? La réponse est simple: parce que, autant ses promenades à l’étranger sont financées par le gouvernement de l’Union, autant les routes dont il s’attribue la paternité sans la moindre once de honte sont construites par le même gouvernement de l’Union. Ce qui signifie que les promesses qu’il a commencé à faire en pleine campagne électorale – où il humilie ouvertement le candidat dissident Djaé Ahamada Chanfi, présent à ses meetings – reposent sur du vent, sur le néant. Il ment. Et jamais à court d’idées pour paraître spirituel, le brave Mouigni Baraka Saïd Soilihi a inventé une nouvelle idée politique, celle consistant à dire que comme il est le premier à se lancer en campagne électorale, il sera le premier au soir du dimanche 21 février 2016: «Le premier à se lancer sur le terrain le restera aux élections». Il n’est pas interdit de rêver…

   Toutefois, il faut lui rendre la justice de reconnaître qu’il n’est pas le seul à radoter et à mentir comme un sénateur et un arracheur de dents réunis dans cette campagne électorale qui vient juste de commencer. En effet, quand on suit les discours prononcés par les candidats les plus inconséquents, les plus insouciants et les plus inconscients, on ne peut qu’être frappé par la mauvaise foi et la légèreté de ces gens-là. Parmi les candidats qui amusent le plus le tapis, il y a le brave Azali Assoumani, tout droit sorti de la caverne d’Ali Baba. Voilà un candidat qui organise une conférence de presse pour lancer des inepties et des insanités à faire rougir une hyène de la savane sénégalaise. On l’entend dire: «Aucun pays dans le monde ne peut prétendre survivre grâce à des aides et des subventions extérieures» et que «nous avons pu le faire dans le passé sans bénéficier d’un centime de l’extérieur. Il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas être optimiste aujourd’hui». Or, quand il était au pouvoir, il ne faisait que mendier. On se souvient de la fameuse conférence des Amis des Comores que le Premier ministre Hamada Madi Boléro avait organisée en France. Le Maroc avait promis 400.000 dollars, et chaque matin, le Président Azali Assoumani appelait au téléphone ce haut fonctionnaire du ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération pour lui réclamer la somme en question, et même pas pour les Comores, mais pour lui-même. C’est une seconde nature chez lui.

   En panne d’idées concrètes et sérieuses, l’homme Azali Assoumani a découvert un mot, qui vient juste d’arriver à ses oreilles: «Investissements». Il mange le mot «investissements» à toutes les sauces, en fait des tartines, et ça ne lui réussit pas: trop démagogique et sans consistance. Juste un mot vide de sens. Toute honte bue, il affirme que chaque année, 17 milliards de francs comoriens fuient les caisses de l’État et que cet argent aurait pu servir à ses fameux «investissements». Et voilà l’enfant de Mitsoudjé qui tempête avec une mauvaise foi de chacal: «Où sont parties les recettes de l’État, quand on sait qu’il a pu bénéficier ces dix dernières années de beaucoup d’aides et subventions extérieures? La réponse est qu’elles se sont tout simplement volatilisées». Pour tenir un tel discours, il a fallu qu’Azali Assoumani soit le Comorien le plus culotté de tous les temps, lui sur qui Thierry Vircoulon, naguère affecté en Afrique par le ministère français des Affaires étrangères et par la Commission européenne, a lancé l’infâmante et infâme accusation qu’on connaît, depuis janvier 2007, suite à un article paru dans la revue Étude et repris sur le site du Quai d’Orsay: «La privatisation de l’État, le “néo-paternalisme” de type sultanique ou la “politique du ventre”, bref les racines de ce que la Banque mondiale appelle la “mauvaise gouvernance” n’ont pas été éradiquées durant la transition. Corruption et mauvaise gouvernance ont continué à prospérer sous les yeux de la “communauté internationale”: aux Comores, comme l’atteste la découverte de 40 millions d’euros dans des comptes à l’étranger, le Colonel Azali a pillé le Trésor public et distribué les contrats publics à la coterie formée par ses proches». Que dit-il de tout ça? Pour rappel, la somme de 40 millions d’euros correspond à 19.678.700.000 de francs comoriens, alors que les dépenses annuelles de l’État comorien sont de 29 milliards de francs. Qui dit mieux?

   Et voilà qu’entre en scène un autre garçon controversé et douteux de la région du Hambou, le Caporal Bourhane Hamidou, surnommé «l’enfant gâté d’Ahmed Sambi», étant entendu qu’Ahmed Sambi avait réussi à faire de cet élève qui passait en classe de 5ème et qui n’y a jamais été le Président de l’Assemblée de l’Union des Comores, où il s’était surtout illustré par son affaire de serviettes d’hôtel au Maroc et par la saisie à l’Aéroport de parisien de Roissy de sa valise contenant 80.000 euros n’ayant fait l’objet d’aucune déclaration. Le Caporal Bourhane Hamidou a commencé sa campagne électorale à Moidja, où est né son colistier Moindjié Mohamed, essentiellement élevé à Ivoini. À Moidja, le Caporal Bourhane Hamidou a dit des choses. Des choses qui font rire à mort. N’a-t-il pas promis la gratuité des inscriptions à l’Université des Comores? N’a-t-il pas promis des bourses pour les étudiants les plus méritants? N’a-t-il pas promis la gratuité des transports aux étudiants, tout en oubliant de dire aux Comoriens avec quel argent il va devoir financer ses promesses fantaisistes et irrationnelles? Mais, n’est-il pas «l’enfant gâté d’Ahmed Sambi»? Comme «la langue n’a pas d’os» (proverbe comorien), il avait lancé à la cantonade: «Je parle de la santé, de l’Éducation mais surtout de l’emploi des jeunes». Ah oui? Oubliant que de 2009 à 2015, il avait été la deuxième autorité des Comores, le même Caporal Bourhane ose s’interroger à haute voix devant les Comoriens, lui qui a détourné même l’argent destiné à la construction de mosquées: «Comment développer l’économie d’un pays où l’électricité fait défaut?». Si la question est légitime, celui qui la pose n’a aucune légitimité pour la poser. Et comme le Caporal Bourhane Hamidou a décidé de se présenter en candidat plus vertueux que la vertu elle-même, il accuse les autres candidats de donner de l’argent aux électeurs et électrices pour influencer leur vote: «Prenez l’argent, mais votre vote sera pour moi, Bourhane, le candidat du vrai changement». Très drôle… Il parle de quel «changement» et par rapport à quoi?

   Et comme assez de blagues n’avaient pas été faites ainsi, il a fallu que Mohamed Issimaïla ramène sa fraise, lui qui n’a même pas eu l’investiture de son parti politique, le bien mort, bien fossilisé, bien momifié et bien enterré Front démocratique. L’homme de Mdé, qui a été bel et bien ministre puis Ambassadeur dans le régime politique actuel, ose parler d’éradication de «la vieille politique» pour créer «la nouvelle politique», celle de «l’espoir». Son discours finira par relancer le commerce des mouchoirs aux Comores, puisqu’il va faire pleurer les Comoriens d’émotion et de joie. En tout cas, il a rejoint Ahmed Sambi, qui promet aux Comoriens «des voitures qui volent».

   On l’aura compris: pendant que les Comoriens attendent des candidats un discours responsable et sérieux, certains continuent à les abreuver de paroles sans queue, ni tête, juste pour amuser le tapis. Si les candidats qui disent n’importe quoi avaient de la considération et du respect pour les Comoriens, ils auraient évité de dire autant de mots vides de sens. Mais, comme ils ont pris la décision de se moquer des Comoriens, ils ont fait des paroles vides de sens leur fonds de commerce électoraliste. Continuez, Messieurs…

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© www.lemohelien.com – Lundi 1er février 2016.

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