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Fête de l’Achoura: hystérie hypocrite et obscurantiste

Fête de l’Achoura: hystérie hypocrite et obscurantiste

Les Juifs et le Prophète célébraient Achoura avant les Chiites

Par ARM

     Est-ce que les Comores sont devenues le «Yafoy», le pays où tout va bien, pour que l’État s’occupe d’enfantillages et non des choses sérieuses? Faut-il rire ou pleurer? Faut-il rire ou pleurer quand on voit que le gouvernement, au lieu de chercher des solutions aux nombreux et inextricables problèmes que vivent les Comoriens, est en train de se noyer dans un verre d’eau, allant jusqu’à interdire la célébration de l’Achoura parce qu’il s’agirait d’une fête chiite? Et voilà Kiki, revenu de sa fuite de l’hôtel de Neuilly-sur-Seine, qui se met à interdire une fête dont il ne connaît pas les origines historiques, croyant qu’il s’agit d’une fête chiite. Or, il ne s’agit pas d’une fête chiite, et Kiki s’est lourdement planté. Il s’est planté parce que, même si les Chiites en font trop au sujet de l’Achoura, qu’ils lient un peu trop facilement à l’assassinat de l’Imam Hussein et de 72 membres de sa famille par la dynastie arabe des Khalifes omeyyades (661-750), il n’en demeure pas moins que le Prophète Mohammed jeûnait le jour de l’Achoura en souvenir du repentir d’Adam après le départ du Paradis et de l’accostage de l’arche de Noé. Mais, cette pratique avait été abandonnée. Avant le Prophète Mohammed, les Juifs célébraient l’Achoura pour demander pardon à Dieu, et cette tradition hébraïque remonte très loin, dans l’Antiquité.

     Le grand islamologue Cyril Glassé vient confirmer tout cela en écrivant sur l’Achoura ce qui suit: «Dixième jour du mois de Muharram, premier mois de l’année islamique. L’Ashura tient son origine de fêtes juives, et le Prophète en avait fait un jour de jeûne facultatif. Pour les sunnites, c’est une fête bénéfique. Chez les shiites, elle marque l’anniversaire funeste du meurtre de Husayn par les soldats du calife Yazid. Les shiites jeûnent le neuvième jour de Muharram; le 10, certains groupes shiites parcourent les villes en s’infligeant publiquement de sévères mortifications. Celles-ci expriment le sentiment de culpabilité des shiites pour avoir abandonné les Imams au moment où ils avaient besoin d’eux. Les jours qui précèdent le 10 de Muharram, les mystères du ta’aziyah, commémorant ce meurtre, sont représentés en Iran.

     Chez les sunnites, la fête de l’Ashura est observée depuis l’époque du Prophète, précisément parce qu’elle appartient à la Sunnah. Comme commémoration de la mort de Husayn, son observance publique a été instaurée en 351/962 par l’émir bouyide Al-Mu’izz Ad-Dawlah, qui était shiite»: Cyril Glassé: Dictionnaire encyclopédique de l’Islam, Préface de Jacques Berque, Bordas, Paris, 1991, p. 44.

     Donc, l’Achoura n’est pas une fête chiite, mais une fête juive puis musulmane avant d’être reprise et réinterprétée par les Chiites. C’est tout. Point final. Il est donc absurde d’interdire l’Achoura en croyant qu’il s’agit d’une tradition instaurée par les Chiites. Que les autorités comoriennes consultent les vrais connaisseurs sur la question au lieu de plonger tout un pays dans le ridicule. Qu’on se le dise!

     Des centaines de jeunes Comoriens ont été formés au Maroc, pays sunnite de rite malékite. Allez leur demander si on célèbre l’Achoura dans ce pays. Ils vous diront «oui!». Le «pouvoiriste» Azali Assoumani, Djaffar Saïd Ahmed, Moustadroine Abdou et d’autres membres du sérail ont été formés au Maroc et ont bien constaté que dans ce pays, on célèbre l’Achoura, à coup de seaux d’eau qu’on jette sur les passants et de pétards qu’ont fait «parler», mais sans la flagellation des Chiites. Djaffar Saïd Ahmed a vu comment face à la maison où lui et moi vivions au Maroc (AC2, Douar Hadj Kacem) et où passait souvent Moustadroine Abdou (l’homme qui va faire sortir les Comores des ténèbres après un voyage de jouissances en Turquie), les jeunes s’amusaient en jetant de l’eau sur les gens. Et, il a laissé faire un garçon qui n’y a jamais été. Or, le Maroc n’est pas un pays chiite. Bien au contraire. On se souvient de la fameuse boutade de feu Sa Majesté le Roi Hassan II: «Si Khomeiny est musulman, alors je ne le suis pas». L’Iran est bien le bastion du Chiisme, non?

     Alors, il faudra que l’usurpation nous dise pourquoi elle se livre à de telles absurdités au lieu de rechercher des solutions aux vrais problèmes des Comoriens. Soyons sérieux. L’ignorance, l’exagération et l’obscurantisme sont à l’origine de ces absurdités innommables. Oui, le Chiisme va constituer un problème un jour aux Comores, en raison des divergences confessionnelles pouvant verser sur des guerres de religions et des ingérences étrangères. En même temps, on est en droit de se demander si l’acharnement des autorités comoriennes n’est pas devenu obsessionnel et donc maladroit. Naturellement, il aurait été très intéressant d’interroger Ahmed Sambi qui, à en croire le site www.mondafrique.com, a dépensé les pétrodollars de l’Iran au profit de son copain le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani lors de l’élection présidentielle de 2016. Nous ne nous lasserons pas de signaler que tout ce micmac finira très mal et dans le sang, mais que ça ne soit pas celui du Comorien ordinaire, mais celui des aventuriers cupides et inconscients qui se fourrent dans des guêpiers à peine imaginables.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 17 octobre 2016.

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