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Fête? Quelle fête?

Fête? Quelle fête?

Par Natuk Mohamed MOUZAOIR

       Les Comores, comme l’ensemble de la communauté musulmane, sont entrées dans le mois sacré de Ramadan. Je saisis cette opportunité, comme tous les ans, pour présenter aux Comoriens et aux autres Musulmans mes meilleurs vœux, Incha Allah.

Par ailleurs, la semaine dernière à grandes pompes, les autorités comoriennes ont fêté la première année du retour du chef de l’État, le 26 mai 2016. Comme vous je me pose la question de savoir, qu’est-ce que fêtent exactement les autorités? Les dépenses inutiles à un moment où la situation économique et sociale du pays est au rouge.

Avons-nous l’esprit à la fête quand 15 ans après le système ringard et chauviniste de la présidence tournante, le pays se trouve au summum de la pauvreté? Comoriens, sommes-nous fiers de voir l’état de misère qui sévit dans nos villages, de Ngazidja à Ndzuani en passant par Mwali? Qui profite de ce système de présidence tournante? Les Comoriens continuent à s’appauvrir davantage pendant qu’une minorité des privilégiés grossit aux dépens du peuple.

Le parti Ulezi constate en tout cas la légèreté comportementale de ceux qui dirigent le pays. Il est inadmissible que les Comores connaissent depuis 1997 une situation d’instabilité institutionnelle permanente, et les autorités semblent inconscientes de cette situation.

Alors, elles ont fêté la première année du retour du président Azali Assoumani au pouvoir, pour quel objectif? À quel coût ? Et qui paie?

       L’entrée est tellement noire que nous sommes tous au stade de nous demander où se trouve la sortie du tunnel. En effet, la population ne sait plus à quel saint se vouer face à la cherté de la vie et à la flambée des prix. Des familles ont des difficultés insurmontables pour subvenir aux besoins de leur maisonnée. N’ayant pas les moyens d’envoyer leurs progénitures dans les écoles privées, les familles sont obligées de garder leurs enfants dans les villages, l’État étant démissionnaire de ses responsabilités régaliennes.

Effectivement, les enseignants sont en grève illimitée, avec une menace d’une année blanche pour les enfants comoriens de l’École publique. Encore une fois, des élèves sont arrêtés et mis en garde à vue pour avoir tenté d’appeler leurs camarades à manifester en paix pour exprimer leur désarroi face à la situation chaotique. L’avenir de ces jeunes est incertain et ils en sont inquiets.

Le chômage frappe presque 70% des jeunes, diplômés ou non. Ceux qui sont au travail sont débauchés au profit de ceux qui sont proches du pouvoir. Les entreprises privées sont étouffées par les impôts et sont dans l’incapacité d’embaucher.

La possibilité d’investissement privé est loin d’être satisfaisante, car les conditions ne sont pas favorables. Ce qui met en doute le sérieux du projet du chef de l’État quant à amener le pays à l’émergence d’ici 2030.

L’État de Droit est menacé pendant que les libertés fondamentales sont bafouées. Les institutions de l’État sont mises en mal. Les gouverneurs des îles ne respectent strictement rien et veulent régner en monarques absolus. Les Assemblées des îles peuvent toujours courir, le monarque n’a que faire. Le président de l’Union annonce publiquement qu’il gouverne compte non tenu de l’Assemblée de l’Union. Bien entendu, les Députés, élus, censés défendre le respect des droits, font de ce noble lieu un ring de boxe tels les enfants dans la cour des récréations et ne ressentent aucunement le besoin d’être consultés sur la destinée du pays. La Cour constitutionnelle, l’institution sur laquelle compte l’ensemble des Comoriens est aussi dans une situation laissant à désirer.

Voilà le tableau qui se présente devant tous les Comoriens et que fêtent les autorités. Monsieur le Président de l’Union des Comores, Messieurs les gouverneurs, Messieurs les Députés et les élus représentant des îles autonomes, vos responsabilités sont engagées pour:

–  Sortir les Comores du marasme économique,

– Diminuer le chômage,

– Respecter la démocratie et les libertés fondamentales,

– Stabiliser les institutions de l’État.

– Revoir la présidence tournante

Par Natuk Mohamed MOUZAOIR

Premier Secrétaire national du parti ULEZI

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© www.lemohelien.com – Samedi 3 juin 2017.

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