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Feuilleton du cœlacanthe capturé : l’Exécutif d’Anjouan sort de sa léthargie

 
Une négligence de la part des institutions de l’environnement… 

Après la capture du cœlacanthe (« Gombessa ») entre le 15 et le 16 avril, le Commissaire de l’Environnement a été informé. Selon lui, il fallait « rejeter le poisson » déjà mort à la mer. Ensuite, il a contacté le Directeur Régional de l’Environnement, Mouhoudhoir Boura. Au lieu de se rendre sur le lieu pour prendre les dispositions nécessaires, ce dernier a téléphoné à un agent de sa direction qui ne dispose d’aucune connaissance dans le domaine de l’environnement. Pire encore, au niveau national, il n’y a eu aucune réaction de la Direction Générale de l’Environnement. Là-bas, l’environnement est le « mangement », les voyages avec les perdiemes !
 
…pourtant le cœlacanthe est protégé par les conventions internationales et la législation nationale :

A l’échelle internationale, les Comores ont ratifié les conventions UICN (l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature) pour la protection et CITES (Convention on International Trade of Endangered Species) pour la commercialisation des espèces menacées. Sur la liste rouge de l’UICN, le cœlacanthe (Latimeria chalumnae) est classé dans la catégorie des espèces « En danger critique d’extinction ».
 
– A l’échelle nationale, la législation en vigueur stipule que le cœlacanthe fait partie des « espèces intégralement protégées » par l’Arrêté N° 01/31/MPE/CAB du 14/05/2001 portant protection des espèces de faune et de flore sauvage des Comores.

 
Feuilleton du cœlacanthe capturé : l’Exécutif d’Anjouan sort de sa léthargie Feuilleton du cœlacanthe capturé : l’Exécutif d’Anjouan sort de sa léthargie

 

Le Directeur Régional et le Directeur Général ont donc failli à leurs responsabilités, car il est de leur devoir de veiller à la mise en application de ces textes par la sensibilisation et par des sanctions graduelles. Le mal est déjà fait.
 
L’Exécutif d’Anjouan sort de sa léthargie : le médecin après la mort !  

Trois jours passés sans aucune réaction de la part des institutions concernées après la congélation du cœlacanthe capturé, le Directeur Régional de la SNPSF a eu l’idée de l’acheter en vue de le conserver. Il a déboursé 750 000 KMF, soit 1500 € pour avoir le poisson congelé. L’Exécutif d’Anjouan est vite sorti de sa léthargie après avoir su que l’acheteur du poisson congelé est un opposant du parti Juwa dont le gouverneur est issu. L’Exécutif d’Anjouan a immédiatement exigé au Directeur de la SNPSF de lui rendre le poisson congelé sous peine de se faire arrêté et incarcéré arbitrairement comme ce fût le cas d’Anli et d’Imrane.  Sous la pression, le Directeur Régional de la SNPSF a décidé de confier le poisson congelé au Gouvernement de l’Union des Comores. Mais la tension a monté d’un cran du côté du Gouvernorat de Ndzuwani qui veut à la fois récupérer le poisson congelé aux mains de l’acheteur conservateur et ses 750 000 KMF aux mains du pêcheur. Et si ce poisson était appétissant, l’Exécutif d’Anjouan allait demander aux consommateurs de le vomir ?
 
A qui la faute et qui devrait être sanctionné ?

Dans le feuilleton du cœlacanthe débuté le 16 avril, il est clair qu’il y a eu une négligence de la part du Commissariat jusqu’à la Direction de l’Environnement d’Anjouan, mais aussi de la Direction Générale de l’Environnement. Or ce sont ces institutions qui doivent veuiller au respect de la législation en vigueur. La faute n’est donc pas au pêcheur qui l’a capturé, car il n’a pas été sensibilisé et il ignorait qu’il s’agissait de cœlacanthe qui avait mordu. La faute n’est pas non plus à celui qui a acheté le poisson congelé pour le conserver du moment où nos directeurs de l’Environnement n’ont manifesté aucun intérêt durant trois jours. En pays de droit, ce sont le Directeur insulaire et le Directeur Général qui devraient être sanctionnés de manquement à leur devoir. 
 
Conserver la dépouille du cœlacanthe dans un lieu privé est salutaire. Et le Directeur Régional de la SNPSF qui a eu l’idée mérite respect. En réalité, si la dépouille de ce cœlacanthe tombe entre les mains de l’Exécutif d’Anjouan, celui-ci sera dans l’incapacité de conserver ce symbole national. Mais rien d’étonnant, car dans la culture africaine, on massacre celui qui réussit jusqu’à ce qu’il échoue. 

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