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Foumbouni aussi. Une brève histoire de l’école de Foumbouni et celle de Mbadjini. par Elahdji Mohamed

Peut être que le titre peut paraitre prétentieux, mais il résume l’avènement et l’évolution de l’école à Foumbouni et dans la région de Mbadjini.

Quelques dates clefs et quelques événements permettent de poser la base d’un échange entre internautes et de susciter des commentaires permettant d’enrichir un peu l’histoire de notre ville et de notre région Je ne prétends pas ici, à l’exhaustivité, encore moins que la plupart des sources sont orales, mais d’essayer de définir (avec le risque que cela comporte) la genèse et l’évolution voire la transformation de l’école de Foumbouni et relancer le débat pour que chacun de nous puisse apporter une contribution susceptible d’éclairer d’avantage l’histoire de notre ville et de notre région.

1) Le premier local de l’école.

Quand il s’agit de définir la genèse de l’école de Foumbouni, chacun y va de sa petite version et sur le temps et sur l’espace. Selon certains, l’école de Foumbouni aurait commencé à la fin du 19éme siècle et au début du 20eme siècle au MITSALENI (tout prés de la maison familiale de la famille Mmadi Elamine de Souloulou) et pour d’autres, l’école a commencé au début 20éme siècle en Face de la maison de Mma Voty, la maison de Mmadi Hamadi.

Nos recherches ont permis de voir mieux, car interrogeant certains acteurs, certaines hypothèses n’ont pas résisté à certaines interrogations. Comment une école au Mitsaleni alors que de mémoire de tout foumbounien, le quartier Mitsaleni ne fut habité (et certains s’en souviennent comme cela datait d’hier) qu’à partir des années soixante ? Et la date ? une chose est sure, Said Houssein Said Ali EL Macelie et Mohamed Moégné Karizombo(Foumbouni aussi) ont étudié à l’école de Foumbouni.

Le premier est né en 1889 et le deuxième en 1892 et les deux ont participé à la première guerre mondiale (1914-1918). On ne peut pas dire avant, car le roi de Mbadjini Hachim(Lumière vive éblouit mais ne dure) était anti français, de son vivant, il n’aurait pas permis une école qui enseigne la langue française. Il a été assassiné par des soldats français le 18 juin de l’année 1889. Donc cela milite en faveur de l’avènement de l’école de Foumbouni fin 19éme siècle et début 20éme siécle en pleine ville de Foumbouni non pas dans la périphérie qui existait en tant que campagne de la ville.

Donc après interrogations de différents acteurs et consultations de différentes archives, l’on peut situer l’avènement de l’école en 1896 dans l’enceinte des logements de la famille royale Wamga, là où vivait Sahala dans les 70’s.

Des promotions et des personnes connues et moins connues sont passées par là : Said Houssein Said Ali El Macelie Mohamed Moegne Adjilani Bounou Alhadhuiri Ahmed Mboinaouboi Abdourahim Moussa Chahid Said Ali Said Houssein Et d’autres…

Vous distinguez aisément les élèves de la première décennie du 20éme siècle, ceux de la 2éme décennie et ceux de la troisième. Distinguons ici, bien les choses, certains anciens combattants de la première guerre mondiale se sont engagés dans l’armée française sans forcément être scolarisés jusqu’au 2émeB(CE2). Engagé ne voulait pas dire scolarisé, ils ont appris le français sur le tas.


2) Transfert de l’école

Une question demeure. Quand est ce que l’école fut elle transférée en face de La maison de Mma Voty. Malgré les recherches menées, nous n’avons pas pu avoir de date précise, mais une chose est sûre, elle fut transférée aux années vingt. c’est la promotion, dit on, de Mboinaouboi, qui la première a suivi ses enseignements à la nouvelle école, en face de la maison de Mma Voty. Donc la promotion d’Abdourahim Moussa, de Said Ali Said Housseine, a suivi ses enseignements dans l’ancienne école et la promotion de Ibrahim Moussa, de Youssouf Ali Badja, d’ Abdou Chacour Madjoine, de Abdoulfatahou, Mzé Madjane… ayant commencé sa scolarité en 1932 a été dans la nouvelle école composée de 2 salles.

Aussi, comprenons une chose. La scolarité des enfants n’avait pas lieu régulièrement tous les ans, ça prenait des cycles parfois réguliers, parfois non, on pouvait suivre une promotion jusqu’en fin de cycle avant de prendre une autre.

Après cette promotion de 1932, arrive celle de 1938, l’on peut distinguer Said Hassane Said Hachim, Chouaibou Abdallah Saidou, Abdallah Ali….On continue, peut être après la deuxième guerre mondiale, la promotion d’Ali Mlamali, Abdou Mnémoi, Abdou Abdallah…. fut à son tour scolarisée. On commence alors à prendre une promotion par an.

Là arrive, la promotion de Dr Kassimou, de Said Ahmed(Coplan),Papa Moussa….D’après certaines sources, on trouve que cette école donne des résultats infructueux que les fruits ne tiennent pas la promesse des fleurs, par exemple, la promotion de 1932, un seul a pu franchir le Cap de 2éme B et continuer, Abdou Chacour Madjoine, le reste s’est arrêté en 2émeB ou avant .


3) Hambedja, destination de la petite école.

Et donc pour changer les résultats, changeons de lieu géographique pour l’école car ce lieu là est maudit pour les enfants, un argument mythique. C’est ainsi qu’en 1952, l’on change de local pour l ‘école à Hambedja, transferant les enfants scolarisés. Je crois que c’est la promotion de Ismael Idi, Mlaili Mistoihi, Kalidanse. C’était deux salles aussi. Et jusque là, la petite école s’arrête au 2éme B(CE2) Il faudra attendre 1963-1964 pour avoir une troisième salle du au cycle de CM. Car jusque là, deux concours étaient prévus pour franchir l’étape de l’école primaire et continuer l’école à Moroni : Le concours d’entrée en CM. Le concours d’entrée en sixième.Bien sûr, les épreuves c’était classique, dictée, problèmes, parfois étude de texte. Voyons un exemple d’épreuve, l’épreuve de dictée du concours d’entrée en CM, 1962« Ali est malade, le voilà couché, sur son front perlent de grosses gouttes de sueur. Sa maman a fait demander au médecin de venir. En attendant, elle reste assise à côté du lit où son petit enfant est allongé. Pauvre Ali ! »

Voici un autre exemple de dictée de l’entrée en CM1, 1963 :« Le vieux mendiant. Chaque vendredi, un vieil aveugle, s’arrête devant ma porte et tend la main. Alors, je lui donne une petite pièce de monnaie. Il s’en va lentement en tâtant le sol avec le bout de son bâton noueux. « A vendredi prochain ». »

Certains dans les couloirs murmuraient que le concepteur était Fundi Ali Mlamali Essayons avec nos enfants qui sont au CM pour voir ce qu’il en est, si réellement le niveau monte comme l’affirme le livre de BODELOT et ESTABLET (1)

Massoundi Albasse était de ceux qui passaient ce concours et il était très heureux de voir parmi le corps enseignant, quelqu’un de Foumbouni parmi ces enseignants comoriens et français : Ali Mlamali. Il en tirait une fierté personnelle et il en parlait autour de lui. L’administration a changé d’avis. Le CM pour les élèves ressortissants de l’école de Foumbouni, ce n’est pas au Lycée said Mohamed Cheikh, c’est à l’école de Foumbouni, Hambedja. Donc à la rentrée 1963-1964, on ouvre une classe de CM, assuré par Mohamed Said. Ont pris place dans le cycle de C.M. Ibrahim Abdallah, Yahaya Salim, Massoundi Albassi, Mzé Said Houmadi(prefet), Mme Tachirifa Charif…Et désormais le concours d’entrée en CM est organisé à Foumbouni, rassemblant les élèves de la region de Mbadjini et d’ailleurs(Dimani).

La promotion de 1964 a subi les épreuves d’entrée en CM1, à la petite école de Foumbouni. Parmi le corps enseignant, on retrouvait Mohamed Iliassa,un malgache dont la prononciation sema un peu la confusion dans l’esprit des jeunes candidats. Certains ont en mémoire des phrases de la dictée.« Le shanglié et she marcashin, qui aiment le voijinage… », plus precisément, le sanglier et ses marcassins, qui aiment le voisinage, tombèrent dans un champs de betteraves ».Redoutable dictée, marcassins c’est quoi ? Et la prononciation de l’enseignant d’origine malgache ?

Là, Foumbouni a son école primaire complète. Et les écoliers des villages et aussi des régions avoisinants venaient passer le concours d’entrée en CM1, et continuer Le CM à Foumbouni. Et l’on continue à passer le concours d’entrée en sixième à Moroni. Le cycle du CM(CM1et CM2) fut assuré en premier temps par Mohamed Said avant de l’etre par Kalidanse Ahmed.


4) Le corps enseignant de Foumbouni.

Pendant cette période, la petite école commence à avoir un feed-back des enfants formés dans cette école. Les enseignants d’origine de Foumbouni, ayant appris dans la petite école, commencent à faire leur entrée dans le système éducatif. Avant, Fundi Ali Mlamali a commencé à exercer le métier. Une question : qui est le premier enseignant de Foumbouni à avoir enseigné à Foumbouni ? C’est Kalidanse Ahmed,qui a commencé en 1963-1964. A la même année, Mlaili Mistoihi fut affecté à Mboinkou( Nous sommes, tous , tous les éléves de Hantsidzi)(2) et Ali Mlamali enseignait à Moroni. Mais le premier enseignant de Foumbouni est probablement, Ali Mlamali qui a commencé à enseigner en Tunisie en 1959. Deux années après Kalidanse, Fundi Abdillah Youssouf fit son entrée et le corps enseignant de Foumbouni se renforça.

L’on dit couramment que ce sont ces deux enseignants (Kalidanse et Abdillah Youssouf) qui sont à l’origine du renforcement de la formation de l’élite à Foumbouni et l’on doit allumer une chandelle pour eux, ils ne sont pas les seuls, mais leur esprit volontariste, leur engagement ont fait que naisse un cadre permettant de faire émerger à Foumbouni des élèves qui ont pû réussir et être des lycéens, voire des cadres exemplaires pour le pays.

A partir de l’année 1966, c’est Abdillah Youssouf qui prend le CM en main avec les résultats que l’on connait(ou que d’autres ne connaissent pas). La petite école commence à se renforcer par ses propres fruits, Kalidanse Ahmed, Abdillah Youssouf, Youssouf Hamidou(1968), Ahamada Mdjassiri qui fut affecté à Chindini(1966), dans la région de Mboudé), puis dans la région de Mbabao(Oukanzi)avant de l’être à Foumbouni en 1970. Mohamed Said Mogné(Said Anlibou) fait son entrée et à l’origine de l’ouverture de l’école de Gnambeni(1972)

Quant à Dhoiffir Mohamed Soilihi( que nous retrouverons dans un article à paraitre peut être dans les mois à venir « Kassimou, the comorian doctor », son itinéraire n’est pas celui d’un enfant gâté : de Madagascar, en Tanzanie, puis en Egypte(Ahii), puis au lycée de Moroni(soixante huitard), il est gardien de but de l’Etoile du Sud pour remporter la coupe des Comores de 1968 contre le coin Nord. Il se retrouve à Bandamadji La Domba. C’est au début des années soixante dix(1971), qu’il revient au bercail.

Notons que Dhoiffir Mohamed Soilihi, Mme Mlaili Mistoihi et Athoumane ont eu à contribuer mais n’ont pas été formés à la petite école, ils ont eu leur formation primaire et secondaire à Madagascar. Soulé Djanffar, lui fut affecté à Nioumadzaha avant d’être affecté à Foumbouni en 1975.

Les élèves de la petite école servent la petite école et aussi le pays, contribuant ainsi à la formation des enfants comoriens et assurer le pays des ressources dont il aura besoin une fois qu’il se sera émancipé. La jeune génération commence à faire son entrée venant d’autres lieux où ils furent affectés pour le baptême.

Bacar Abdallah, est venu de Dzahani II, Mzé Mbaba Ayouba de Tsinimoichongo(Badjini Ouest) Se serait joint à cette « équipe », Fundi Houbabi, qui est un vrai foumbounien de cœur car il a mis toute son énergie, sa volonté et même sa vie à former les enfants de cette cité. D’origine d’Ouani, Anjouan,Il est affecté à Foumbouni en 1961, venant de Moroni Application.

On note dans les années 70, le passage de certains enseignants qui pratiquent le métier avant de continuer leur déroulement de carrière ailleurs mais qui n’en marquent pas moins la petite école. Mzé Abdou Said (Jeamba) Mme Tachirifa Charif Said (qui fonda le mouvement Scout à Foumbouni en 1973). Mme Amina Abdallah Mohamed Chehi(Voty) 1973-1974 Salim Mzé Soilihi(Pecos)1974-1975Celui-ci reste l’enseignant préféré des foumbouniens âgés. Observant les choses à partir de la place du Garage et feu Mzé Sidi d’ajouter « est ce qu’il reste un enfant de cette classe qu’enseigne l’enfant de Mzé Soilihi, qui ne comprend pas quelque chose ? Nous à partir d’ici, on entend tout » c’est dire que Pecos ne parlait pas sous cape.


5) Foumbouni et les postes de l’administration coloniale.

C’est juste pour dire qu’à partir des années quarante, fin quarante et début cinquante, la petite école commence à se faire parler de ‘elle, car ses enfants obtiennent des postes importants. Après la deuxième guerre mondiale, certains foumbouniens commencent à occuper des postes administratifs importants issus d’un mandat électif ou pas. Said Houssein Said Ali est conseiller général et président de ce dit Conseil (l’équivalent du président de l’assemblée Nationale). Mohamed Mogné est brigadier de douane. Alhadhuiri Ahmed ; il s’est engagé dans l’armée à Madagascar et a dû combattre aux côtés de forces alliées, libres contre les nazis, il est affecté à Djibouti, incorporé dans l’armée de Somalie (pourquoi Somalie, je ne sais pas). Là, il retrouve un autre foumbounien, plus jeune que lui, mais qui est à son tour incorporé :Abdou Chakour Madjoine. Après cette guerre, il revient à Mayotte et est recruté comme garde indigène. Il est donc dans l’armée coloniale.

Donc à la fin des années quarante et début cinquante, la petite école a fourni des fonctionnaires. On peut ajouter après Alhadhuiri Ahmed, son compagnon d’arme à Djibouti, Abdou ChaKour Madjoine, qui passe le concours d’entrée au ministère de finances de Madagascar et dépendances et devient brigadier de douane.

Abdou Mselam( gendarme moinadamou)(3) passe le concours d’entrée à la police et intègre ce corps.

Voilà à peu prés, Cinq représentants de la petite école qui aux années 40 et 50 vont s’illustrer dans ces postes administratifs et faire parler de la petite école.


6) Les concours d’entrée en 6éme

Là, passent la promotion 1966,(James…), 1967 , de Fundi Jeamba, de Youssouf Abdillah(Charbon), de Ahmed Abdou(Palé), de Mme Harmia Ahmed…

En 1968, c’est le tour de Ismael Ibouroi, Mohamed Rachadi Ibrahim,(président de l’Université des Comores), Said Mansour, de Gaga…

En 1969, c’et le tour de Ahmed Mansour(Judoka), Youssouf Mohamed Bacar…

Voyons un peu l’exercice de la dictée sans faire du « PIVOT Bernard ».

« Un accident.Mes projets furent dérangés par un accident. En empilant du bois dans le bûcher, je tombai maladroitement et me fracassai la cuisse, La fracture jugée sévère par le médecin me fit beaucoup souffrir …. »L’auteur, Henri Bosco, dans son roman autobiographique « L’enfant et la rivière » parlait de son royaume d’enfance, La Provence(Avignon), son milieu naturel, ce qu’il aima et le marqua à jamais, une éternité, un paysage qu’il revoit même à la fin de sa vie dans sa résidence de Nice en 1976.

L’on tomba facilement dans la confusion de l’imparfait et du passé simple. Quand est ce que faut-il employer le passé simple ou l’imparfait. Pour des non gaulois, il faut bien comprendre le contexte, et la plupart ont mis à l’imparfait qui semblait simple au lieu du passé simple qui semble compliqué et élaboré dans l’écrit. La dictée de « Henri Bosco » n’avait pas comme contexte un cadre africain, il s’agit d’un livre autobiographique.

La promotion de 1970 a vu Rakoto, Mooréa, Hassanati Boinali….Un autre candidat fut admis mais présenté par une autre école, celle d’Ouzioini, c’est Mohamed M’sa Mliva(Major). Il était le seul admis de cette école à cette année là.

Arrive la promotion de l’entrée en 6éme de 1971. Là, cette une masse par rapport aux candidats admis dans les promotions précédentes. On distingue : Halifa Chanfi Mouridi Soilihi Hadji Djanffar Djamaldine Moissuli(Rocher) Ahmed Boinali Issouf Mmadi(Lacric) Mourchid Abdoulmalik. Ahmed Abdou (Poumba). Tafridja CharifC’est la dernière promotion de la petite école de Foumbouni à avoir fait le concours d’entrée en 6éme au Lycée de Moroni, et la dictée avait comme titre « Catherine aime les fleurs ».Désormais Catherine aimera les fleurs à Foumbouni, non pas seulement à Moroni. Il y aura les mêmes épreuves dans tous les centres d’examen de l’Archipel.

L’année suivante, en 1972, la petite école de Foumbouni (3 salles de classe) accueille le premier centre d’examen du concours d’entrée en 6éme. Depuis 1970-1971, l’administration pédagogique a requis la salle de Badjanani pour le cours élémentaire, et l’on commence à construire une salle supplémentaire sur le site de Hambedja. Après ce sera deux salles sur le site du terrain de Foot de Mzé Mmadi Mogné.

« Première nuit au large », était le titre de la dictée, la petite école s’est émancipée, et a pris le large. Neuf admis au concours, décentralisation ne veut pas dire admission en masse, il y avait moins d’admis que l’année précédente, l’on note la présence et l’admission des filles : Moinabaraka Msingani , Harmia Ahmed Kassim, Mme Ouetrou Houssounali Attoy Abdou Chakour Idrisse Mohamed Ahmed (Infirmier à Marseille) Ahamada Mohamed(Father) Mmaka Deputé Sidi.

Là arrive la promotion de 1973, avec une dictée dont le contexte était le Kenya pays voisin, mais vu sous l’optique d’un grand écrivain français, aventurier , qui a débarqué au Kenya en 1953, et qui a écrit un livre en 1958, d’un amour né entre une fillette et un lion : « le lion » de Joseph Kessel.« Danse africaine »Ce n’était pas une danse, ce n’était pas une marche, c’était des élans saccadés aussitôt faits et aussitôt rompus », L’on pourrait être précis et dire « danse Maasai » au lieu de danse africaine. Mais les préjugés de ce temps là étaient forts.

Il ya une présence féminine marquée dans cette promotion. Parmi les admis on peut noter : Kassim Chefou Papa Ahamada Said Salim Moussa Houssein Bacri Oumour Abdallah Hassane(Nylon) AbdoulAnziz Chouaibou Daroueche Mohamed Bacar Youssouf Mohamed(Belou) Mohamed Abdou(fils de papa Mmadi) Ali Abdillah(Mhoma) Ali Tamou Ali Youssouf Dédé Mzé Hamadi Ahmed Mroivili(Mavignon) Moinafatima Mistoihi Mariyatta Abdou Chakour Moinahalima Abdou Mnémoi Haroussi Idrisse Mariama SaidVous avez remarqué que nous sommes passés du simple au double (presque) concernant l’admission des filles, de trois filles en 1972, le score est passé de cinq admises en 1973. Cela mérite d’être souligné car les promotions précédentes, on notait l’admission d’une fille ou deux ou personne par promotion.

En 1974, l’on composa les épreuves au Collège d’Enseignement Secondaire (CES) de Foumbouni. Et la même année le collège est ouverte Une anecdote, mais qui est significative. Le concours d’entrée en 6éme fut annulé, on dut organiser un autre. Et pour cause, les épreuves furent trichées, donc connues d’avance, le résultat était différent des autres années, alors que d’une année à une autre, le niveau n’avait pas fondamentalement changé. L’administration a ouvert une enquête et jusqu’ici, cette enquête est restée infructueuse. Les faits nous disent qu’il s’agit des collégiens et lycéens, qui ont remarqué la tenue de la commission des épreuves du concours d’entrée en 6éme. Le choix des épreuves étant fait, on doit brûler les brouillons et ne pas laisser de trace. C’est ce qui fut fait. Brûler parfois ne veut pas dire effacer toute trace, les collégiens l’ont remarqué, puisque on n’ a pas remué les cendres, ils sont allés avec un stylo et des feuilles réécrire les épreuves brulées et donc communiquées aux candidats amis et frères. On organisa un autre concours. La dictée d’Antoine de Saint Exupery avait comme titre : l’eau.

« L’eau. Tu n’as ni goût, ni arôme…. »Elle finit par cette phrase : « tu n’es pas nécessaire à la vie, tu es la vie ».C’est un contexte africain, marqué par le manque du nécessaire, où les gens sont réduits à la survie Saint Exupery parlait de son expérience dans le désert, en Mauritanie. C’est peut être là, qu’il constata l’énorme potentialité des enfants enguenillés, pauvres, mais recelant des des talents si la possibilité leur aurait été offerte « C’est Mozart qu’on assassine ».

Là, on note parmi les admis, Amerdine Saadi Said Bacar Charif Mariama Mistoihi. Ali Bourhane Mkaya Mbelizi Yahaya Mohamed Abdillah Libasse. Soylatou Abdoulmalik. Mohamed Abdou Ali Karizombo Abdou Chacourou Hodari. Mzé Mbaba Soilihi

La promotion précédente et celle de 1974 vont ouvrir le collège d’enseignement secondaire de Foumbouni à la rentrée de 1974. Ce fut la joie d’avoir un collège chez soi, bien que pour certains, revenir à Foumbouni après avoir été collégien au lycée de Moroni, porte la trace d’une dégradation de réputation et de personnalité. Désormais l’on ne dira pas pour eux, les lycées sont de retour ou s’en vont, mais les collégiens sont parmi nous.

Seul Mohamed Abdou n’est pas retourné au bercail car son papa en garnison à Moroni, le jeune collégien est resté tout prés de son papa. Le corps enseignant du nouveau CES de Foumbouni, était composé de trois enseignants : Jacques Planchette, français et directeur du CES. Mme Planchette, anglais et histoire géographie Jean Alain, mathématique et sciences naturelles.La petite école a donné naissance aussi à un collège, le cadre scolaire de Foumbouni s’est élargi. Désormais, pour apprendre, les enfants de la petite école sont éparpillés entre quatre lieux principaux : Ecole de Foumbouni Collège de Foumbouni. Lycée de Moroni Dans les instituts et Université françaises.

Le 04 juin 1975, on passe le concours d’entrée en Sixième. Ce concours marque la fin de l’administration pédagogique et administrative coloniale. L’on note aussi la présence des filles. Parmi les admis, on note : Youssouf Mnémoi Idrisse Abdoulmalik Idari Madjoini Ali Hassane Abasse Abdallah Elhadji Mohamed. Abdoulwahab Ahmed Kassim. Abdou Himaya. Abdillah Zainaba. Fatima Said Toybou. Mariama Boina Halima Abdallah Echata Amir Halima Djaffar.

C’est la fin d’une époque, la fin de la sélection au concours d’entrée en 6éme. On va entrer dans une période qui va fondamentalement changer la disposition et augmenter sensiblement le nombre d’admis, une sorte de démocratisation de l’enseignement jugé jusque là, sélectif. Le gouvernement va se doter d’un outil de diffusion de l’enseignement secondaire d’une façon démocratique :le collège rural. Il ya eu 4 à 5 colléges ruraux à Mbadjini et surtout suivant les moudirias, alors que jusque là n’existaient que 3 collèges en Grande Comore : Un au lycée de Moroni Le C.E .S. de Mitsmiouli Le CES de Foumbouni.Voilà le paysage de l’enseignement secondaire lors de l’accès du pays à l’indépendance.


7) La petite école et les bacheliers

La petite école, tentaculaire comme la maison dans la prairie, a vu ses enfants évoluer jusqu’au baccalauréat. Aux années quarante, cinquante avant le lycée de Moroni, on organisait les cycles autrement. La petite école assurait les enseignements jusqu’au 2émeB. Après, on continuait à Madagascar jusqu’ à trois, quatre ans et on était orienté vers un métier (infirmier, commis de Saf, auxilliaire de justice, enseignant…) pour deux années. Et voilà le cycle fini. Après, il y aura à former des médecins et l’orientation commencera en troisième. Tout cela c’est à Madagascar. Pour les bacheliers, c’est en 1970 que l’on note le premier bachelier de Foumbouni, au lycée de Moroni. Voici une tentative de récapitulation de bacheliers foumbouniens par année.

1970IDI Nadhoim1971Mzé soilihi Zilé1972Ils étaient nombreux à passer le baccalauréat, mais rien dans la nasse1973Said Ali Boinali, Abdillah Idrisse, Yahaya Salim, Mabadi Amedali, Ahamada Mohamed(Gauthier), Aboubacar Mohamed Mogné. Mabadi Boinali a obtenu le baccalauréat à Marseille au lycée Thiers, la même année1974Ahmed Mohamed(Anzi), Abdillah Youssouf(Charbon), Ali Mdjassiri, Harmia Ahmed, Soulé Said Mahamoudou1975Mohamed Rachadi Ibrahim, Ismael Ibouroi, Abal Anrab Abdou, Chacour, Rabiatty Charif, Ahmed Abdou(Palé) l’ a eu à Marseille

Voilà les derniers produits de la petite école avant l’indépendance. Après c’est une histoire très chargée d’enseignement et parfois très tourmentée.


8) L’école dans la région de Mbadjini.

En 1948, Ouzioini accueille l’ouverture d’une école primaire avec le maitre Said Mnémoi. Le chef lieu était Dembeni. On a soumis la proposition d’ouvrir Une école et un dispensaire (que l’on confond facilement en disant hôpital), les notables de Dembeni(Moussa Mliva, Hadji Soiffeini, Abdoulwahab, Mmadi Salim…) ont choisi le centre de soins et l’école fut installé à Ouzioini, le centre de soins à Dembeni. Il a fallu attendre les années soixante pour voir l’école primaire s’installer dans différentes localités de Mbadjini : Dembeni(1966) Bandamadji Malé Nyumamilima Chindini.C’est sous l’impulsion du député Said Hassane said Hachim(voir l’article Foumbouni aussi ou l’histoire d’une représentation parlementaire), qui a permis cette décentralisation de l’école primaire à Mbadjini.

Conclusion.

Voilà l’itinéraire jusqu’en 1975 de la petite école, évoluant progressivement et s’élargissant. Le pays va accéder à l’indépendance le 6 juillet 1975. S’ensuivra une période d’emballement révolutionnaire qui bien sûr, affectera l’enseignement et donc la petite école de Foumbouni. La petite école et son collège vont subir une transformation que les mènera jusqu’à la mise en place des collèges ruraux et un lycée en 1980-1981, regroupant tous les collégiens venant des collèges ruraux de Mbadjini. Un enseignement préscolaire en comorien sera mis en en place. C’est une période nouvelle qui s’ouvre. Mais là c’est une autre histoire : la petite école et l’emballement révolutionnaire.


Notes

1.« Le niveau monte » d’Establet et Bodelot montrant que les examens d’entrée pour le service militaire en France, la generation presente fait mieux que les générations prcedentes.les mêmes questions furent posées à la génération des 80’s et ont fait mieux que leurs parents.

2.« Nous sommes, tous, tous les éleves de Hantsidzi ». Quand M.Mlaili Mistoihi fut affecté avec sa femme à Hantsidzi dans le Mboinkou, en 1963, ils étaient accueillis avec bienveillance et beaucoup de bonheur. Une chanson en français et une autre en comorien leur étaient dédiées. La chanson en français commençait par ce refrain « nous sommes, tous, tous les éleves de Hantsidzi… »

3.« Gendarme, moinadamou », est de Mzé Ali Badja. L’on raconte que le commissaire de la République(Ndémzougou) était attendu à Foumbouni, l’on dut nettoyer et rendre propres les places publiques, les rues….Les élèves étaient dans leur bel habit et préparés pour accueillir le Commissaire de la République. Bien sûr, les fonctionnaires sur place, étaient habillés de leur apparat. Lorsque Mzé Ali Badja(pére de Mbaba Zoula) a vu Abdou Mselam sous son apparat de Police nationale, il s’écria « woyi gendarme moinadamou », entendez par là, mot à mot, c’est un gendarme personne humaine pour signifier que jusque là il n’ a vu sous cet apparat que de blancs qui étaient assimilés par les préjugés du temps à des extraterrestres, là, il est entrain de voir un des siens occuper ce poste, etrange ! Ce préjugé, on le retrouve au Congo où le blanc est assimilé au diable et traduit en lingala, le blanc c’est le diable, à Madagascar, le blanc c’est l’étranger « Vazaha), donc qui n’est pas de la commuanauté.

 

Source : foumbouni.net

 

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