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FRANCE – MAYOTTE : Un délire colonial

 FRANCE - MAYOTTE : Un délire colonial


Les résultats de la consultation du 22 décembre 1974 sur l’indépendance des Comores n’ont souffert d’aucune ambiguïté. Près de 95% des suffrages exprimés sur l’ensemble des quatre îles des Comores ont été favorables à l’indépendance. Furieuse et vexée, la France, rechercha tous les moyens d’invalider les résultats. Elle activa certains réseaux d’extrême droite (notamment l’Action Française avec Pierre Pujo) et organisa deux milices (les chatouilleuses et les bastonneurs), pour entretenir un climat de peur et de terreur.
Conscientes des enjeux géopolitiques de la région, les autorités françaises n’auront de cesse de maintenir l’instabilité politique (soutien direct et implicite aux mercenaires et principalement à Bob Denard) et de contrôler le non-développement économique des Comores (par le contrôle monétaire de la Banque des Comores et par les incidences du CFA), allant jusqu’à semer la division sociale par le visa de la mort (visa Balladur en 1994). Sans oublier la vingtaine de résolution de l’ONU bafouées par le pays des droits de l’homme qui manifeste constamment la même volonté aveugle, néocoloniale d’arrimer Mayotte à la France.
Rompre diplomatiquement avec la France, une nécessité
Depuis une quarantaine d’année les Comores ont tenté de raisonner la France et ont essayé de trouver une solution pacifique à la question mahoraise. Une entreprise qui s’est soldé par un échec cuisant, tant la France n’a jamais montré le moindre signe d’apaisement, mais a, au contraire, continué à dicter sa loi, en départementalisant une partie du territoire comorien. Face à cette énième provocation, les Comores n’ont aujourd’hui plus le choix. Les responsables politiques devront clarifier leurs positions et rompre les relations diplomatiques avec la France en fermant l’ambassade de France à Moroni et en demandant son adhésion au Commonwealth.
En même temps, les autorités comoriennes devraient sérieusement envisager de saisir la Cour pénale internationale pour le transfert forcé de populations et la persécution d’un groupe identifiable pour des motifs d’ordre politique. Une initiative qui mettrait peut-être fin à cette fausse amitié de la France qui se traduit par toujours plus d’occupation et toujours plus d’arrogance.
Rompre économiquement avec la France, une preuve de responsabilité
Cette rupture devra également s’inscrire dans une stratégie économique répressive en boycottant les entreprises françaises aux Comores et en demandant à nos pays africains et arabes de boycotter les entreprises françaises tant que notre intégrité territoriale ne sera pas rétablie. Car dire que Mayotte est comorienne en acceptant tacitement l’occupation du territoire et sa départementalisation, en fermant les yeux sur les milliers de morts, en recevant chaleureusement François Hollande qui a encore affirmé que Mayotte était pleinement la France, en d’autres termes que la violation du droit international aux Comores lui donnait le droit d’inscrire pleinement Mayotte dans le paysage français est une haute trahison, une forme de capitulation et une hypocrisie sans nom des autorités comoriennes qui, sans courage ni conviction, jouent avec la vie et l’honneur du peuple comorien.
 
 
« JEUNE AFRIQUE »
 
30/04/2017

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