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Fruits des Comores I De l’abondance au pourrissement : quelle politique mettre en place ?

Société |  10/12/2020 –

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Malgré l’abondance des fruits dans le pays, à Moroni en particulier, les producteurs et les vendeurs de fruits se plaignent du manque de chaines de conservation et de l’absence d’une politique de transformation de ces cadeaux de la nature. Le pays est loin d’envisager leur exportation. En réalité, c’est toute une filière à structurer.

En cette saison de Kashkazi, à Moroni, il y a des fruits en abondance sur des sacs de jute posés à même les trottoirs, on y trouve des bananes, des mangues, des citrons, des ananas, des litchis, des jaques, des papayes. Mille et une odeurs vous happent, vous transportent. Mille et une couleurs embellissent les lieux. Mille et une mangues peuvent y pourrir à chaque seconde.

“Que faire des fruits que nous n’arrivons pas à écouler ?”

Les mangues, si juteuses, si odorantes trônent sur leurs étals par leurs chaudes couleurs (rouge, orange, jaune et verte, rose) et formes en fonction de leurs variétés. Ce trop-plein de mangues ne fait pas que des heureux. “Moi, je ne vends que des mangues.

Je dois vous dire que plus nombreuses encore sont celles qui pourrissent dans nos paniers, parce que figurez-vous, malgré que nous les vendions à bas prix, nous n’arrivons pas à écouler nos stocks et nous ne disposons d’aucun moyen de conservation”, s’est lamentée Kalathoumi M’madi qui vend des mangues en face du port de Moroni. Elle a cependant rajouté qu’elle n’avait pas pour seule activité la vente de ce fruit, “sinon je ne m’en serais pas sortie”.

Prisés, les petits fruits rouges à la chair douce sont aussi exposés aux mêmes problèmes. Dans une longue complainte, Hairia Abdou a fait part des difficultés auxquels sont confrontés les producteurs et les vendeurs de litchis. ″Nous faisons face à une grande perte. Déjà, nous prenons place sur les trottoirs sous un soleil de plomb dès les premières heures du jour jusqu’à tard dans la nuit dans le plus grand inconfort.

Malheureusement, nous ne parvenons pas à écouler toute notre production journalière, sachant qu’on ne peut espérer les vendre le lendemain puisque les clients aiment les litchis frais. Ce qui nous fait le plus mal, c’est qu’il n’y a aucun moyen pour les conserver, n’en parlons pas de les exporter. C’est très écœurant de devoir jeter nos fruits toutes les nuits en rentrant. Mais que faire ?”

Le sursaut ne proviendra que d’une volonté politique

Il faut noter que ce ne sont pas seulement les petits producteurs et autres vendeurs qui sont à plaindre. C’est une toute une filière qui est à structurer. Omar M’houssine en est un exemple patent. L’homme d’affaires s’est lancé dans l’agriculture, en produisant des pastèques par exemple. “Je compte mettre un terme à toutes mes activités agricoles dès la fin de cette semaine”, a-t-il indiqué au téléphone lundi. Omar M’houssine est confronté à divers problèmes et lâche : “l’agriculture ne se développera que si en face il y a une réelle volonté politique”.

Le président de la Chambre d’agriculture, de la pêche et de l’élevage affirme comprendre les problématiques liées à la production agricole. “Je suis en négociation avec une société française qui peut assurer la collecte des fruits et légumes, qui se chargera de les mettre aux normes européennes pour les exporter en France et sur le continent européen”, a-t-il indiqué.

L’une des personnalités Al-watwan 2011 demeure convaincue que nos produits sont bien meilleurs que ceux de la région avec “une mention spéciale” pour la goyave rouge. “Dans ce partenariat, nous misons aussi sur la goyave rouge, qui est un fruit rare et qui a un potentiel plus élevé que les autres”. Comme Omar M’Houssine, il a insisté sur l’importance de la volonté politique pour que son projet voie le jour déjà mais pour que la filière en général se développe.

“Cette initiative va aider les paysans Comoriens si elle se met en place. J’ose espérer que le ministre des Finances qui est un ami très proche nous aidera pour l’implantation de cette société qui s’occupera de la conservation, la transformation et l’exportation des fruits et légumes”, a-t-il plaidé.

Adabi Soilihi Natidja 

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