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Grève dans le transport en commun à Ndzuani : Le syndicat peine à mobiliser ses hommes

Grève dans le transport en commun à Ndzuani : Le syndicat peine à mobiliser ses hommesDepuis le milieu de la semaine dernière, le syndicat des chauffeurs du transport en commun de Ndzuani tente de mobiliser les usagers de la route pour faire grève. Il s’oppose au paiement de la vignette et de la taxe diesel, dont la collecte a repris avec fermeté depuis le lundi dernier.

Selon Saïd Ahmed, le président dudit syndicat, les autorités anjouanaises piétinent l’accord conclu ensemble au sujet du paiement de ces taxes, d’où le mécontentement des syndiqués.

“L’on s’est entendu avec l’exécutif de l’île de collecter ensemble la vignette et la taxe diesel, de placer les recettes dans un compte, et d’en faire les retraits ensemble, après avoir décidé qui va entretenir la route, à l’endroit où elle est endommagée. Car c’est avant tout à cela que doit servir cet argent. Mais depuis que nous avons conclu ce protocole d’accord, il nous fait tourner en rond. Et hier, les percepteurs sont brusquement descendus sur la route pour nous exiger le paiement de ces taxes”, avait-il confié, le mardi dernier. Il avait ajouté que ses confrères avaient été “très irrités” par cette décision, et qu’ils se concertaient déjà pour savoir s’ils devaient ou pas déclencher une grève.
Le lendemain, la grève a en effet été décidée. Un agent de la direction régionale des impôts a d’ailleurs précipité son déclenchement, en agressant physiquement le leader syndical, lorsque ce dernier avait, semble-t-il, voulu intercéder en faveur de quelques-uns de ses camarades, mobilisés par le fisc.
Cette grogne des transporteurs en commun a toutefois un succès limité.

Peu suivi le jeudi et le vendredi, l’appel à l’arrêt de travail avait été plus insistant le samedi, mais à Mutsamudu les taxis urbains n’avaient pas cessé de circuler, de même que certains bus du transport rural. A Sima, par exemple, le jeune taximan qui nous conduisait clandestinement (il avait enlevé le dispositif lumineux du toit) à Mutsamudu samedi matin, a eu droit à ce sermon : “on te voit ! Et ce que tu fais là ne t’honore pas !”, lui a lancé l’un des syndiqués qui s’étaient mis au travers de la voie pour pointer les “traîtres”. Mais quelques minutes plus tard, hors de leur portée, à lui de ronchonner : “vous voyez ce type-là même qui me reprochait de conduire ma voiture, il a donné la sienne à son frère ainé pour continuer à travailler à Mutsamudu aujourd’hui, pendant qu’il fait le malin avec les autres à Sima.”

Avant, il était facile pour Saïd Ahmed de mobiliser ses hommes : l’appel à la grève d’octobre 2015, puis celui d’août 2015, avaient fait mouche. Mais actuellement, c’est apparemment plus compliqué. Il s’avère en fait que plusieurs chauffeurs s’étaient déjà acquittés de leurs droits avant cette nouvelle descente du fisc sur la route, et ne voient donc plus l’utilité de faire grève.

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