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Humeur/ Kamal Eddine Saindou: « Le pays navigue à vue et la promesse démocratique n’a plus de béquilles pour tenir »*

Bureau de la banque postale (SNPSF) à Moroni

J’avais pris la résolution de ne plus parler de mon pays sur Facebook. Mais lorsqu’on est inondé de conneries, une petite entorse de temps en temps, ne fait pas de mal. 

Il ne se passe pas un jour sans que des révélations de détournements d’argent public avérés ou faisant l’objet d’investigations [Comores-télécoms, SNPSF (il semble que ça va mieux depuis un certain temps), Semlex et maintenant la Caisse de retraite… etc) ] arrivent sur la place publique. Que des scandales mêlant des hommes politiques et frisant l’irresponsabilité ou la jouissance infantile du pouvoir, comme cette sortie d’un député sur l’organisation de surprises party dans les bureaux de l’Assemblée nationale, ne heurtent nos petites sensibilités. Ou encore que des discours ampoulés sur une insécurité méritant de déclencher l’alerte rouge donnent l’impression que le pays est en éruption. (NON SEULEMENT C’EST DESAGREABLE MAIS CA FRISE LA PARANOÏA).

Dans la série, l’on pourrait y ajouter cette querelle de nomination au poste de directeur des Travaux publics à Anjouan. Un litige local qui prend des allures de la grande affaire politique de la rentrée entre le gouvernement de l’Union et le gouvernorat de l’île, alors qu’il relève du tribunal administratif ou à défaut de la Cour constitutionnelle, s’il est question de divergences d’interprétation de la loi. Le premier n’existe pas, la seconde est placée sous anesthésie.

Quel message ces comportements mafieux d’un côté, immoraux et non respectueux des lois et procédures de l’autre, renvoient-ils à la Nation ? Que doit penser la majorité des Comoriens qui triment matin et soir pour tenter de joindre les deux bouts de cette insatiété de la tribu d’élus et de vizirs qui règnent sur la politique et sur les sociétés publiques ? Que pensent ces présumés voleurs de chèvres qui hument le sol frais des prisons lorsque des présumés gros prédateurs se la coulent douce. Entre les bras raccourcis et ceux qui ont les bras longs, les gueux qui prennent pour se nourrir (attention je ne les plains pas) et les cols blancs pleins les poches, lesquels méritent la sévérité des lois de la société?

Bref, rien de sain dans tout cela. Sinon que derrière le verbe, le pays navigue à vue et la promesse démocratique n’a plus de béquilles pour tenir. Pas de Cour constitutionnelle pour veiller sur ceux qui décident, pas d’instance administrative pour rappeler à l’ordre, une assemblée nationale qui s’amuse si les députés ne s’étripent pour leur compte, des amateurs qui prétendent faire en deux jours le bilan de 42 ans de vie (c’est inédit et proche de la médiocratie). Il est temps que je me taise de nouveau et laisser le pays bavarder. TSI NYANGU BO MGU

*Le titre et la photo ont été sélectionnés  par nous.

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