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Ibrahim Ali Mzimba, Bâtonnier du Barreau de Moroni

Ibrahim Ali Mzimba, Bâtonnier du Barreau de Moroni

Faut-il y déceler une quelconque signification politique?

Par ARM

       Un homme très sûr de lui-même, cet Ibrahim Ali Mzimba-là. De passage en France en décembre 2016 et janvier 2017, il avait confié à ses proches à Paris: «Maître Harmia Ahmed fait du bon travail à la tête du Barreau de Moroni. Mais, ne serait-il pas temps d’organiser la relève? Je vais être l’homme de cette relève, et je compte le faire sans la moindre interférence politique. Politiser l’élection à la tête du Barreau de Moroni ne serait pas un signal positif envoyé au peuple. Je me faire élire Bâtonnier pour y apporter les évolutions juridiques et institutionnelles qui s’imposent. Notre système judiciaire en a besoin pour sortir de la sclérose institutionnelle». Finalement, ce mercredi 26 avril 2017, Maître Ibrahim Ali Mzimba, l’emblématique enfant de Dembeni, au Sud de la Grande-Comore, a été élu Bâtonnier du Barreau de Moroni, en réalisant un score très honorable: 92% des voix. Autant dire que 25 des 36 avocats du Barreau de Moroni (79,44%) ont pris part au vote. Il sera donc impossible de dévaloriser l’élection de l’enfant du Mbadjini, qui succède à une fille du Mbadjini.

       Pour comprendre les nouvelles responsabilités de Maître Ibrahim Ali Mzimba, il faudrait sans doute jeter un coup d’œil à la loi portant organisation de la profession d’avocat en Union des Comores, adoptée le 23 juin 2008. L’article 31 de cette loi dispose que «l’Ordre des avocats est administré par un Conseil de l’Ordre présidé par le Bâtonnier». Pour sa part, l’article 40 de cette loi nous apprend que «le Bâtonnier représente l’Ordre dans tous les actes de la vie civile». En d’autres termes, le Bâtonnier est le chef des avocats inscrits à un Barreau déterminé, préside donc l’Ordre des Avocats et représente ses membres. Il assume de lourdes responsabilités, notamment et surtout sur le plan éthique et déontologique.

Aujourd’hui, il est attendu de Maître Ibrahim Ali Mzimba une seule chose: mettre de l’ordre dans la profession d’avocat aux Comores. Cette profession est devenue un foutoir dans lequel n’importe quel titulaire d’une Licence, Maîtrise, DÉA ou Master en Droit s’autoproclame «avocat», alors que les dispositions de l’article 14 de la loi précitée sont d’une limpidité d’eau de roche: «Il est institué un Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA). Nul ne peut exercer la profession d’avocat s’il n’est titulaire du CAPA. L’organisation de l’examen en vue de l’obtention du certificat d’aptitude à la profession d’avocat est fixée par arrêté du Ministre chargé de la justice, Garde des sceaux pris sur proposition du Conseil de l’Ordre. À titre transitoire et jusqu’à la réalisation des dispositions prévues à l’alinéa précédent, un examen d’aptitude au stage est organisé par les soins du Ministère de la Justice Garde des Sceaux au début de l’année judiciaire dans les conditions fixées par décret du Président de l’Union».

Or, les avocats qui ont le CAPA et qui exercent aux Comores peuvent se compter sur la moitié des doigts d’une seule main. Qu’on se le dise! Et c’est la raison pour laquelle le métier d’avocat est dévoyé, avili et sali aux Comores. D’ailleurs, il y a même des «avocats» dont le niveau d’études se limite à un DEUG (Bac + 2) et qui font un usage surabondant de faux diplômes, alors que tout le monde sait ce qu’il en est. Ces faussaires doivent être chassés de l’Ordre des Avocats et ce d’autant plus qu’ils constituent la «crème» des corrupteurs qui ont entièrement avili la fonction d’avocat aux Comores. Incapables de la moindre argumentation juridique, ils «gagnent» leurs procès en «s’arrangeant» avec des juges véreux, incompétents et corrompus. Ces voleurs ont tué le système judiciaire comorien. Ce sont des criminels.

Plus grave encore, la loi précitée, adoptée en 2008, parle de «titre transitoire», alors que ce dernier n’aurait dû dépasser 2 à 3 ans. Le ministère comorien de la Justice n’ayant pas le premier centime pour créer une École capable d’organiser une formation d’avocats, il faudra regarder du côté des Comoriens formés à l’étranger. Mais, cela n’est pas fait. Chaque jour, on tue la Justice comorienne par des Procureurs fantoches, des juges sans formation et des «avocats» bruyants mais dont certains sont des faussaires notoires disposant de diplômes obtenus sur un scanner et une photocopieuse à l’encre illisible. Après, on s’étonne de la médiocrité du système judiciaire comorien, noyé dans la corruption et l’incompétence.

Donc, Maître Ibrahim Ali Mzimba est élu Bâtonnier du Barreau de Moroni. Quand, en décembre 2016 et janvier 2017, il expliquait à son cercle parisien qu’il allait se présenter à la succession de Maître Harmia Ahmed, il avait fallu lui poser les questions qui fâchent: «Récemment, tu as été vu et photographié aux côtés d’Azali Assoumani, que tu as même reçu sur tes terres à Dembeni. Ne crois-tu pas que si tu es élu à la tête du Barreau de Moroni, la chose risque de prendre une tournure politicienne? Tu es du Sud de la Grande-Comore, alors que Bellou se présente comme le chouchou d’Azali Assoumani dans la région, pendant qu’Ibrahima Hissani Mfoihaya pose un regard de propriétaire sur la région et sur son chef, et alors qu’Abdou Soeufou, ancien de la CRC d’Azali Assoumani et transfuge du RADHI, ne veut voir personne autour de sa coqueluche, artificiellement perdue le 24 mai 2014. Ça fait quand même trop de gens du Sud dont chacun se présente en chouchou du propriétaire de Beït-Salam. Comment tous ces sudistes allez-vous cohabiter sans vous entretuer?».

À ces questions, Maître Ibrahim Ali Mzimba répond: «Depuis la fin du régime politique du Président Mohamed Taki Abdoulkarim, le 6 novembre 1998, et si je fais abstraction de mon mandat de Député de 2009 à 2014, je n’ai pas occupé un emploi public. Pourtant, je n’en suis pas mort. Dans l’état actuel des choses, je ne m’occupe que des choses qui peuvent favoriser les intérêts du pays, qu’il s’agisse d’investissements directs étrangers ou d’autres dossiers. Comme nous ne sommes pas en période électorale, je n’entre pas dans des querelles politiciennes. Ces querelles sont stériles et improductives. Je ne m’intéresse qu’à des choses utiles. Je suis au courant des bagarres des gens du Sud de la Grande-Comore à Beït-Salam. Mais, en aucune manière, je ne suis concerné par ces choses-là. Moi, je suis dans un domaine purement juridique et donc technique, domaine dans lequel il n’y a aucune place pour les mesquineries politiciennes et pour les gens qui les affectionnent. Les chicanes politiciennes, je les laisse à ceux qui n’ont que ça pour exister sur la sphère publique. En période électorale, nous parlerons élections mais, pour l’instant, nous parlons de l’intérêt supérieur de la nation, notamment à travers l’assainissement du système judiciaire».

En tout état de cause, aux Comores, rien ne se fera dans des conditions normales tant que l’appareil judiciaire n’est pas nettoyé pour y chasser les Procureurs qui n’ont jamais fait du Droit privé et qui n’ont aucun diplôme approprié, les juges corrompus et incompétents, et les «avocats» dont le niveau se limite à un DEUG et à des papiers fabriqués sur un scanner et une photocopieuse. Certains de ces «diplômes» sont tellement pathétiques qu’ils sont illisibles et comportent des noms d’Écoles tout à fait fantaisistes. Si je les publiais, la République allait sauter 7 fois. J’en ai certains sous le coude. Certains pays refusent désormais de former des magistrats comoriens et d’autres conditionnent cette formation à la multiplication par deux des années d’apprentissage. On se souvient de l’avocate du «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani qui, en 2016, étalait sur la place publique son incompétence, en commentant crânement un Code électoral qu’elle n’a jamais vu, ni lu. C’est aussi, ça, les «juristes» comoriens: ils se lancent sur des exégèses relatives à des sujets qu’ils ne maîtrisent pas. C’est touchant et très émouvant. Même le fugitif international Hamada Madi Boléro, qui n’a jamais fait du Droit privé, s’était haineusement invité sur un dossier judiciaire, qu’il n’a jamais vu, et parlait dans le vide. Il l’avait fait à l’Institut Jean-Jaurès de Paris, se ridiculisant à vie.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 29 avril 2017.

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