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Ibrahim Mohamed dit Razida s’en prend à un criminel

Ibrahim Mohamed dit Razida s’en prend à un criminel

Il traite Saïd Abdallah Mchangama d’opportuniste «corrompu»

Par ARM

     Depuis que Saïd Abdallah Mchangama, le plus grand criminel comorien de tous les temps et prétendu Président de la prétendue «Fédération comorienne des Consommateurs» (FCC), trompe de nouveau les Comoriens en cherchant à faire oublier son passé de délinquant par la complaisance démagogique, il fallait que quelqu’un lui rentre dedans et lui dise que le peuple comorien n’est pas composé d’amnésiques oubliant toutes les saletés qu’il a laissées derrière lui après la triste «gendrocratie» chère à la présidence de Saïd Mohamed Djohar (1989-1995). Eh bien! C’est désormais chose faite parce qu’à la suite d’une saleté qu’il a eu le culot de publier sur les colonnes de La Gazette des Comores le jeudi 4 février 2016, Ibrahim Mohamed mondialement connu par le surnom de Razida (Photo), cadre de Comores Télécom, dont la timidité n’est pas le caractère dominant, a foncé sur lui avec la douceur et la discrétion d’un camion de sapeurs-pompiers. Et ça met du baume au cœur. Il l’a fait au cours d’une interview choc accordée à la même Gazette des Comores.

     C’est ainsi qu’à la question «quelle a été votre réaction lorsque que vous avez lu le papier de Mchangama, publié par La Gazette des Comores?», l’emblématique enfant de Moroni a vertement répondu par: «Critiquer est tout à fait normal, mais il faut que cela soit basé sur la réalité et prononcé par une personne exemplaire. J’ai lu l’article de M. Mchangama. Malgré tout le respect que je lui dois, j’estime qu’il se trompe. J’aimerais juste lui dire une chose: les Comoriens n’ont pas la mémoire courte. Ils se souviennent de tout». De cette réponse, nous tirons deux leçons: d’une part, Saïd Abdallah Mchangama n’est ni «une personne exemplaire», ni digne de donner des leçons, et d’autre part, dans la mesure où «les Comoriens n’ont pas la mémoire courte. Ils se souviennent de tout», et cela signifie que si une petite troupe danse autour de Saïd Abdallah Mchangama, les Comoriens dans leur immense majorité n’ont rien oublié des agissements criminels passés du «gendrocrate» en chef.

     Pour être plus explicite, Ibrahim Mohamed enfonce le clou dans les termes suivants: «Personnellement, je me demande ce qu’il a fait pour protéger les sociétés comoriennes quand il était ministre, Président de l’Assemblée nationale et récemment, Président des Maires de Ngazidja. Aujourd’hui, il a une association des consommateurs dont on ne connaît rien, ni son siège, ni les membres ou encore la durée de son mandat. Mohamed Saïd Mchangama est resté le seul Président de cette association. Jusqu’à quand? Par rapport à ce qu’il dit, il faut qu’il comprenne que quelle que soit la personne qui viendra investir dans le pays dans la communication, si le système reste tel quel avec notamment le manque de l’énergie, la société restera défaillante. Je n’ai pas non plus apprécié qu’un président d’une association de consommateurs fasse de la publicité gratuite à une société qui espère s’implanter ici. Qu’est-ce que ça signifie? Et pourquoi toute cette agitation?».

     Et quand on demande à Razida «Qu’est-ce que cela signifie selon vous? Qu’il a été corrompu?», l’enfant de Moroni n’hésite pas une seconde, et lance: «Bien sûr. Connaissez-vous un endroit où on fait de la pub gratuitement? Que je sache, personne ne prendrait jamais l’initiative de faire de la publicité à Comores Telecom sans contrepartie». Ibrahim Mohamed dit donc aux Comoriens que le corrompu Saïd Abdallah Mchangama est de nouveau corrompu, et cette fois par une société étrangère. Charmante mentalité. Et il rappelle une chose fondamentale sur un Saïd Abdallah Mchangama qui ne connaît rien en matière de nouvelles technologies des télécommunications: «Il me semble que Mchangama ignore ce qui se passe dans le monde. Aucun pays n’arrive à couvrir à 100% son territoire. Il y a toujours des zones d’ombre. À cause du manque d’énergie, nos groupes électrogènes tournent en permanence au lieu de ne servir qu’occasionnellement. Du coup, ils n’arrivent pas à fonctionner 24 heures sur 24. À l’heure où je vous parle, la France couvre autour de 80% de son territoire. Mchangama a demandé des expertises des étrangers. Il est complément perdu. Nous, on n’a jamais demandé l’expertise de qui que ce soit».

     On se souvient de la polémique qu’avait suscitée Saïd Abdallah Mchangama quand Comores Télécom avait coupé des services téléphoniques gratuits (Skype, Whatsappe et Viber), accusant l’entreprise publique de tous les maux de la Terre. Eh bien! D’autres États africains sont confrontés aux mêmes problèmes, le dernier en date étant l’Afrique du Sud. Ce sont les mêmes problèmes et ils se règlent de manière responsable et non dans le tapage démagogique à la Saïd Abdallah Mchangama.

   Pourtant, il ne faut s’étonner de rien. Saïd Abdallah Mchangama se moque visiblement des consommateurs, mais, pour comprendre ses manœuvres mafieuses, il faut remonter à l’époque de ses crimes, aux temps de la «gendrocratie». Et sur cet individu, trop de choses sales ont été dites et écrites, et on n’y décèle aucun mensonge: Selon Mireille Duteil, «au centre de la poudrière comorienne, un homme: Mohamed Mchangama, gendre du chef de l’État et actuel président de l’Assemblée nationale. Il est l’homme fort de l’“archipel aux parfums”. Rentré aux Comores dans les bagages de Mohamed Taki, principal opposant à Djohar, lors de l’élection présidentielle de 1990, Mchangama quitte Taki pour le nouveau chef de l’État après la victoire de ce dernier. Il va épouser la fille aînée du président, sa préférée, Lili. Impliquée en Europe dans une escroquerie internationale à l’assurance-crédit, Mchangama est nommé… ministre de l’Économie et des Finances. Ce qui lui permet de mettre sur pied de nombreux trafics juteux. Au printemps 1992, le gouvernement de Moroni servira d’intermédiaire pour la livraison d’armes à une faction somalienne. “Faux passeports, blanchiment d’argent sale: Mchangama est dans tous les coups”, confirme un haut fonctionnaire français. Il va aussi, ce qui est politiquement grave, devenir le relais, dans l’archipel, de la République islamique d’Iran. En novembre [1993], une perquisition dans les milieux islamistes de France a permis de découvrir des documents prouvant que des fonds iraniens à destination du FIS algérien passaient par la Banque internationale des Comores, à Moroni. Si Mchangama fait la pluie et le beau temps, c’est qu’il s’est acheté la complicité de son président de beau-père, sur lequel il exerce un chantage grâce, paraît-il, à une sordide affaire de mœurs. […]. À Paris, on affirme qu’il n’est pas question de le voir s’installer à la présidence»: Mireille Duteil: Scoop. Poudrière comorienne, Le Point n°1120, Paris, 5 mars 1994, p. 21.

   Sur ordre de Saïd Abdallah Mchangama, «environ 160 jeunes Comoriens sont partis étudier en Iran. Sur place, ils sont pris en charge par le Front islamique de Libération des Comores. Quelques dizaines d’entre eux ont été envoyés en Afghanistan se battre aux côtés des moudjahidin. Certains sont rentrés au pays, une douzaine sont en Algérie, intégrés au sein du GIA (Groupe islamique armé), auteur d’attentats antifrançais […]»: M. Duteil: Scoop. Poudrière comorienne, op. cit., p. 21. Le terroriste international comorien Fazul Abdullah Mohamed avait emprunté cette filière, et Oussama Ben Laden, avant de mourir sous des balles états-uniennes, avait eu une pensée attendrie et de gratitude pour Saïd Abdallah Mchangama, pour ses magnifiques cadeaux humains.

   Saïd Abdallah Mchangama est également coupable des méfaits suivants: «Escroquerie internationale à l’assurance-crédit», «livraison d’armes à une faction somalienne», «faux passeports, blanchiment d’argent sale», «relais de la République islamique d’Iran», complicité avec le Front islamique du Salut (FIS) et le GIA d’Algérie, «chantage» sur le Président Saïd Mohamed Djohar. Ajoutons «de multiples autres trafics, […] un chantage sordide concernant une affaire de mœurs». Et, «impliqué dans une escroquerie internationale à l’assurance-crédit et de multiples autres trafics, Mchangama doit à tout prix, pour échapper à un mandat d’arrêt international, conserver sa “couverture” diplomatique en maintenant en place l’actuel chef de l’État, qu’il tient grâce à un chantage sordide concernant une affaire de mœurs»: Thierry Vincent: Comores. Mascarade électorale, Jeune Afrique n°1722, Paris, 6-13 janvier 1994, p. 10. Il y a aussi son statut d’espion pour un pays étranger: «Dans son édition du 19 novembre [1991], le journal parisien France-Minute publie que M. Mohamed Saïd Mchangama, notre ministre des Finances, est un agent des services secrets israéliens appelés Mossad. L’information provient d’un télex émanant du lieutenant-colonel Da Silva (coopérant français à Moroni) […]»: Psychométrie. Négative: Saïd Mchangama, L’Unité n°1, Moroni, 7 décembre 1991, p. 7. Et il y a aussi l’immense escroquerie internationale appelée «Affaire Intertrade», portant sur un immense trafic de matériel de travaux publics d’origine italienne et pour laquelle les Comores ont remboursé 30 milliards de francs comoriens, par la faute de Saïd Abdallah Mchangama.

     Saïd Abdallah Mchangama, surnommé «Raspoutine» sous la «gendrocratie», était celui à qui «on lui prête des pouvoirs exorbitants et de faire et de défaire les hommes. Ce qui lui vaut de solides rancœurs. […]. Ses adversaires le qualifient d’aventurier»: Mohamed Hassani et Ali Moindjié: Le conseiller spécial du président à cœur ouvert, Al-Watwany n°172, Moroni, 24-30 août 1991, p. 16. La lecture continue: «Mchangama est considéré comme un redoutable affairiste […]. Quelques années plus tard, il s’est installé au Danemark où il a monté successivement plusieurs affaires qui ont fait faillite, d’où quelques sérieux ennuis avec la justice»: Regard de la presse étrangère, Miandi n°24, Moroni, 16-30 septembre 1991, p. 4.

     Et c’est cet homme au passé criminel qui donne des leçons aux Comoriens. Pourtant, en 2013, ses amis le désignaient comme le futur Président des Comores, lui le plus grand criminel comorien de tous les temps. Et voici ce qui était écrit en 2013 par ses amis: «Qui aurait pu imaginer que l’homme de l’affaire “Intertrade” peut refaire surface, au point de devenir l’homme providentiel parmi les siens? À trois ans des élections présidentielles dont le tour des candidatures arrive à la Grande-Comore, tout semble bien joué d’avance. L’ancien président de l’Assemblée nationale des Comores, Mohamed Saïd Abdallah Mchangama, fait l’unanimité au sein de la classe politique comorienne. Tout cela après une enquête menée par le très respectueux organe de sondage africain STATISTAF, montrant que plus de 75% de la population est prêt à voter pour cet ancien homme politique reconverti en homme des associations». Et pourquoi «l’homme providentiel», celui pour qui «75% de la population est prêt à voter» ne s’est pas présenté aux élections pour cueillir le fruit présidentiel tout mûr et prêt à être mangé? Et si on cessait d’enfumer les Comoriens? En tout cas, Razida a très bien fait de recadrer les choses avec le plus grand criminel comorien de tous les temps.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 17 février 2016.

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