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Ikililou n'a plus qu'une fenêtre de tir pour se réconcilier avec les comorien…

IKILILOU N’A PLUS QU’UNE FENÊTRE DE TIR POUR SE RÉCONCILIER AVEC LES COMORIENS…
Rien n’indiquait que le petit pharmacien de Djoézi allait occuper la charge suprême du pays et pourtant son arrivée au pouvoir n’a rien de surprenant. C’est une histoire de pacte politique et moral entre le peuple qui a majoritairement choisi la continuité à la politique d’A.A.M.Sambi en 2010 et l’homme qui s’est engagé à honorer, à défendre celle-ci…
Personne ne pouvait imaginer que cette histoire allait tourner court aussi vite. Lors de son discours d’investiture, l’homme qui n’a jamais su habiter la fonction présidentielle tout en étant grassement à la charge du pays, commet l’irréparable : il demande la compréhension de ses électeurs à l’égard de l’ouverture politique qu’il attendait initier comme si cela constituait une urgence. Cette politique d’ouverture érigée au rang de première priorité était d’autant plus incompréhensible qu’en ce début de mandature, Ikililou avait le soutien et la sympathie de son électorat, et de la population, et il pouvait aussi compter sur une assemblée nationale prête à travailler avec lui.
En réalité, Ikiliou a été victime d’une manipulation d’une partie de son camp et de l’opposition qui avait combattu son élection.
Le camp de Nourdine Bourhane et de Mohamed Ali Soilih alias Mamadou sous des faux airs de courtisans l’a manipulé dans le sens de la nécessité de s’émanciper de la prétendue tutelle des sambistes, et la tâche était d’autant plus aisée que l’homme sans épaisseur psychologique traîne un complexe d’infériorité qu’il cherche à exorciser en toute circonstance.
Ikiliou adore le miroir, comme le confie un des ses vices présidents, et les gens de l’opposition et les opportunistes de tous poils n’étaient pas en reste pour le faire fonctionner à plein régime… Tout cela a comme effet de priver Ikililou de la faculté de disposer d’une personnalité politique, d’une étoffe présidentielle lui permettant de penser sereinement à ses engagements électoraux, de soigner le lien indispensable avec ses concitoyens. Un collaborateur ironisant sur le vide au sommet de l’Etat dit : la méthode de gouvernance d’Ikililou se résume dans cette formule surtout pas de vague, l’entente à tout va avec les vices présidents et les gouverneurs constitue la principale priorité de son action gouvernementale. Des hommes aux intérêts aussi divergents que mesquins qui éloignent Ikililou des attentes à l’origine de son élection.

Malheureusement le clan familial ne lui a pas rendu non plus service que ces hommes qui l’ont plus utilisé pour des intérêts obscurs et personnels.

La nomination de Boléro perçue bizarrement par le clan familial comme un rempart contre les méchants loups de Grande Comore et d’Anjouan en la personne de Nourdine Bourhane et de Mohamed Soilih n’est donc pas une valeur ajoutée. Un de ces deux méchants loups confiait : il y a des équilibres établis dans le camp du pouvoir et le roublard Boléro que les comoriens considèrent à juste titre comme le traître de la nation n’y peut rien… Cette nomination a eu un effet contre productif : elle a confirmé aux yeux des comoriens l’amateurisme politique et l’incapacité du petit pharmacien de Djoiézi d’intégrer le caractère sacré du suffrage universel, mais surtout elle a apporté une dimension clanique, familiale, insulaire à son pouvoir qui a contribué à étendre le champ de ses opposants, à discréditer celui-ci de façon totale et irrémédiable. 
Les théoriciens du miroir ont entretenu Ikililou dans l’illusion d’un conflit personnel entre A.A.M.Sambi et lui, et ont soigneusement évité que le petit pharmacien ait la possibilité de comprendre les enjeux réels de la situation. En faisant d’A.A.M.Sambi, le nœud de son problème, Ikililou a raté sa mandature. Il aurait pu juste considérer qu’A.A.M.Sambi est dans son rôle d’opposant moderne et loyal, et n’y voir aucune velléité de déstabilisation de son pouvoir. En dehors du miroir, le problème d’Ikililou, c’est le problème d’un pouvoir qui n’a pas hésité à se couper de sa base en démocratie en pensant qu’elle peut impunément trahir celle-ci. 
C’est le détournement du suffrage universel dont il est coupable au profit des hommes retoqués par les urnes démocratiques. Comment Ikililou peut-il se faire manipuler au point de ne pas comprendre que c’est une faute politique grave, une trahison inconcevable de laisser Boléro initier la politique nationale derrière son ombre alors que les idées de cet homme sont rejetées par la population. Faut-il rappeler que déjà chez lui à Mohéli, Boléro fait un piètre score en étant classé 8ème sur neuf candidats aux primaires de 2010. C’est une approche du pouvoir antidémocratique de la part du cousin d’école coranique de Boléro, indigne d’un homme d’Etat que de banaliser ainsi la confiance des comoriens ! C’est un vrai coup d’Etat qui ne dit pas son nom patronné par Ikililou manifestement pas très au fait du principe du fonctionnement démocratique d’un Etat nonobstant son titre de doctorant.

Il faut dire aussi que l’influence négative de celle qui se fait pompeusement appeler Première Dame sans statut constitutionnel et sans aucun respect des règles de l’Etat n’a en aucun moment permis à Ikililou de prendre la stature de chef d’Etat. Il est resté un homme de paille et un président folklorique.

De mémoire de comorien, c’est le pire président que le pays ait connu… Un ancien premier ministre disait : je pensais qu’après Mohamed Abdoulkarim Taki, les Comores n’allaient pas connaître pire ! Mais là, il s’est fait démentir par l’histoire.

Ikililou, sous les dehors de stylisation de pouvoir, a été victime de manipulation. Les comoriens lui avait confié la mission simple de porter, d’entretenir une espérance. Il a choisi sous les conseils de Mamadou et Binetta d’entrer dans une logique de gouvernement d’action. A quelques mois de la fin de sa mandature, à part une importante communication mensongère, le bilan est a accablant. Le manifeste du Mouvement du 11 août est éloquent : absence du sens et des règles de l’Etat, détérioration des conditions socio-économiques, démission face aux préoccupations de la population et affaiblissement de l’Etat, principal terreau du séparatisme, absence de perspectives, aucune lisibilité pour l’avenir, corruption généralisée, recul des droits et des libertés publiques. Comme Azaly, surpris des dégâts de son régime après avoir quitté le pouvoir, Ikililou n’échappera pas à la loi du genre, mais en pire quand il descendra de sa bulle.

En effet ce que le petit pharmacien ne doit pas ignorer, c’est que le putschiste, le mal aimé des politiques comoriens n’a pas autant déçu que lui. La haine n’engendre pas plus de haine. C’est l’amour, la confiance trahies qui virent à plus de haine et d’hostilité. Ikililou se fourvoie totalement en pensant que le problème Ikililou est un problème d’homme à homme. Le problème Ikililou est un problème avec l’histoire, avec la conscience collective des Comores et il serait suicidaire de penser que vis-à-vis de ces deux paramètres il dispose d’une marge.

De sources bien informées, Ikililou sans doute toujours victime de la manipulation, dit son opposition à la candidature d’A.A.M.Sambi en 2016 et assure tout faire pour la rendre impossible. Notre homme est-t-il toujours dans sa bulle, dans l’ambiance du folklore présidentiel au point de croire à une toute-puissance éternelle quand son pouvoir file en lambeaux, de penser que sa volonté seule peut transcender les lois, les règles et les procédures en cours dans notre pays ?

Il est clair que l’homme d’Etat qu’il se prétend doit être un bon météorologue, un homme capable de lire les situations et d’agir en conséquence. A quelques mois de la fin d’une mandature foireuse et calamiteuse, il est difficile de croire qu’Ikililou soit dans de telles dispositions d’esprit de commandeur alors que le Jour du peuple approche à grands pas.

Il semble que la préoccupation d’Ikililou soit son destin personnel. Mais pourquoi se poser de telles questions si sa conscience le convainc du devoir accompli ? Dans tous les cas, en dépit de sa légèreté d’esprit, Ikililou est bien conscient de son impopularité, de la désillusion, de la désespérance qu’il a apportées aux comoriens. Son autisme doit avoir des limites et il a à choisir entre deux voies. 

Va-t-il continuer à faire confiance à ceux qui l’ont manipulé, induit en erreur, et céder encore à leurs sirènes, a-t-il le cran de les suivre dans leurs méthodes aventurières ou va-t-il enfin prendre conscience que c’est la voix du peuple qui est juste et prépondérante, chercher à la suivre, s’y soumettre, à l’accompagner pour se réconcilier avec elle ? Les mois qui suivent constituent la dernière fenêtre de tir pour Ikililou. Il doit avoir la faculté d’écouter ce qui sourd dans les tréfonds du pays au lieu de se laisser envahir par les grivoiseries des courtisans et de ceux qui cherchent à l’utiliser, et qui n’hésiteront pas à l’abandonner à son triste sort si la confrontation avec le peuple leur échappe.

AHMED Bourhane

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