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Il y a un an, le Pacte d’acier et le Yalta des Comores

Il y a un an, le Pacte d’acier et le Yalta des Comores

Azali Assoumani et Ahmed Sambi, «alliés circonstanciels»

Par ARM

     Le 26 septembre 2016, dégoûtés et au bord de l’évanouissement et du vomissement, les Comoriens découvraient que le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani et Ahmed Sambi se moquaient d’eux avec un cynisme à faire peur au diable lui-même. Ils venaient de découvrir que le 1er avril 2016, les deux individus avaient conclu un accord tellement secret qu’il finit sur l’espace public et que si ce chiffon avait été gardé secret jusqu’à son 25ème jour, c’est parce qu’il est abject et satanique. Par cet accord, les deux individus ont fait des Comores leur chose, à vie. Il ne manque qu’une signature à ce morceau de papier honteux, celle d’Ikililou Dhoinine, le chef des Mohéliens de «Bête-Salam» de sinistre mémoire. D’ailleurs, on dit qu’en vertu des accords conclus dans la cuisine de «Bête-Salam» aux temps des Mohéliens, la cheffe des Mohéliens de «Bête-Salam» s’apprête à entrer au gouvernement à la suite du remaniement qui est en l’air depuis que le «saigneur» Azali Assoumani a admis que son régime politique est un échec patent, lamentable et définitif.

     Il est très utile de revenir sur cet accord diabolique parce que son contenu est une honte pour tous ceux qui avaient espéré que l’élection présidentielle de 2016 allait être un modèle de démocratie, avant le dévoiement opéré par les Mohéliens de «Bête-Salam», avec à leur tête le fugitif international Hamada Madi Boléro qui, après avoir constaté l’étendue de ses dégâts et la maladresse de ses méthodes mafieuses – un bon spécialiste de la fraude électorale opère toujours en amont des scrutins et jamais en aval –, avait pris la fuite vers l’île Maurice et la France, d’où il tirait les ficelles. Auparavant, toute honte bue, il avait brûlé quelques feuilles de papier devant la porte de son hacienda de Malouzini et avait mis en scène une «tentative d’incendie» devant justifier sa fugue internationale.

Que lisons-nous dans le Pacte d’acier comorien du 1er avril 2016, dont les articles 1 à 4 ont disparu, même si les articles 5 à 10, accessibles au public, sont largement suffisants pour soulever le dégoût et la réprobation? Nous lisons ceci: «5.- Le Colonel Azali Assoumani s’engage à ouvrir une enquête contre l’exécutif pour auditer les comptes publics de l’État et surtout les dons extérieurs, notamment la gestion de la manne financière octroyée à l’Union des Comores par le Royaume de l’Arabie Saoudite. Il s’engage à relancer les projets issus de la conférence de Doha de mars 2010 sur l’investissement aux Comores.

     6.- Il s’engage à soutenir un candidat Juwa à l’élection primaire de 2021 dans l’île d’Anjouan et à faire campagne au profit du candidat Juwa à l’élection des Gouverneurs de l’île autonome de Ngazidja en 2021.

     7.- Il s’engage à attribuer un portefeuille ministériel régalien au parti Juwa ainsi que deux Directions générales des sociétés d’État stratégiques.

     8.- Il s’engage à rétablir les relations diplomatiques entre l’Union des Comores et la Répub-lique islamique d’Iran dans les 10 mois qui suivront son investiture.

     9.- De son côté, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi s’engage à soutenir le candidat Azali Assoumani à l’élection générale du 10 avril prochain et à faire campagne à ses côtés sur l’ensemble du territoire national.

     10.- Un Comité de suivi commun sera mis en place autant que besoin pour faire le suivi et assurer la mise en œuvre effective des termes du présent protocole d’accord.

     Moroni, le 1er avril 2016.

     Signé: Azali Assoumani

     Signé: Fahmi Saïd Ibrahim

     Signé: Ahmed Abdallah Mohamed Sambi».

S’étant caché pour se livrer à cet exercice honteux, Ahmed Sambi avait déclenché la colère même des plus fidèles de ses partisans, parmi lesquels l’ancien ministre Ibrahima Mhoumadi Sidi, qui avait littéralement implosé, comme on peut le constater à la lumière du communiqué qu’il avait remis à la presse et sur lequel on lit notamment, s’agissant d’Ahmed Sambi: «Nous avons appris comme le commun des mortels la décision qu’il a prise par l’appel du 1er avril pour le ralliement à Azali. Pour ce qui est de cet appel du 1er avril, qui, j’espère, n’est pas un poisson d’avril, je l’ai ressenti comme une hache au dos. Pourquoi? Parce que je n’aurai jamais pensé qu’avec le haut degré de confiance entre mon président et moi, je serai un jour exclu de la prise d’une telle décision, surtout que je l’informais régulièrement de la situation et des positions. Je vous avoue que depuis 2009, je réponds à ses nombreux appels et exécute ses volontés. Mais au vu du contexte politique national, de la situation grave à l’intérieur du parti et des enjeux pour le pays et l’avenir de notre formation et de ses militants, je ne peux accepter un tel diktat.

     C’est pourquoi, je vous déclare solennellement ici et maintenant que pour cette fois, je dis non, car je ne l’ai pas compris et car cette décision contrarie profondément l’idée que je me suis fait de lui, il bouscule des principes d’équité et de probité politiques auxquels je suis très attaché. Et j’ajouterai qu’on ne se baigne jamais deux fois dans les mêmes eaux. Et des eaux bénites de la CRC, je m’en suis baigné et je m’en suis sorti avec des démangeaisons et des boutons. En conséquence, je déclare devant vous, journalistes et honorable assistance, qu’après avoir mûrement réfléchi, pesé les aspects positifs et négatifs de ma décision, moi, Ibrahima Mhoumadi Sidi, je rejoins entièrement le camp du candidat Mohamed Ali Soilihi pour son élection à la Présidence de l’Union des Comores».

Ce fut l’acte de décès du Parti Bidoche d’Ahmed Sambi. Pour sa part, le «ventriote» ventru, ventripotent et ventriloque Azali Assoumani croit manipuler l’Arabie Saoudite en se livrant à la chasse à l’Iran, alors qu’il a conclu avec ce pays des accords de dessous de table qui font froid au dos. En effet, quelques jours après la conclusion du Pacte d’acier comorien, plus précisément le jeudi 21 avril 2016, le site Internet www.mondafrique.com mettait les Comoriens en garde contre l’accord liant les deux individus: «Aux Comores, archipel de trois îles à l’ouest de Mayotte, les résultats provisoires des élections doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle. Mais les milieux diplomatiques français s’inquiètent déjà des conséquences du scrutin sur l’exploitation des possibles ressources pétrolières et gazières du pays. Depuis 2013, le potentiel en hydrocarbures des Comores suscite en effet les convoitises. “Des tests sismiques ont été effectués et la présence d’une roche-mère similaire à celle du Mozambique voisin a été identifiée” relève un connaisseur du dossier. Les premiers permis d’exploration ont été octroyés à des sociétés juniors en 2014.

   Désormais, plusieurs majors, dont le français Total, l’américain Exxon ou encore le brésilien Petrobras lorgnent sur ce trésor possible qui pourrait toutefois leur échapper. À travers “la Société nationale iranienne du pétrole” (SNIP), l’Iran bénéficie d’un allié de taille dans l’archipel. Formé à Téhéran, de confession chiite dans un pays sunnite à plus de 95%, Ahmed Abdallah Sambi, ex-chef d’État et […] allié du candidat Assoumani Azali déclaré vainqueur du scrutin par la CÉNI, pourrait faire la part belle aux intérêts iraniens dans l’archipel. Pour plusieurs observateurs, l’alliance entre ces deux hommes qui n’ont jamais été proches est d’ailleurs liée aux intérêts pétroliers. “C’est un partenariat de circonstance qui donne la garantie à Azzali que les Iraniens s’engageront dans l’affaire. Avec toutes les retombées économiques imaginables pour un chef d’État…” confie une source dans l’entourage de la présidence. De son côté, Azzali a noué depuis quelques années de solides relations avec la Chine. De quoi sérieusement préoccuper Paris».

Un article du même site www.mondafrique.com, du mercredi 18 mai 2016, fait apparaître d’autres horreurs sur l’alliance de circonstance entre Azali Assoumani et Ahmed Sambi: «Allié de l’Arabie saoudite au cœur de l’océan Indien, les Comores pourraient désormais tendre la main à l’Iran suite aux présidentielles qui ont consacré la victoire, début mai, non pas d’un, mais de deux anciens chefs d’État. Dix ans après la fin de sa présidence, le colonel Assoumani Azali, ex-putschiste qui a régné sur ce petit archipel de 750.000 habitants entre 2002 et 2006, fait son grand retour aux affaires, emportant dans ses bagages son principal bras droit durant la campagne, l’ex-chef d’État Ahmed Abdallah Sambi. Connu pour sa proximité avec les autorités de Téhéran, ce religieux formé en partie en Iran et surnommé “l’Ayatollah” par ses adversaires, avait aidé la grande puissance chiite à renforcer sa présence dans le pays sous sa présidence de 2006 à 2011.

   Les années Téhéran. Signe de ce réchauffement des relations entre Moroni et Téhéran, l’Iran avait ouvert sa propre ambassade dans la banlieue de la capitale comorienne en 2010. Un symbole de poids qui avait entraîné dans son sillage la création de plusieurs organismes alimentés par des capitaux iraniens. C’est le cas de la Fondation culturelle “Tybiane” dédiée notamment à la promotion de l’islam ou encore des centres médicaux du Croissant vert iranien qui dispensent des soins gratuits aux plus démunis. En 2010, l’organisation caritative “The Imam Khomeiny Relief Foundation”, qui met en place des activités de formation professionnelle, s’est par ailleurs installée dans un immeuble du nord de la capitale bâti, à l’origine, sur financement européen. VRP choyé de Téhéran, qui considère les Comores comme un tremplin stratégique vers l’Afrique australe et du sud, Sambi est rapidement récompensé pour ses loyaux services.

   Des subsides versés depuis l’Iran à travers la Société Anonyme de la Grande-Comore (SAGC), héritière d’une société coloniale française en charge de gérer les terres du pays, alimentent, pendant plusieurs années, la confortable fortune que se constitue l’ex-chef de l’État. À l’époque, l’opposition affirme que la formation de sa garde personnelle est en partie assurée par les “Pasdarans” iraniens. Enfin, lors de la dernière campagne électorale en 2016, des rumeurs circulent dans les cercles diplomatiques faisant état de l’envoi de financements depuis l’ambassade iranienne à Madagascar au profit du candidat Azali.

   Duel des titans. Clairement affiché, ce tropisme iranien irrite au plus haut point le pouvoir saoudien, qui se pensait en terre conquise dans cette petite République islamique composée à 99% de musulmans sunnites. La tension monte encore d’un cran lorsque Sambi décide de décorer l’émir du Qatar du Grand Croissant de l’Ordre du Croissant Vert des Comores à l’occasion de l’une de ses visites. Riyad, qui s’inquiète à l’époque de voir grossir l’influence de son voisin qatari, parrain des frères musulmans que les Saoudiens conspuent, prend ces honneurs pour une provocation.

   La monarchie ne restera froissée qu’un temps. L’arrivée au pouvoir du président Ikililou Dhoinine aux Comores ramène l’archipel dans le giron de Riyad. En parvenant à rembourser 80% des 55 millions de dollars de prêts versés par le Fonds saoudien de développement (FSD) à l’État comorien, les autorités du pays donnent des gages de bonne volonté. Progressivement, le vent tourne. En 2013, le royaume saoudien répond à l’influence iranienne en installant sa propre ambassade à Moroni avant de signer un accord de Défense avec l’État comorien. Célébrant la nouvelle entente avec l’archipel, Riyad accorde un don de 40 millions de dollars dont une partie sert à couvrir les arriérés de salaires des fonctionnaires comoriens. De quoi convaincre Moroni d’emboîter le pas aux Émirats arabes unis, au Bahreïn et au Soudan, qui rompent, à la suite de l’Arabie saoudite, les relations diplomatiques avec l’Iran en janvier 2016. Une décision motivée par l’attaque de plusieurs missions diplomatiques saoudiennes par des manifestants qui protestaient contre l’exécution du dignitaire religieux chiite saoudien, cheikh Nimr al-Baqer al-Nimr. Dans la foulée, l’ambassadeur iranien à Moroni est appelé par le ministère des Affaires étrangères comorien à “prendre toutes les dispositions appropriées pour quitter le territoire national dans les meilleurs délais”. Un temps rangé du côté des partenaires privilégiés des Comores, l’Iran est finalement mis hors-jeu. Porté à la tête de l’État le duo Azali-Sambi pourrait, à nouveau, renverser la donne».

Voilà où nous en sommes, même si on sait que «l’alliance circonstancielle de temps» est en train de voler en éclats.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 2 avril 2017.

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