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Indice de perception de la corruption : Les Comores 136e

Indice de perception de la corruption : Les Comores 136eLe rapport annuel de l’ONG allemande Transparency International établit un classement de 167 pays, du plus corrompu au plus vertueux, sur une échelle de 0 à 100. Pour établir son indice de perceptions de la corruption, Transparency rassemble des avis d’experts au sein d’organisations, telles que la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Fondation allemande Bertelsmann. L’indice de perception de la corruption (ou Corruption Perceptions Index CPI), qui ne mesure que les actes touchant le secteur public, s’appuie sur des données collectées par 12 organismes internationaux, parmi lesquels la Banque mondiale, la Banque africaine de développement ou encore le Forum économique mondial. Les pays obtenant une note élevée disposent souvent d’une administration transparente permettant aux citoyens de demander des comptes à leurs responsables. À l’inverse, une mauvaise note dénote un recours systématique à des pots-de-vin, l’absence de sanctions en cas de corruption et une inéquation entre les activités de l’administration et les besoins de la population. Dans ce dernier rapport de Transparence, les Comores passent de 142e place mondiale en 2014 à la 136e en 2015. En 2013, les Comores étaient placées à la 127eme place avec une note de 28/100.

Sur les 52 pays africains étudiés, 6 seulement ont obtenu une note supérieure ou égale à la moyenne (50 points).Le Botswana (28è rang à l’échelle mondiale) arrive à la première position sur le plan continental, avec un honorable score de 63 points. Le Cap Vert (40è au plan mondial) arrive en deuxième position à l’échelle africaine et gagne deux rangs par rapport à 2014. Viennent ensuite les Seychelles (40è à l’échelle mondiale), le Rwanda (44è), l’Ile Maurice (45è), la Namibie (45è), le Ghana (56è), le Lesotho (61è), le Sénégal (61è). L’Afrique du Sud (61è à l’échelle mondiale) ferme le Top 10 africain. Les Comores arrivent dans le classement africain à la 35e place.

Les iles du Cap vert, un archipel pauvre composé de 10 iles, d’environ 530 000 habitants, disposant d’une forte diaspora, qui avait des indicateurs similaires aux Comores dans les années 90 et qui acquis son indépendance en 1975 arrive en deuxième position à l’échelle africaine. Ce pays ne figure plus dans la liste des pays les moins avancés (PMA) des Nations-Unies depuis 2008. Le miracle économique de cet archipel, réside non pas sur la découverte des richesses naturelles, mais sur l’amélioration de sa gouvernance politique et économique. Le Cap-Vert d’aujourd’hui est bien différent de celui de 1975. Il n’a plus grand chose en commun avec le pays qui a acquis son indépendance en 1975 après 500 ans de colonisation. C’est à présent un pays à revenu intermédiaire. Pendant plus d’une décennie, il a connu l’une des croissances économiques les plus rapides du monde et il figure parmi les économies à plus forte croissance d’Afrique. Il se classe ainsi en 6e position sur les 17 pays d’Afrique sub-saharienne ayant enregistré les plus fortes croissances entre 1995 et 2007, avec un « taux de croissance de 7,2 % pour le PIB réel et de 5,1 % pour le PIB réel par habitant au cours de la période ». A méditer pour les candidats à l’élection présidentielle de cette année.

Le dossier 2011 de notre blog « Comores-droit » était consacré à la lutte contre la corruption engagée par le tout nouveau Président de le l’Union investi le 26 mai 2011 et qui avait placé parmi ses priorités la lutte contre la corruption. En effet, dans son discours d’investiture, Ikililou Dhoinine avait souligné « l’importance de mettre en œuvre, une lutte sans merci contre les pratiques du favoritisme et les passe-droits, sources de frustration et de découragement et de mettre en œuvre, une lutte implacable contre la corruption dont les effets contribuent à saper gravement le sens et le goût de l’effort ».

A l’occasion de la célébration de Journée Internationale de lutte contre la corruption célébrée le 20 décembre 2011 au palais du peuple à Moroni, le Président de l’Union des Comores, avait encore une fois réaffirmé dans son discours, sa volonté de lutter contre la corruption dans ce pays. Il avait rappelé les actions engagées depuis son investiture notamment la promulgation, de la loi relative à la transparence des activités publique, économique, financière et sociale de l’Union des Comores et de la mise en place nomination de la Commission Nationale de Prévention et de Lutte contre la Corruption. Ces actions traduisaient selon lui, sa volonté et sa détermination, d’assurer une meilleure gouvernance et une meilleure gestion des maigres ressources du pays et d’y enraciner la culture démocratique, le respect du bien public, l’obligation de résultats et la reddition des comptes. Il avait rappelé que le dispositif de lutte contre la corruption qui devrait être complété par d’autres mesures notamment, la nomination d’Inspecteurs généraux des Ministères, la nomination d’auditeurs internes ou la mise en place du système interne du Mécanisme africain de l’évaluation par les paires et l’assainissement des mesures de passation des marchés publiques.

Le Président de l’Union avait souligné que le rôle de Commission Nationale de Prévention et de Lutte contre la Corruption ne devrait pas se limiter à l’action d’enquête, de dispense de conseils mais elle devrait aussi œuvrer pour la surveillance et le suivi de la mise en œuvre de la politique de lutte contre la corruption. La Commission devrait mener des actions de sensibilisation envers la population et tous les publics, sur le danger que constitue la corruption afin d’engager tout le monde dans le combat. Pour tenir ces engagements, il avait déclaré que la corruption doit être éradiquée et la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion quotidienne des affaires publiques inscrites dans les pratiques et les mœurs. La corruption est un fléau qui n’épargne personne et dont les effets néfastes se font d’abord et surtout sentir sur les couches les plus pauvres de la population qui composent la majorité de nos concitoyens t avait-t-il ajouté.

Nous avons tous cru à ses bonnes intentions. Nous écrivions à l’époque que le discours prononcé le 20 décembre 2011 par Ikililou Dhoinine était un discours courageux, volontariste, pragmatique et animé d’une réelle volonté de venir à bout de ce fléau qui mine le développement de ce pays. Et nous avions accordé au nouveau Président une période d’adaptation et d’appropriation sur ce dossier brûlant et compliqué qu’est la corruption.

Mais à quelques mois de la fin de son mandat le 26 mai 2016, l’heure est au pessimisme et à la lassitude. La corruption a pris des proportions inquiétantes auprès de toute la couche de la population, notamment à jeunesse et elle risque de se renforcer si certains candidats à la prochaine élection présidentielle, au passé douteux accèdent à la magistrature suprême. Le pays est malheureusement aux mains d’une caste de corrompus qui ne s’encombre d’aucune espèce de morale pour piller avec outrance et cynisme les maigres ressources de l’Etat. Cette caste qui est connue de tous, est prête à tout pour faire gagner leurs candidats afin de préserver leurs privilèges.

A la population d’élire les candidats qui ne sont pas mêlés dans la gestion chaotique de notre pays au cours de ces 40 derniers années. Sinon, elle sera et continuera à être complice de la poursuite de la descente aux enfers du pays.

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