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Internet aux Comores : quand nos enfants sont exposés à tous les dangers

C’est une lourde entreprise, celle que je mène et veux réaliser, consistant à parler du danger potentiel auquel s’exposent les jeunes aux Comores. Elle est lourde cette entreprise lorsqu’on sait que si l’on décide de mener des sondages sur un public ciblé, notamment des jeunes, on sait davantage qu’on est heurté à d’énormes difficultés : les 9-16 ans sont des adeptes des réseaux sociaux et internet, ils se connectent librement aujourd’hui sur leurs téléphones sans aucune restriction, cela sans aucune mesure institutionnelle veillant aux risques qui s’enchaînent. Partout, aux Comores, dans les grandes villes comme à la campagne où le réseau wifi s’installe, on perçoit ces jeunes qui s’amassent pour se connecter avec des téléphones mobiles. La question qu’on peut se poser ? – Que cherchent et regardent-ils ces jeunes internautes ? – Le plus souvent, ce public reste connecté sur des réseaux sociaux comme Facebook mais aussi et surtout surfent librement sur des sites pornographiques. De cette galaxie virtuelle, ils s’identifient dans des contenus choquants mais dont ils se réjouissent eux-mêmes. C’est de ces contenus malsains qu’il est question dans ma sonnette d’alarme. Quelles mesures prendre pour sauver ces jeunes ? – Des questions !
Il est quand même incompréhensible, dans un pays où l’opérateur unique, épaulé et contrôlé intégralement par l’État (SNPCF), qui arrive à prendre des mesures immédiates et hâtives censurant les appels via Internet, de se rendre compte que l’accès à ces sites pornographiques soit librement accessibles. Pourquoi des mesures ne sont pas prises par l’État sur ce fléau ? Comment l’État soutient-il les décisions de l’unique opérateur téléphonique du pays bloquant les communications via viber et tralala et ferme-t-il les yeux sur ce phénomène qui embarque les jeunes Comoriens à la dérive ? Quel rôle des sociétés civiles comoriennes sur cette question ? Quel rôle doivent-ils jouer les parents dans un tel contexte ? Comment impliquer les communautés villageoises et urbaines dans une campagne de lutte contre le phénomène ? Comment les établissements scolaires, administratifs publics et privés se prennent dans une telle situation ? Quelles mesures prendre pour impliquer les services publics dans un combat contre cette débauche ? Quelle politique faut-elle mener, de la part des associations et qui devraient contribuer à la conscientisation des jeunes et des parents sur les risques encourus ? À un moment où le pays vient juste de découvrir Internet et que l’on commence à imaginer que les dérives de celui-ci se font immédiatement montrer, cela montre bien le vide du collectif mais aussi et surtout la démission institutionnelle et juridique. Or, les conséquences d’un tel phénomène, nous les connaissons.

Quelles conséquences ?

Ces jeunes tombent déjà dans une nouvelle débauche, ils se font violer par des adultes, les viols se multiplient, et c’est dans cette délinquance sexuelle que des générations vont aussi tomber tour à tour puisqu’elles en seront héritières. Cela est très grave, touche aux manières citoyennes de se conduire quotidiennement vis-à-vis des autres. Dans un pays où la croissance démographique est phénoménale, ce fait de voyeurisme sans précédent touche aux mœurs plus que jamais menacées.

Dans une Afrique en pleine mutation et dans un monde où l’on concède à l’idée que le développement ne se limite pas à des paramètres économiques mais s’étend à d’autres, d’ordre culturel, la question de la mondialisation est ici le champ d’investigation par excellence. C’est une mondialisation vue d’outils nécessaires de communication dont certains n’ont certainement pas la maîtrise en fonction de l’expérience cumulée ou pas. Parmi ces dispositifs, figure Internet devenu un outil de promotion et que l’on voudrait absolument banaliser, d’où l’accès généralisé et popularisé aujourd’hui.

C’est face à ce nouvel impérialisme culturel que nous faisons face et auquel nos jeunes se heurtent. L’Internet est donc un « lieu » ou sévissent malheureusement des réseaux de perversité, de prostitués, de pédophiles, de terroristes et autres pensées sectaires qui peuvent causer des dérapages au sein de notre jeunesse beaucoup plus avide de modèles sociaux et de toutes les pratiques en vogue dans le monde.

C’est dans ce contexte que les Comoriens doivent s’alarmer, commencer à s’organiser entre individus, familles, quartiers, villes, villages, régions, associations pour mettre la pression aux politiques afin de prendre les mesures qu’il faut pour en limiter les dégâts.

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