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Interview de Madame Fatima BOYER, à l’occasion de la journée mondiale de la femme

Interview de Madame Fatima BOYER, à l’occasion de la journée mondiale de la femme

L’occasion de la journée mondiale de la femme, mbadakome est allé à la rencontre de madame Fatima BOYER, présidente du collectif patrimoine des Comores. C’est une femme très active dans le microcosme associatif comorien. Anoblie par la volonté ardente d’apporter sa contribution dans le développement de notre pays, en particulier dans la culture et la protection des monuments culturels, elle se démène au quotidien depuis quelques années pour la réussite des objectifs que son collectif s’est assigné.


Mbadakome : Madame Fatima BOYER: A l’occasion de la journée mondiale de la femme qui est le symbole de l’émancipation des femmes à travers les continents, quelle serait votre approche sur l’évolution de la femme comorienne hormis sa place prépondérante dans les foyers ?


C’est une bonne initiative que celle qu’a prise l’organisation des Nations Unies en décrétant que le 8 mars serait la journée de la femme. Cette journée devrait permettre aux femmes de réfléchir sur leurs droits et leur place dans la société en tant que citoyenne. A ce jour, il reste à la femme comorienne un long chemin avant d’atteindre l’égalité des sexes même si nous sommes mieux loties que nos sœurs d’Afrique ou d’Arabie. Force est de constater que les femmes comoriennes sont absentes de la sphère publique et politique. La femme comorienne est trop soumise et vit souvent dans l’ombre de son père ou de son mari et se contente de la place que les hommes acceptent de lui céder.


Combien de femmes comptons-nous dans le gouvernement, au parlement ?
Une au gouvernement. J’ignore combien de femmes sont au parlement. Sans doute très peu…


La femme comorienne a-t-elle sa place dans la société et que reste à faire pour qu’elle puisse atteindre son épanouissement ?


Au sein de la cellule familiale, la femme comorienne a une place reconnue. Pour qu’elle puisse s’épanouir et se réaliser, il faudrait qu’elle puisse participer à la construction du pays, en ayant des missions politiques et en occupant des postes à responsabilité dans la haute administration et dans la sphère économique…


Que peut faire le gouvernement, pour aider les femmes à prendre la place qui leur revient dans la construction et le développement du pays ?


Il faut que le gouvernement mette en place une planification consistant à confier des postes de responsabilité dans des postes techniques à des femmes formées et qualifiés afin qu’émergent des femmes managers au même titre que les hommes comme l’ont fait certains pays africain (la Côte d’Ivoire, le Rwanda, le Mali, le Sénégal, etc.).
 
 
Mbadakome : En tant que présidente du collectif du patrimoine comorien, votre engagement pour faire connaître et protéger les sites et monuments des Comores est entier et indiscutable: Quel bilan tirez-vous de ce dévouement ? Et comment se porte la culture comorienne en générale ?


Le Collectif qui s’est donné pour missions de recenser et mieux faire connaître les sites des Comores et de militer pour leur inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Les missions de collecte d’information et de sensibilisation ont réussi en partie. Cependant, de nombreux sites continuent à être démolis par ignorance et indifférence de leurs propriétaires ou responsables. En outre, nous déplorons que le gouvernement n’ait pas à ce jour pris conscience de l’importance de la sauvegarde du patrimoine comme vecteur de développement mais également comme facteur d’unité et de fierté nationale.
Nos compatriotes doivent savoir que les Comores sont un des seuls pays de la sous région et d’Afrique a n’avoir aucun site inscrit au patrimoine mondial alors que nous possédons des richesses culturelles, architecturales et naturelles que nos voisins n’ont pas.
Voir sur ce point « sultanats historiques des Comores publié sur notre site :www.patrimoinedescomores.org
Je vous remercie de m’avoir donné la parole à l’occasion de cette journée qui est très importante pour nous les femmes…
Madame Fatima BOYER
Nice, le 08 mars 2017 :


Mbadakome
 

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