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Interview du président Azali Assoumani

  Interview du président Azali Assoumani
 
De passage à Paris, dans la capitale française, après sa participation à la 22ème conférence sur le Climat (COP22), à Marrakech au Maroc, le Président de l’Union des Comores, le colonel Azali Assoumani, a accepté de répondre aux questions de Mbadakomé.
 
 
Mbadakome:   Le peuple comorien vous a élu président de l’Union des Comores pour la deuxième fois depuis maintenant 6 mois, quel bilan tirez-vous de ces quelques mois d’exercice et qu’est-ce que vous avez manqué de réaliser lors de votre 1ère mandature que vous souhaiteriez le concrétiser cette fois-ci ?
 
Je voudrais d’abord dire au peuple comorien, qui m’a fait l’immense honneur de m’élire président même si la conjoncture économique est difficile, que j’ai acquis de l’expérience lors de l’exercice de mon premier mandat. Je voudrais, dès à présent, mettre à profit tous ces acquis pour changer la situation économique, améliorer les conditions de vie des citoyens. Et je tiens aussi à préciser que je ne pourrais mener à bien cette mission sans le concours du peuple comorien. Certes, j’aurais aimé faire des choses pouvant améliorer la situation quotidienne de tous, mais il faut également mettre en avant, disons-le, ce qui a été fait. 
 
Oui, je peux ici exprimer quelques regrets mais il faut reconnaitre que j’étais ambitieux en servant mon pays avec dévouement et détermination. Politiquement, j’ai pu en effet protéger mon pays de toute forme de situation de conflit de séparation. Grâce aux efforts de tous, nous avons apporté la paix et la stabilité avec les accords de Fomboni en 2002. Pendant mon premier mandat, nous avons tout fait pour éviter la crise alimentaire de s’abattre sur notre pays comme cela a était le cas dans d’autres pays. 
 
Nous en sommes fiers et dignes. Nous avons également créé l’Université des Comores qui permet des nos jours  à des milliers de bacheliers de faire des études supérieures chez nous. C’est une très bonne initiative, mais malheureusement ces efforts ont été à moitié ignorés au point de voir certains de nos jeunes prendre le chemin de l’exil pour étudier aujourd’hui. Il faut par ailleurs souligner que tous les investissements réalisés en Union des Comores entre 2002 et 2006, ont été possibles grâce aux recettes budgétaires de l’Etat. Ce qui avait un peu perturbé notre feuille de route quand nous étions au pouvoir, je l’avoue, était que nous n’avions pas de projet politique à l’époque qui aurait permis à notre pays d’être sur la voie du développent. Puisque nous étions des jeunes militaires novices, sans aucune expérience politique.
 
Mais cette fois-ci c’est différent. Car j’ai un projet de société qui nous permettra de sortir notre pays de l’ornière. Nous en avons tiré des laçons pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Cette fois-ci, nous sommes avertis de la situation. Je mesure sérieusement les attentes du peuple comorien et c’est dans ce contexte que je m’engage à ne pas les décevoir.
 
Les Comoriens  qui viennent de m’élire président, il y a quelques mois, doivent comprendre qu’il est parfois difficile d’obtenir des résultats concrets en si peu de temps. Cependant, nous avions mis en pratiques plusieurs initiatives qui commencent à porter leurs fruits, entre autres, l’organisation hadj, la baisse des tarifs sur les produits de première nécessité pendant le mois de ramadan, le projet sur l’électricité dont les groupes sont déjà arrivés il y quelques jours et bien des choses encore. Je ferais tout ce qui est nécessaire pour aider mon pays  pour que tous les Comoriens soient fiers de leur pays. Je suis le président de tous les comoriens, quelque soit la sensibilité politique.
 
Mbadakome : La Justice est l’un des facteurs de stabilité sociale et de développement politico-économique d’un pays. Or, les Comoriens dans leur immense majorité estiment que le système judicaire de l’Union des Comores est non seulement en faillite mais il est partialement au service des dirigeants. Concrètement, qu’allez-vous faire durant votre mandature pour redorer le blason de cette Justice de deux poids deux mesures ?
 
En effet, c’est une question très difficile. C’est l’un des piliers de notre stabilité. Je mesure la tâche qui est la nôtre concernant la Justice. Je reconnais qu’il y a des failles, des manquements mais nous devons agir d’une manière positive pour faire triompher la justice. C’est une question qui ne doit pas être balayée d’un revers de mains, au contraire, nous devons nous y atelier en lançant des reformes profondes et fermes en commençant d’abord par l’éducation et le changement des mentalités. 
 
Vous savez, autrefois, si un enfant commettait un acte répréhensible, ses propres parents ou la communauté villageoise le conduisaient eux-mêmes chez le chef du village ou à la police pour qu’une sanction disciplinaire lui soit imposée. L’éducation des enfants était l’affaire de tout le monde, comme l’a si bien dit, la candidate malheureuse madame H. CLITON dans un de ses livres : En Afrique il faut tout un village pour éduquer un enfant. De nos jours, tout s’est inversé. Ce sont les parents et la communauté villageoise qui font pression à la justice pour exiger la mise en liberté de l’enfant qui aurait tué, violé ou détourné les biens publics, bref des actes odieux et répréhensibles. Les magistrats subissent des pressions énormes.
 
Par exemple: La Justice de notre pays qui travaille en toute indépendance a procédé à l’arrestation de plusieurs individus ces derniers temps. Or, il paraît qu’il y des gens qui osent crient au règlement de compte politique. Franchement ! Au lieu de soutenir l’autorité judiciaire, reconnaître que c’est une tâche difficile, ils préfèrent plutôt la remettre en cause. Nous avons la capacité à apporter des réponses légitimes et équitables. Nous en avons les personnes compétentes capables de mener des réformes dans ce domaine. Sans justice, il n’y aura plus de paix et ni investissement. Il faudrait la mobilisation de nous tous en faveur d’une justice équitable et non partiale.
 
Par ailleurs, je tiens à souligner que notre pays vient de signer des accords avec plusieurs pays, notamment la France, en matière de coopération « d’entraide judiciaire et d’extradition ».  Ceci entre en ligne de compte des réformes que notre pays va engager. L’objectif est de permettre à la Justice de notre pays de mener des enquêtes en dehors de nos frontières et d’arrêter des individus recherchés par la Justice comorienne. 
 
Mbadakome : l’Economie comorienne est au point mort, ce qui impacte gravement le taux de chômage des jeunes, quel programme économique allez-vous mettre en place pour enrayer ce chômage endémique qui frappe les jeunes et comment compteriez-vous mettre notre pays sur les rails du développement économique sans l’électricité?
 
 
 
 Je vais vous rappeler que lors de ma campagne électorale, une grande partie de mon projet politique est consacrée à la jeunesse de notre pays. Car c’est elle qui incarne la nouvelle génération. Malheureusement, cette jeunesse dynamique était oubliée par mes prédécesseurs.  Le chômage a atteint un tel niveau qu’il est urgent à agir. C’est dans ce contexte que j’ai rencontré plusieurs grands patrons d’entreprises à Paris pour justement susciter un élan d’investissement en Union des Comores. Ce fut le cas, par exemple, de Xavier Niel, le milliardaire et  président d’lliad, groupe de télécommunications français. Nous leur avons rassuré de notre stabilité juridique et que notre pays fera tout ce qui est nécessaire pour la création des emplois.
                                  
L’énergie est le facteur plus important en termes de croissance. Quand j’ai été investi président en mai dernier, j’ai établi trois priorités : résoudre d’une manière claire la question relative à l’énergie car sans électricité, il n’y aura pas de croissance.  Nous avons lancé un projet d’électrification sur l’ensemble du terroir des Comores. D’ailleurs, des groupes électrogènes viennent d’arriver à Moroni en provenance de l’Allemagne.  Nous avons signés des accords avec cette société allemande qui garantit la fourniture des équipements. C’est ainsi que nous attendons résoudre cette question en attendant l’inauguration de la Central de fioul en construction et la mise en place des autres sources d’énergie renouvelables dans le cadre de la coopération internationale pour la protection de l’environnement, comme les éoliennes ou encore la généralisation des panneaux solaires.  D’ici la fin d’année, on espère que le peuple aura retrouvé l’électricité dans l’ensemble du pays.
 
 
Mbadakome : Les Comoriens de la diaspora se demandent pourquoi leur Président qui séjourne plusieurs fois en France métropolitaine ne cherche pas à les rencontrer et  que leur expliqueriez-vous?
 
OUI, c’est une très bonne question. C’est vrai, j’ai rencontrai des jeunes entrepreneurs et des élus issus de la diaspora soucieux d’aider leur pays d’origine. A ces jeunes, je leur ai dit que je suis disposé à les aider surtout projet destiné à la création d’entreprise à destination de leur pays d’origine. Je suis disposé également à les aider pour crédits d’investissement nécessaire qui leur permettraient de se lancer dans la création d’entreprise et d’innovation.
 
pour répondant à votre question, nous allons organiser une rencontre avec la diaspora lors de mon prochain voyage en France. Il s’agira de continuer à explorer toutes les pistes qui mènent à la création d’entreprises afin de lutter contrer le chômage. Par rapport à la question concernant le vote de la diaspora, je tiens à vous rappeler que je suis élu pour 5 ans et j’ai le temps de réaliser ce projet. Ceci étant, je pense qu’il y a des priorités, qui sont par exemple de faire en sorte que les billets de voyage pour se rendre au pays soient les moins chères possibles, votre accueil aussi sur place soit apaisé par le moins de tracs administratifs possible etc.
 
Par an, le transfert des fonds de la Diaspora s’élèvent à 50 milliard de fc soient 10 millions d’euros. Or, lorsque le Fonds Monétaire (FM) ou la Banque mondiale nous prêtent cette somme, c’est sur une période de 10 ans, avec des taux d’intérêts considérables avec des conditions draconiennes. Et permettez-moi, mais face à cette observation, j’en appelle à la diaspora comorienne à s’organiser pour faire en sorte de réinjecter ces fonds dans le développement économique, au lieu de construire des villas qui ne sont pas souvent habitées de très rare moment.
Alors, à tous les comoriens de l’extérieur et amis de notre pays, venez nombreux pour investir dans votre pays car je vous garanti  mon soutien.
 
Mbadakome
 

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