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Interview intégrale du Général Salimou Mohamed Amiri

Interview intégrale du Général Salimou Mohamed Amiri

Le Général candidat au journal télévisé d’Africa 24 le 18 janvier 2016

Africa 24: Bienvenue, le Général.

Général Salimou Mohamed Amiri: Merci bien. Merci de m’avoir invité.

Africa 24: Alors, vous avez la réputation d’être un spécialiste des questions de terrorisme et de sécurité en Afrique. Alors, comment prévenir efficacement les actes terroristes sur le continent?

Général Salimou Mohamed Amiri: Je ne peux que saisir cette occasion pour déplorer ce qui s’est passé au Burkina, puisque c’est le cas le plus récent. Et en même temps louer les efforts du Président de ce pays ainsi que de ceux d’Afrique occidentale et centrale. Je devrais dire de toute l’Afrique d’ailleurs pour leurs efforts qu’ils font dans ce domaine-là. Il est heureux de constater qu’ils sont très sensibles justement que, sans la paix, sans la sécurité, il ne peut pas y avoir du développement. Vous me posez la question maintenant de savoir comment faut-il faire? Il faut commencer toujours par la prévention. Et donc par le partage du renseignement. Et bien sûr après, ça peut aller jusqu’aux actions. Mais si à ce niveau-là, les choses se font correctement et normalement, on peut comme on dit prévenir bien des choses au niveau du terrorisme.

Africa 24: Vous êtes ancien chef d’État-major de l’Union des Comores et premier Général de l’Armée comorienne. Alors pourquoi avoir fait le choix de se lancer dans cette course à la présidentielle?

Général Salimou Mohamed Amiri: Vous l’avez bien dit, c’est un choix. Sans prétention aucune, je voudrais dire que ce choix me convient. Et d’ailleurs, pourquoi denier une fois encore ce droit? Bah écoutez, c’est un droit comme un autre. Non, je l’ai fait parce que vous savez «mon pays va très mal», comme dit la chanson. Il y a l’unité nationale qui est menacée. Il y a l’intégrité territoriale qui est amputée et qui est en tout cas inachevée. Il y a l’instabilité politico-institutionnelle, une économie totalement sinistrée. Et je pense qu’il faut se dire que tout homme qui a une vision, qui aime ce pays, peut essayer de faire de son mieux pour sortir ce pays de cette situation grave. Et ce n’est pas simplement dire que c’est l’apanage et le privilège des politiciens. Pourquoi pas? Si c’étaient les politiciens qui devraient justement développer ce pays, il serait déjà à un niveau assez avancé jusqu’ici. On sent qu’ils ont échoué. Qu’ils donnent aussi la chance à ceux qui, comme eux ou peut-être plus qu’eux, aiment les Comores.

Africa 24: Justement ce pays bénéficie d’une population jeune. 58.4% de la population comorienne est composée de personnes âgées de 15 à 64 ans. Et 56% ont moins de 20 ans. Alors quelles mesures phares annoncez-vous à la jeunesse de votre pays en tant que candidat?

Général Salimou Mohamed Amiri: C’est difficile de parler de mesures phares. Parce qu’il faut des actions qui se préparent dans la durée. Ce que je vais faire, moi je le fais sur 5 ans. Pas sur un mois ou deux mois. Dans ce contexte, moi je commencerais surtout par ceux qui sortent de l’Université. Le problème est là. Je ferai en sorte que ceux qui viennent surtout du département économique sortent avec des projets. Et dans ce contexte-là, je mettrai en place un fonds qui va justement permettre à ces jeunes de porter un projet et de leur permettre de développer ce projet, de créer des emplois. Car, pour moi, je suis convaincu qu’il faut plutôt des grands chantiers pour les Comores. Il ne faut pas des actions par-ci, par-là. Dans ce contexte, moi je vais lancer plusieurs chantiers qui comportent plusieurs volets. Dans le domaine de l’eau et de l’électricité, dans le domaine de la santé, dans le domaine de l’éducation; dans le domaine, là encore, des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Des infrastructures routières avec une enveloppe d’au moins 50 milliards de francs CFA par an.

Africa 24: Et concernant justement l’économie du pays. Le pays est structurellement dépendans des financements extérieures à raison des 20% du PIB. Comment comptez-vous justement limiter la dépense de votre pays par rapport aux aides internationales?

Général Salimou Mohamed Amiri: Moi je vais aussi vous donner des chiffres assez simples. Si vous prenez les transferts de la diaspora comorienne par an, ces transferts-là représentent au moins deux fois le budget des Comores. Et des calculs et estimations très sérieuses disent qu’ils sont supérieurs aux investissements directs étrangers (IDE) des Comores. Et donc, vous voyez qu’il suffit de savoir les manager, si j’ose dire, pour que le problème commence à être réglé. Il faut en même temps relancer les activités qui constituaient l’exportation des Comores et qui nous permettraient d’avoir des devises. C’est la vanille, c’est l’ylang-ylang, c’est le clou de girofle. En attendant bien sûr de bien développer l’agriculture, la pêche et le tourisme. Il suffit de rappeler que des pays comme l’Amérique ou la France étaient ou sont initialement des pays à vocation agricole.

Africa 24: Merci Général Salimou Mohamed Amiri d’avoir répondu à nos questions.

Général Salimou Mohamed Amiri: Merci à vous.

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© www.lemohelien.com – Samedi 23 janvier 2016.

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