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Je félicite mon frère ARM pour son diplôme d’avocat

Je félicite mon frère ARM pour son diplôme d’avocat

Il sera l’«avocat des pauvres, des humbles et des opprimés»

Par ARM

     Je félicite mon frère ARM pour le diplôme d’avocat qu’il vient d’obtenir à la prestigieuse École de Formation professionnelle des Barreaux de la Cour d’Appel de Paris (ÉFB), l’École des Avocats. J’adresse également mes félicitations aux Comores entières parce que mon frère ARM est un pur produit de l’École publique comorienne, en même temps que son talent, son expertise et ses compétences sont à la disposition de notre pays. Chaque fois qu’un Comorien est diplômé, ce sont les Comores qui sont gagnantes, et quand il s’agit d’ARM, tout un chacun connaît son attachement à son pays, et ses réserves envers ceux qui s’emploient à le détruire.

Comme on sait, quand il s’agit de choses négatives, on déploie une énergie fabuleuse pour en parler, mais quand il s’agit de choses positives, on se tait. Naturellement, dans la mesure où ARM dérange, personne ne parlera de sa belle réussite, lui qui a déjà un Doctorat d’État et un Doctorat en Science politique, obtenus respectivement à l’Université de Rabat (Maroc) et à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne. Moi, j’ai décidé d’en parler parce qu’ARM est un Comorien qui vient d’honorer les Comores. Lui et moi ne sommes pas d’accord sur certains sujets d’ordre politique, économique et financier, mais la maturité et la tolérance nous poussent l’un vers l’autre, chacun défendant ses idées.

Je tiens à rappeler que mon frère ARM est un Comorien et n’a pas une autre nationalité. Son casier judiciaire est absolument vierge. Il a six diplômes de l’Enseignement supérieur. Et, je suis étonné d’apprendre qu’un ministre comorien aigri a déjà proféré des menaces, en disant que jamais ARM ne sera autorisé à exercer le métier d’avocat aux Comores. Moi, je veux juste savoir une chose: existerait-il des Comoriens plus Comoriens que d’autres Comoriens? Un ministre comorien a-t-il le droit de pousser l’aigreur jusqu’au ridicule et se poser en victime par la suite, quand d’autres ripostent en lui disant que les Comores sont la maison commune de tous les Comoriens?

Très bien informé, ARM est au courant de la mesure de bannissement professionnel qui le vise. Quand je lui en parle, il me répond tout simplement: «C’est un sujet qui ne m’intéresse pas. C’est un sujet sans intérêt pour moi. Je ne serai jamais un homme riche, et je ne cherche pas à le devenir. Alors, si en dehors de s’occuper de mes perspectives professionnelles dans le métier d’avocat aux Comores, un ministre n’a rien d’autre à faire, je lui souhaite d’être ministre à vie, à mort et pour l’éternité. Les mesquineries et l’infantilisme ne m’ont jamais intéressé. Un de mes amis me dit qu’on a empêché Maître Moudjahid de devenir avocat aux Comores au prétexte que ses écrits étaient incompatibles avec le métier d’avocat, et que c’était un message qu’on m’adressait. La chose m’a beaucoup amusé. Oui, j’ai aimé».

J’insiste sur le fait qu’ARM dérange parce qu’il soulève des problématiques et des problèmes que d’autres occultent ou ont peur d’aborder. Il n’est pas sans rappeler le fameux discours du 17 novembre 1986, à Ouagadougou, par lequel le Président François Mitterrand, répondant à celui du regretté Thomas Sankara, avait dit: «C’est un homme un peu dérangeant, le Président Sankara! C’est vrai, il vous titille, il pose des questions… Avec lui, il n’est pas facile de dormir en paix: il ne vous laisse pas la conscience tranquille! Moi, là-dessus, je suis comme lui. Il faut qu’il sache que je suis comme lui, avec 35 ans de plus. Il dit ce qu’il pense, je le dis aussi. Et je trouve que dans certains jugements, il a le tranchant d’une belle jeunesse et le mérite d’un chef d’État totalement dévoué à son peuple. J’admire ses qualités, qui sont grandes, mais il tranche trop; à mon avis, il va plus loin qu’il ne faut. Qu’il me permette de lui parler au nom de mon expérience. Cela dit, s’il n’était pas comme il est, chef d’un État jeune, entouré d’hommes jeunes, avec des idées neuves, s’il n’était pas comme cela à 37 ans, dans quel état serait-il à 70?… Je l’encourage, mais pas trop».

Thomas Sankara avait un statut officiel qui lui permettait de s’adresser au monde entier. Il le faisait. Après son assassinat, il est devenu un héros à l’échelle de toute l’Afrique, même pour des Africains qui n’étaient pas nés quand il disait aux dirigeants occidentaux: «Aidez-nous à nous passer de votre aide». Il est un symbole de pureté même hors d’Afrique.

ARM, qui lit beaucoup, me dit: «De son vivant, Jean-Jacques Rousseau était pourchassé partout en Europe. Il était devenu un paria. Mort, il est devenu “fréquentable”. La France et la Suisse se le discutent, et ses cendres sont transférées au Panthéon, à Paris, là où reposent les plus valeureux et les plus valeureuses. Le lieu de mon enterrement n’est pas mon problème, mais celui de ceux qui me survivront. Je ne me fais pas d’illusions sur ma petite personne, et je ne laisserai personne m’empêcher de parler des problèmes de mon pays. Ça me coûtera ce que ça me coûtera, mais ma liberté de parole et de ton passe avant tout».

J’étais avec ARM quand il a reçu de notre frère Ahmed Youssouf dit Alley un message sur lequel il est écrit: «Maintenant, tu vas pouvoir et pouvoir devenir l’avocat des plus pauvres, des plus humbles et des plus opprimés de nos compatriotes. Te connaissant comme je te connais, je n’ai aucun doute là-dessus». Je crois que ce sont les meilleures félicitations qu’on puisse lui présenter. Si aujourd’hui, on lui interdit son inscription au Barreau de Moroni, il ne fait pas de doute que les autorités de demain lui ouvriront les portes fermées par l’aigreur. Tout est question de patience.

Une dernière chose: quand j’ai demandé au trublion s’il faudra désormais l’appeler «Docteur Riziki Mohamed» ou «Maître Riziki Mohamed», il m’a dit: «“Abdelaziz”, mon prénom, suffira».

Par Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah

Président du Parti Comores Alternatives (PCA)

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© www.lemohelien.com – Samedi 10 décembre 2015.

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