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«Je m’appelle Moinaécha-qui-n’a-pas-peur-du-danger»

«Je m’appelle Moinaécha-qui-n’a-pas-peur-du-danger»

Mme Moinaécha Youssouf Djalali accuse le Mufti et d’autres

Par ARM

     Mme Moinaécha Youssouf Djalali est une femme très calme et posée. Elle fait tout pour ne pas s’énerver. Même quand elle est en colère, elle ne le montre pas. Elle gère ses coups de sang dans la pondération, la modération et la discrétion, comme elle l’a appris dans le milieu très select du business et du gotha mondial de la politique et de la diplomatie, où les non-dits ont plus de signification que certaines paroles. Seulement, quand on cherche «la Présidente», on la trouve, et quand on essaie de lui marcher sur les pieds, elle se rebiffe et secoue vigoureusement l’indélicat coupable de la goujaterie. Et c’est ce qui arrive en ce moment. Le Mufti la «cherche» et la trouvera, et la finale entre les deux personnes fera des étincelles et des éclats. Elle a déjà eu son premier clash avec le Mufti de la République en mars 2014, quand ce dernier lui avait dit qu’au nom de l’Islam, il ne permettrait pas qu’une femme devienne chef d’État aux Comores. Ce jour-là, «la Présidente», très impériale et absolument sûre d’elle et de son bon droit comme à son habitude, avait tenu tête au Mufti, en le regardant droit dans les yeux avant de lui balancer quelques phrases aux mots bien sentis sans se démonter. Et, les personnes qui étaient présentes au salon VIP de l’Aéroport de Hahaya ce jour-là étaient soufflées, médusées et dépassées, ne comprenant pas comment une femme, dans un pays musulman, pouvait répondre du tac au tac à «la plus haute personnalité religieuse» du pays. Ce même jour, les personnes présentes au moment de l’esclandre «historique» avaient déclaré avoir compris pourquoi «la Présidente» a pris la décision de se porter candidate à l’élection présidentielle de 2016. Certaines d’entre elles avaient dit: «Voilà la personne qu’il nous faut à la tête de ce pays. Voilà une femme qui saura dire la vérité à chacun dans ce pays si elle est élue à la magistrature suprême».

     Cette fois-ci, «la Présidente» Moinaécha Youssouf Djalali a tapé du poing sur la table parce qu’elle trouve que le Mufti la «cherche»: «Le Mufti est contre ma candidature et le dit haut et fort, partout où il passe. Il ne fait dans la discrétion. Il ne s’en cache pas. Pourtant, au nom de quoi veut-il m’empêcher d’être candidate à l’élection présidentielle de mon pays et de diriger les Comores? La Loi ne le lui permet pas. Il n’est pas la Cour constitutionnelle. Alors, il veut quoi? Et au nom de quoi? Parce qu’il est qui? Je sais que c’est son ami Azali Assoumani qui le pousse à vouer ma personne et ma candidature aux gémonies, et là, il va au-delà de ses prérogatives religieuses. Il se dresse contre les valeurs sacrées et immuables de l’Islam. En effet, l’Islam n’a jamais créé de discrimination au détriment de la femme. Pourquoi veut-il faire dire à l’Islam ce que l’Islam ne dit pas? Est-il devenu Dieu? Personnellement, je suis la personne la plus heureuse au monde depuis que j’ai appris que notre sœur, la Première Dame des Comores, briguait le Gouvernorat de Mohéli. De tout cœur, je suis avec elle. En 2010, j’étais de tout cœur avec notre sœur, Mme Zahariat Saïd Ahmed, la première Comorienne candidate à une élection présidentielle et qui n’avait pas eu les soutiens qu’elle aurait dû avoir obtenus. En même temps, je ne comprends pas pourquoi le Mufti ne fustige jamais la candidature de la Première Dame et n’avait rien dit en 2010 au sujet de la candidature de notre sœur, Mme Zahariat Saïd Ahmed, mais s’acharne sur la mienne avec une haine sauvage et féroce. Maintenant, il y a même Bourhane Hamidou qui s’en mêle. C’est la fin du monde! Bourhane Hamidou! Et il donne des leçons aux gens! Bourhane Hamidou prêche la vertu! Mais, il s’agit de quelle vertu? Monsieur Hamidou, de Ntsoudjini comme le Mufti et apparenté à ce dernier, est allé dire à son oncle de faire attention au sujet de ma candidature. Moi, je souhaite que ces gens sachent une seule chose: je m’appelle Moinaécha-qui-n’a-pas-peur-du-danger. Je n’ai pas peur de ces gens-là qui affichent leur mépris envers la femme en général et envers la femme comorienne en particulier, alors que l’Islam a libéré la femme des absurdités passéistes de la période de l’obscurantisme et du paganisme. Je répète: je suis comme une voiture lancée sur une autoroute, et une voiture lancée sur une autoroute ne fait jamais demi-tour. Elle avance. Elle va de l’avant. Ma candidature est entre les mains de Dieu, et seul Dieu l’empêchera. On va me dire quoi pour m’empêcher d’être candidate? Que je suis une femme? Qu’on me le dise alors au nom du Mufti et que le Mufti le dise au nom de l’Islam, donc!».

     Et quand on demande à «la Présidente» les raisons pour lesquelles le Mufti s’acharne sur elle, elle répond sans hésiter: «Le Mufti est pour l’élection de son ami Azali Assoumani, qui n’a aucune chance de devenir le nouveau Président des Comores. Que fait-il alors? Il veut que ma candidature soit éliminée parce qu’elle est de celles qui vont réduire en miettes les ambitions politiques et présidentielles de l’ancien Président. Mais, bientôt sous peu, je vais affronter ce clan et me dresser devant lui. Je vais aller présenter ma candidature et voir comment le Mufti, Azali Assoumani et Bourhane Hamidou vont m’empêcher légalement d’être candidate. Après, je vais m’employer à mener une campagne électorale tellement dynamique, intense et positive que ces individus n’auront personne pour écouter leur ramage de coin de la rue. Sommes-nous maudits au point de faire revenir au pouvoir le putschiste Azali Assoumani ou de faire de Bourhane Hamidou le prochain Président des Comores? Naturellement, non et non! Nous ne voulons pas d’un tel deuil dans notre pays. Ils n’ont même pas honte d’avouer leur peur devant une femme? Moi, je suis fière de ne pas avoir sur la conscience un seul centime volé au peuple comorien. Or, comme par hasard, les Azali Assoumani et Bourhane Hamidou ont beaucoup de choses à se reprocher, le premier étant accusé par un diplomate français d’avoir volé aux Comoriens 40 millions d’euros, soit 20 milliards de francs comoriens, et l’autre d’avoir volé même l’argent de construction de mosquées, argent débloqué par des pays du Moyen-Orient. Alors, ils ont des leçons à donner à qui? Et puis, aux Comores, il y a des donneurs de leçons qui refusent aux autres ce qu’ils croient normal pour leurs propres filles. Qu’ils réfléchissent donc avant de se ridiculiser en public».

     Naturellement, Mme Moinaécha Youssouf Djalali fait allusion aux terribles accusations Tierry Vircoulon, qui a travaillé en Afrique pour la diplomatie française et pour l’Union européenne avant de rejoindre l’International Crisis Group, et pour qui «la privatisation de l’État, le “néo-paternalisme” de type sultanique ou la “politique du ventre”, bref les racines de ce que la Banque mondiale appelle la “mauvaise gouvernance” n’ont pas été éradiquées durant la transition. Corruption et mauvaise gouvernance ont continué à prospérer sous les yeux de la “communauté internationale”: aux Comores, comme l’atteste la découverte de 40 millions d’euros dans des comptes à l’étranger, le Colonel Azali a pillé le Trésor public et distribué les contrats publics à la coterie formée par ses proches». (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/0902_Vircoulon_FR.pdf.). L’article duquel est tiré cet extrait, publié en janvier 2007, a été repris sur le site du ministère français des Affaires étrangères. C’est dire qu’il ne s’agit pas d’accusations à prendre à la légère.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 5 décembre 2015.

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