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Journée Nationale Maore I Les seuls clandestins à Maoré sont les Français

Société |  13/11/2020 –

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La journée nationale Maoré a été célébrée hier à Kwambani la Washili en présence de la gouverneure de l’île Ngazidja, Mhoudine Sitti-Farouata, des représentants du gouvernement et de l’assemblée nationale. Comme à l’accoutumée, l’abolition du Visa Balladur et le cimetière maritime du bras de mer entre Ndzuani-Maoré, sont revenus avec insistance.

Le Comité Maoré a célébré à Kwambani la Washili, la journée nationale du 12 novembre consacrée au combat de la réintégration de l’île comorienne de Maoré dans son giron naturel. Dans cet événement dans lequel ont pris part la gouverneure de Ngazidja, des représentants du gouvernement et de l’assemblée nationale, les intervenants ont axé leurs discours sur l’abrogation du Visa Balladur et ont tenu surtout à rendre un vibrant hommage à ces milliers de frères et sœurs disparues dans le bras de mer entre Ndzuani et Maoré. Malgré la résolution des Nations-Unies du 12 novembre 1975 confirmant que les Comores sont composées de quatre îles, la France continue de piétiner le droit international et d’user de son droit de veto au conseil de sécurité de l’Onu jusqu’à accorder un autre statut en 2011 à l’île occupée .
“Voilà 15 ans que nous menons ce combat, sans relâche, le temps est venu pour nous de faire un point sur nos actions, ses limites et le changement nécessaire pour ne pas continuer à creuser le fossé entre Maoré et ses îles sœurs. Les enfants nés à Maoré après l’indépendance ne connaissent plus les autres îles, car avouons-le, nous les avons abandonnés”, a précisé le représentant du Comité Maoré, Faouzi Abdillah.

Créé depuis 2005, le comité Maoré ne cesse de mener un combat acharné pour la libération de l’île Maoré sous occupation française depuis l’indépendance des Comores en 1975. Dans cette journée mémorable, le comité Maoré n’a pas omis de souligner les actions et les décisions de la France qui engendrent de l’insécurité notamment avec les enfants de la rue, abandonnés par leurs parents expulsés dans leur propre territoire. Selon toujours Faouzi Abdillah, en plus de ceux que les Comores pleurent chaque année, cette séparation des îles, donne naissance à des “délinquants voire des criminels sans repères ni valeur en dépit de ces milliers d’enfants abandonnés et livré à leur propre sort”.

“Nos autorités et notre peuple n’ont que trop peu agit face à cette question. Quelles furent les réactions de nos gouvernements successifs face aux milliers de morts en Kwassa, face aux expulsions forcées et combien de Mahorais partisans de l’unité a-t-on intégré dans nos administrations, nos directions voire même nos réflexions ? Qu’ont-il fait face à la violence des mots d’un président qui nous comparent à du poisson que l’on transporte en bateau de pêche”, a déclaré la responsable administrative et financière de l’association  Ngo’Shawo, Saïd Toilha Dhoiharati.

Malgré les multiples combats menés par les différents gouvernements et le Comité Maoré, certains commencent d’ores et déjà à perdre patience et s’interrogent sur la manière dont ce combat est mené. “Je vous invite à fléchir sur cette nécessité de rompre avec l’approche traditionnelle de dominant dominé et du fait que nous pouvons difficilement négocier ense diminuant. Ufukara Kawu puwa mila (la dignité et le respect ne sont pas monnayables et ne sont conditionnés par la valeur monétaire)…notre combat nous oblige à diversifier nos partenariats pour éviter le diktat de la France au travers du lobby France-Afrique”, a conclu le représentant du comité Maoré. 

Al-watwan

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