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«Kamal et toi tuez notre politique et notre démocratie»

«Kamal et toi tuez notre politique et notre démocratie»

Quand Saïd Larifou s’indignait face au «Munich politique»

Par ARM

      Amoureux d’idées politiques explosives, Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah, bouillonnant et bouillant Président du Parti Comores Alternatives (PCA), a eu ce mot: «Les Comores ont produit des diplômés et non des intellectuels, des politiciens et non des hommes d’État. Comment pourrons-nous prétendre avoir des intellectuels quand ceux qui s’attribuent ce titre ne proposent aucune idée, et n’ont aucun courage pour soutenir un idéal de justice sociale, de démocratie et de développement? Comment pouvons-nous avoir la prétention d’avoir des hommes d’État alors que nos politiciens n’ont ni vision pour le pays, ni volontarisme, et ont trahi leur pays sans vergogne, cherchant juste à se faire caser?». En effet. L’homme au tempérament de volcan sur la scène politique comorienne a raison sur ce point-là.

Les diplômés s’avachissent sur la paresse morale et intellectuelle, se taisent quand des dirigeants comoriens provoquent les pires malheurs sur leur pays, se remplissant les poches, pendant que le peuple croupit dans la misère noire. Il n’est demandé à personne de devenir membre du «Parti unique monocéphale chargé de la pensée unique dans un multipartisme cyclopéen», mais de défendre un idéal de vie en commun, dans le cadre de l’État de Droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Quand, en 2014, des notables de Grande-Comore s’acharnaient sur le fugitif international polygame Hamada Madi Boléro, qui avait accusé Saïd Mohamed Cheikh d’avoir été injuste envers Mayotte et Ali Soilihi d’avoir introduit le putschisme aux Comores, j’avais défendu le Mohélien de Bête-Salam, avec qui je n’avais aucun contact à l’époque. Mais, quand il truque les élections de 2016, je lui retire mon respect, ma considération et mon amitié. Inversement, après avoir dénoncé Ahmed Sambi depuis 2010 sur certains sujets, je prends fait et cause pour lui quand il a raison. La déontologie et l’honnêteté l’imposent. Pour autant, je ne suis pas membre de son parti et n’ai jamais eu le moindre contact physique avec lui.

Ce constat nous propulse vers un appel téléphonique reçu en pleine nuit de juillet 2014. Il était émis par Saïd Larifou, Président du RIDJA: «Kamal et toi tuez notre politique et notre démocratie. Vous tuez la politique et la démocratie aux Comores. Vous défendez Ahmed Sambi». Kamal Abdallah Salim, alors grand pourfendeur d’Ahmed Sambi, venait d’écrire deux articles élogieux sur lui, et je les avais publiés. La chose n’était pas du goût de Saïd Larifou, à qui j’avait dit tout simplement: «Kamal sait parfaitement que je ne vais jamais le censurer, même s’il jette des fleurs à Ahmed Sambi, et si tu ne veux pas que je publie ses textes sur le site que je dirige, demande-lui de ne pas les écrire. Je ne suis pas un censeur».

Une triste histoire. Je nous vois encore à la très sympathique invitation de Kamal Abdallah Salim dans sa résidence, en région parisienne. Saïd Larifou et moi-même y étions, entre autres «invités républicains». Au cours d’une discussion d’un niveau très élevé, j’ai répondu à une question de Saïd Larifou par ses mots: «Je ne suis pas un politicien. Je ne milite pas au sein d’un parti politique. Si tu veux que je sois membre du RIDJA, commence par me prouver ton sérieux». Moins d’une année plus tard, en mars 2015, il devenait un supplétif d’Ahmed Sambi, défendant sa candidature à l’élection présidentielle de 2016, le suivant partout, exécutant ses ordres à la lettre. J’ai republié son interview de décembre 2013, quand il traitait Ahmed Sambi de poisson pourri. Un de ses proches me menaça de violence verbale et physique. Je lui dis: «Indique-moi le lieu et le moment où tes camarades et toi-même voulez m’agresser verbalement et physiquement, et je viendrai pour vous permettre de vous défouler. Et de Saïd Larifou, nous parlerons le soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2016». On se calma: «Nous sommes des frères, et je te jure que Saïd n’a pas changé».

De février à mai 2016, il était avec Mohamed Ali Soilihi, et a même été l’un des rédacteurs de son recours, entièrement fondé, pour dénoncer la mascarade électorale de 2016. Or, cela ne l’a pas empêché de tourner casaque et de devenir le propagandiste du «ventriote» Azali Assoumani Boinaheri, qu’il accusait d’avoir du sang sur les mains, pour avoir criblé de balles le Foumbounien Ahmed Abdallah dit Apache et d’avoir promené son corps dans Moroni, sur le capot d’un véhicule militaire. Il soutient un tyran qu’il qualifiait d’assassin, tout comme, en 2015, il soutenait Ahmed Sambi, comme en 2006, avant de se retourner contre lui et de se faire battre à mort par lui à l’aéroport de Hahaya lors d’une horreur filmée. Toujours le passage à l’ennemi. Il avait été battu à Hahaya car il soutenait la présidence tournante, une présidence tournante dont il réclame aujourd’hui la suppression contre le Droit.

Saïd Larifou est quand même un homme instruit. Mais, pourquoi se croit-il obligé de soutenir un régime politique qui, en plus d’entraîner les Comoriens dans la misère, ment sur une impossible «émergence à l’horizon 2030», alors qu’il sait qu’il s’agit d’une propagande mensongère? En Tunisie, quand Zine El Abidine Ben Ali voulait entraîner le grand juriste Yadh Ben Achour dans un soutien synonyme de caution à sa tyrannie, ce dernier avait refusé. Il dira par la suite: «Un juriste ne tend jamais la main à un dictateur».

Avocat, Saïd Larifou est donc un juriste. Pourquoi, donc, le juriste qu’il est prend la lourde responsabilité morale de tendre la main à un dictateur qui tue les Comores tout en disant aux Comoriens qu’ils auront un «pays émergent à l’horizon 2030»? Pourquoi un juriste engage-t-il ce qui lui reste de crédibilité pour entrer dans les hameaux, villages et villes et mentir aux Comoriens sur une impossible «émergence» dans les conditions de la gouvernance criminelle actuelle? Pourquoi Saïd Larifou, qui n’a pas de formation économique, n’a pas eu l’honnêteté élémentaire de se documenter sur la vraie émergence économique avant de se lancer dans une aventure vouée à l’échec à l’avance et qui le ridiculise?

Le 23 janvier 1898, en pleine Affaire Dreyfus, Georges Clemenceau a inventé le mot «intellectuel», et le plaça tout de suite sous le signe de la constance morale, du courage et de l’honnêteté: «N’est-ce pas un signe, tous ces intellectuels, venus de tous les coins de l’horizon, qui se groupent sur une idée et s’y tiennent inébranlables». Relisez cette belle phrase. Mesdames et Messieurs, relisez cette belle phrase et dites aux Comoriens si Saïd Larifou est capable de «se grouper sur une idée et de s’y tenir inébranlable». Il ne lui est pas demandé d’adopter une ligne de conduite donnée, mais de ne pas jeter des fleurs sur un criminel qu’il a copieusement dénoncé par le passé.

Par le passé, il voulait renverser son maître à penser et à panser d’aujourd’hui, le «concubinocrate» Azali Assoumani Boinaheri, et il est en train de demander aux Comoriens d’accepter la présidence à mort que ce kleptocrate qui a ruiné le pays au cours de sa première kleptocratie veut instaurer aux Comores? Avant qu’il ne s’oppose frontalement au «saigneur» Azali Assoumani Boinaheri après son coup d’État du 30 avril 1999, Saïd Larifou n’était rien sur l’espace public, mais un simple citoyen. Il est entré en politique hier par cette opposition fort courageuse et admirable, et quitte la scène politique aujourd’hui dans la honte, en dégoulinant de servilité obséquieuse envers un ennemi des Comores. Quand on a traité en frère un tel homme, et on ne peut qu’être meurtri par sa recherche de la facilité exprimée dans sa phrase: «Je suis fatigué d’être dans l’opposition. Je veux régner». Si Saïd Larifou est nommé ministre, personne ne le critiquera, mais quand il se fait un chantre de la mendicité politique, il suscitera la méfiance autour de son nom.

Saïd Larifou doit écouter la voix de Maître Fahmi Saïd Ibrahim quand, le jeudi 2 avril 2015, il disait que les petits arrangements mesquins entre politiciens font dire ceci aux Comoriens: «Tous ces politiciens sont des vrais menteurs. Ils viennent s’injurier et se calomnier, mais quand leurs intérêts sont en jeu, ils s’entendent et se mettent ensemble, ils rapprochent leurs chapeaux pour défendre leurs intérêts». Maître Fahmi Saïd Ibrahim avait alors magistralement déclaré: «Moi, je ne suis pas d’accord avec cette politique, et je ne veux pas la faire».

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 23 septembre 2017.

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