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«Kiki se trompe de pays et des limites de son pouvoir»

«Kiki se trompe de pays et des limites de son pouvoir»

Interview exclusive de Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah

Président du Parti Comores Alternatives (PCA)

      www.lemohelien.com: Face à l’aggravation de la situation générale aux Comores, allez-vous rester le «polito-éloges» d’Assoumani Azali Boinaheri ou allez-vous reconnaître, enfin, que le dessein de cet homme est de faire imploser les Comores?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Je voudrais, tout d’abord, vous remercier, vous et le reste de l’équipe de ce site d’information. Je n’ai jamais été ce «polito-éloges», ce terme que vous créez spécialement pour me qualifier dans le but de me déranger. Vous êtes mauvais avec les acteurs politiques de votre pays. Avez-vous un cœur? Ceci dit, la situation du pays est très tendue, et cela nous inquiète et nous interpelle, nous, les hommes politiques et tout le peuple comorien. Azali Assoumani veut-il faire imploser les îles et notre État? je ne le crois pas.

www.lemohelien.com: Vous êtes aveugle. Vous êtes dans le déni de la vérité.

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Je suis lucide. Je garde les pieds sur terre.

www.lemohelien.com: N’avez-vous pas le sentiment que la meilleure solution qui se présente aux Comores aujourd’hui est dans le renversement d’Assoumani Azali Boinaheri, qui n’a jamais agi pour le bien des Comores?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: On n’a pas besoin de le renverser mais de l’aider à finir son mandat de 5 ans. Les Comoriens, d’une manière ou d’une autre, l’ont élu Président de l’Union des Comores, et nous devons respecter notre Constitution – même si certains veulent la jeter à la poubelle – et la volonté dite du peuple. Je ne suis pas putschiste et je suis contre tout acte qui tend à violer notre Constitution.

www.lemohelien.com: Où avez-vous vu qu’il a déjà été élu un jour? Vous radotez!

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Simplifions des choses très compliquées et complexes.

www.lemohelien.com: RFI a annoncé que la communauté internationale ne soutiendrait pas des assises organisées dans l’exclusion. Or, cela ne fait toujours pas réfléchir la dictature actuelle, obsédée par ses assises de la haine et du mépris, un projet criminel et génocidaire.

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Il faut d’abord vous rappeler qu’il n’y a pas de dictature aux Comores. Il y a, certes, certains membres du gouvernement qui veulent jeter le pays dans la voie de la dictature. Mais, ils oublient que la dictature demande beaucoup de moyens dont les Comores ne disposent pas. Pour l’information de RFI, comme vous savez, c’est juste une affirmation très vague et manquant de précision.

www.lemohelien.com: Le Comité de Pilotage des assises de la haine et du mépris a volé en éclats à la suite de démissions en cascades précédées de la dénonciation du génocide qui se prépare et du rôle de voleurs de poules que y jouent Saïd Mohamed Sagaf, Saïd Larifou, Sounhadj Attoumane et autres. En êtes-vous surpris?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Pourquoi, parler de haine et de mépris? Ce sont des assises nationales auxquelles on aurait aimé voir la participation de tout le monde. L’idée des assises n’a jamais été liée à la haine et au  mépris. Il y a, comme je le souligne souvent, une mauvaise communication de part et d’autre, au niveau du gouvernement et de ceux qui se prétendent de l’opposition. Au-delà de ces antagonismes, les membres du Comité Pilotage n’ont pas pu à la fois rassembler et consolider ceux qui travaillaient avec eux. Il est regrettable que plusieurs leaders du Mouvement du 11-Août aient quitté le Comité de Pilotage. Ce dernier ne peut pas minimiser ses défections et ignorer les raisons des départs. Je souhaite qu’Azali Assoumani prenne les choses en main afin de remettre de l’ordre et rassembler plus. Il n’est pas trop tard pour apaiser les uns et les autres.

Quant à vos affirmations tendancieuses et haineuses, je vous en laisse la responsabilité. Je ne vois aucun esprit d’organisation génocidaire et je vous demande d’avoir de respect et de la retenue envers les autorités politiques comoriennes.

www.lemohelien.com: Votre grandeur d’âme me fait pleurer d’émotion. Par ailleurs, comment jugez-vous le silence assourdissant d’Assoumani Azali Boinaheri face au désaveu et au rejet qu’il subit? Est-ce un signe de bonne santé mentale?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Je n’ai pas de conseil à lui donner et je ne pense pas être à la hauteur. Mais si j’ai des suggestions à lui faire, c’est qu’il doit prendre une position claire sur la réalité de ses assises. Je suis convaincu qu’il veut la paix et la stabilité pour notre pays et la bonne marche de ses assises. Il y a eu des bruits assourdissants qui ne lui permettent pas de fermer les yeux et de se taire, sauf si réellement, il cautionne ces agissements, tant au sein du Comité de Pilotage que des déclarations inquiétantes d’un membre du gouvernement.

www.lemohelien.com: Le nom de Kiki, ministre de l’Intérieur, est le plus cité quand on parle de la dictature actuelle aux Comores. Pourquoi le PCA, votre parti politique, ne s’est pas joint aux mouvements de la «société» civile pour dénoncer cette dictature insoutenable?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Les déclarations du ministre de l’Intérieur sont graves et dangereuses. Je crains qu’il ne se trompe de pays et ignore les limites de son pouvoir. Nous condamnons fermement ses déclarations, qui violent la liberté d’expression et d’organisation. Aucun pouvoir, même le pouvoir colonial, n’a osé s’immiscer dans les affaires religieuses, en voulant contrôler nos prières et nos festivités des mariages et autres.

Par ailleurs, aux Comores, à ma connaissance, il y a une institution qu’on appelle Mouftorat, qui s’occupe, en principe des affaires religieuses. Le ministre de l’Intérieur n’est pas aussi celui des cultes comme en France. Il y a, peut-être, une mauvaise compréhension des responsabilités ou une volonté délibérée d’humilier le Mouftorat, le Mufti et les oulémas comoriens. Vous imaginez si chaque ville et chaque village doivent envoyer une demande au ministère de l’Intérieur pour organiser la prière de vendredi, le mariage du fille ou du fils, pour célébrer un Madjiliss, etc. Pourquoi créer des problèmes là où il n’y en a pas?

Il y a des pays où les imams sont des salariés du ministère des Affaires religieuses, et des dons, et là les ordres peuvent y être écoutés et respectés, mais pas seulement du vent et des feuilles des cocotiers pour constituer une dictature.

Quant à la notion de dictature, vous savez bien qu’elle ne se décrète pas, et demande plusieurs moyens humains, financiers et matériels. Il ne suffit pas de faire des déclarations mais aussi d’être capable de les faire appliquer. Si le pouvoir des mercenaires n’a pas brisé les Comores et les Comoriens, aucun autre ne pourra le faire. Les déclarations du ministre de l’Intérieur ne servent pas son chef, mais détruisent l’image de démocrate qu’il veut se faire. Il est temps qu’Azali Assoumani mette de l’ordre dans les différentes déclarations de ses ministres. On ne peut pas prétendre vouloir rassembler des gens, en faisant des assises afin de tirer un bilan de ce qui marche et de ce qui ne marche pas, et laisser un ministre tenir des paroles aussi déplacés.

www.lemohelien.com: Que pensez-vous du communiqué des autorités de Mohéli se retirant par le bout des pieds des assises de la haine et du mépris, donnant satisfaction même aux plus farouches opposants du Gouverneur Mohamed Mohamed Fazul, longtemps inféodé à la dictature de Mitsoudjé?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Je pense que l’exécutif de Mohéli est sensible aux différentes défections au sein du Comité de Pilotage, qu’on ne peut pas ignorer ou qualifier de malhonnêtes. Ce sont des hommes et des femmes de bonne volonté qui ont servi le pays à leurs façons et qui ont beaucoup contribué à la mobilisation de ces assises. Je crains fort que ces défections aient ajouté des doutes chez certaines personnes qui croyaient encore comme nous à la nécessité de ces assises. Je vous rappelle, par ailleurs, que le Gouverneur de Mohéli tient à y participer afin de mieux défendre ses idées. Ce que nous saluons.

www.lemohelien.com: Comment jugez-vous le fait que Mohamed Saïd Fazul pleurniche auprès de l’opposition, se lamentant sur le fait que celle-ci fait ami-ami avec le Gouverneur Salami Abdou Salami d’Anjouan sans jamais jeter le moindre regard sur lui?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Il n’est pas de l’opposition à ma connaissance. Il est bien de connaître son camp et d’assumer ses choix.

www.lemohelien.com: Trouvez-vous normal que Saïd Larifou insulte les gens de Mbéni, qui le traitent d’ingrat?

Saïd-Ahmed Saïd-Abdillah: Je ne suis pas au courant de ses allégations et je ne pourrai pas vous répondre. Il est de Mbéni par son père. Le connaissant, je ne le vois pas capable d’insulter une ville, surtout Mbéni, la ville de son père.

Propos recueillis par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 3 février 2018.

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