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La 35ème circonscription de Ndzouani toujours en attente de son Conseiller

Par Faïssoili Abdou

Le jour où Herdine Soula a perdu son siège de parlementaire. Depuis le 5 décembre 2016 dernier la circonscription d’Adda-Daoueni à Ndzouani n’a plus son  représentant au niveau du Conseil de l’île. Ce jour là,  après des semaines d’enquête, la Cour Constitutionnelle prononçait la « déchéance immédiate » de l’élu de cette localité du Nyumakele au Sud de Ndzouani.  Une première dans l’histoire de l’archipel.

Quelques semaines auparavant, la haute juridiction a été saisie par Ahamadi Issoufi, un des concurrents du Conseiller, qui l’accusait  d’avoir falsifié son extrait de naissance et sa carte d’identité nationale ou usurpé l’identité d’une autre personne au moment du dépôt de sa candidature auprès de la Commission électorale. Une accusation qui avait suscité ce commentaire visiblement embarrassé du secrétaire général et président du groupe parlementaire Juwa, parti dont est issu Herdine Soula, à l’Assemblée de l’Union. «Je sais qu’aujourd’hui au niveau de l’Assemblée où je me trouve en tant que député beaucoup d’entre nous, ne portent pas leurs noms réels. Certains ont changé leur identité après leur scolarité ou avant même et portent aujourd’hui le nom de famille de certains de leurs frères, d’autres portent le nom de leurs oncles pour des raisons d’état civil. Usurpation d’identité, ça c’est un sport qui est pratiqué par beaucoup de gens. Si ce député a fait ça, il n’est pas le seul dans ce cas. D’autres l’ont fait ou le font », a déclaré Ibrahim Mohamed Soulé dans une émission sur  Hayba Fm tout en se défendant de ne pas cautionner ce genre de pratiques.

Après de longues investigations, la Cour arrivait à la conclusion qu’évidemment celui qui siégeait jusqu’à ce 5 décembre 2016 à l’Assemblée de l’Union sous le nom de Nourdine Soula était, en fait, Herdine Soula, le demi frère du premier et que ce dernier, né le 3 novembre 1992, n’avait pas atteint l’âge requis de 25 ans à la date du scrutin. C’est ainsi que la Cour constitutionnelle a tout bonnement décidé de déchoir ce jeune parlementaire de « son mandat d’élu de Conseiller de l’île autonome de Ndzouani et de sa qualité de représentant de la Nation ». Il faut rappeler que cet ex- Conseiller élu de la 35 ème circonscription était parmi les trois Conseillers de l’île cooptés pour siéger à l’Assemblée de l’Union durant l’année 2016. La décision de la haute juridiction mettait ainsi fin au rêve  parlementaire de Herdine Soula.

L’arrêt de la Cour ordonnait également aux autorités compétentes d’organiser une « élection partielle dans la 35ème circonscription d’Anjouan dans le délai prévu à l’article 186 de la loi électorale ». Soit 30 jours. Un délai aujourd’hui largement dépassé ce qui fait penser à certains que le pouvoir en place ne veut  pas organiser cette élection pour d’obscures visées politiques. La situation semble bloquée même si les autorités se veulent rassurantes. « La partielle aura bien lieu. La date n’est pas encore arrêtée. Il faut dire que la situation à  la Ceni ne facilite pas la décision à prendre, sinon tout est prêt sur le papier », rassure Anzaouir Ben Alioioui, le Directeur du Cabinet du ministère de l’intérieur faisant allusion à la procédure judiciaire en cours à l’encontre de certains membres de la commission électorale, dont le président, poursuivis pour un présumé affaire de « détournement de deniers publics ».  « Je crois que si une décision de justice concernant les membres de la Ceni sortait, cela accélérerait les choses », a-t-il ajouté indiquant que le ministère  de l’intérieur avait « une proposition finalisée en concertation avec les autres membres de la Ceni ».

Dans un entretien accordé en janvier dernier à nos confrères du journal Alwatwan, le député Tocha Djohar (Juwa) avait laissé entendre que cette partielle pourrait bien se tenir avec les autres membres restants de la Ceni. « On ne parle pas de présidentielle, mais plutôt d’une partielle qui concerne trois villages pour élire un seul représentant.  Si la vice-présidente a pris la responsabilité de proclamer les résultats du troisième tour  des élections présidentielles pendant que certains ont dérobés les urnes, elle peut facilement organiser cette partielle et donner les résultats sans encombre. Le reste du personnel de la Ceni est apte à donner satisfaction », avait-t-il soutenu.

Un point de vue que ne partage visiblement pas ce juriste qui a préféré garder l’anonymat. « Il faut attendre la session d’avril pour modifier la composition de la Ceni. Rien ne peut se faire avant cette modification. Le Bureau actuel ne peut pas diriger cette élection avant que le jugement définitif soit rendu », avance notre interlocuteur soutenant par la même occasion que « d’un point de vue  légal, le bureau qui devrait proposer le calendrier des opérations électorales est disqualifié sur le plan moral et éthique ». Selon lui, les qualités requises pour être membres de la Ceni à savoir  « probité et moralité » sont remises en causes par les agissements des membres de cet organe. Ainsi, le serment qu’ils ont prêté avant d’entrer en fonction est à présent « dilué »…

En attendant, au Conseil de l’île de Ndzouani où pouvoir et opposition sont à égalité des membres (9 contre 9) on se prépare à désigner  les trois représentants qui siègeront au niveau de l’Assemblée de l’Union à partir de la prochaine session ordinaire du mois d’avril. « Le Gouverneur convoquera bientôt une session extraordinaire pour se pencher sur cette question », nous a indiqué un Conseiller de l’île. Une session qui risque d’électriser un peu plus les relations déjà dégradées entre le pouvoir exécutif  de l’île et les Conseillers de l’opposition…

 

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