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La conquête de la souveraineté des Comores implique de sortir de la culture de l'aide

L’aide publique au développement destinée aux Comores constitue une part non négligeable du budget national. Théoriquement, les ressources fiscales et non fiscales internes sont censées suffire pour couvrir les dépenses publiques avec le complément des aides budgétaires extérieures. 
Dans la pratique, en dehors des fuites de recettes, des détournements de biens et deniers publics, le taux de recouvrement des recettes fiscales et non fiscales n’est pas suffisamment élevé pour atteindre le niveau de recettes souhaité pour couvrir les dépenses étatiques y compris le paiement des agents publics. L’administration publique, la Douane et les Impôts (AGID) doivent améliorer l’efficacité de la mobilisation des ressources internes par des mesures novatrices. Certes quelques réformes sont mises en oeuvre et vont dans le bon sens néanmoins elles restent pour le moment insuffisantes.
Sortir de la logique de l’aide se prépare avec une volonté politique

Certes, il n’est pas déshonorant de disposer des aides externes pour boucler le budget national mais celles-ci ne doivent pas être la source principale de financement de l’économie nationale. Ces aides ne doivent pas non plus être des aidées conditionnées ou liées sinon elles constitueraient une atteinte à la souveraineté nationale sauf dans le cas où il s’agit des aides spécifiques comme le don de riz japonais par exemple.. Ce qui implique qu’elles doivent atteindre leurs objectifs et leurs cibles sans détournements entre les mains des intermédiaires. Un comité national de coordination de l’aide extérieure serait une piste pour veiller à la bonne gestion de toutes les aides externes.
L’armée joue un rôle non négligeable dans la conquête de la souveraineté nationale
De même, l’armée, l’un des attributs de la souveraineté nationale ne sert pas seulement à faire la guerre ni à faire que des débarquements militaires. Ses fonctions et son rôle ne se limitent à cela. Sans armée, un pays n’en est pas un. L’armée peut être efficace ou non selon son organisation, les moyens mis à sa disposition, la stratégie adaptée et les actions militaires et civiles qu’elle mène au service des citoyens et de la République. L’armée en plus du fait qu’elle constitue l »un des signes représentatifs de la souveraineté nationale joue également un rôle de dissuasion et de défense préventive. Elle agit pour aider la population civile dans des domaines divers. Ne la réduisons pas à ses actions purement militaires, ce serait méconnaître aveuglement le fonctionnement d’un État souverain.
Les valeurs républicaines et la culture de résultats constituent des facteurs incontournables pour réussir le développement national
Il est certes indispensable de conquérir notre souveraineté politique, militaire et économique. Un tel objectif est essentiel pour la renaissance et le rayonnement de l’Union des Comores. Et une telle stratégie suppose des réformes profondes qui valorisent la bonne gouvernance, les produits locaux, les ressources humaines et naturelles sans oublier les ressources halieutiques. La transformation de ces dernières est primordiale pour créer de la valeur ajoutée et des emplois dignes pour la population. Cela suppose bien entendu de sortir progressivement et pédagogique ment de la culture de l’aide et de la mendicité. Cela implique une révolution des mentalités, une prise de conscience collective et individuelle avec une valorisation de la culture de résultats, de l’effort et du travail bien fait. Une politique d’égalité des chances pour les jeunes et les moins jeunes est nécessaire pour faire fonctionner réellement et fondamentalement l’ascenseur social. 
La généralisation d’un programme national ambitieux de formation continue, de conversion professionnelle et technique y a toute sa place. La poursuite d’une politique d’impunité zéro permettra d’endiguer l le sentiment d’impunité qui règne dans la société et au sein de la classe politique. La mobilisation des recettes et ressources publiques pour financer les priorités nationales constitue une étape essentielle dans cette nouvelle stratégie. Les ressources de la diaspora comorienne tant au niveau des compétences que des apports financiers et économiques en termes d’investissements constituent des réservoirs de richesses qu’il convient de mettre rapidement au service du développement économique et social de l’Union des Comores.

Président du think tank « Cercle des Économistes et des Experts Comoriens « (CEEC)


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