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La fin: Azali Assoumani crache sur Ahmed Sambi

La fin: Azali Assoumani crache sur Ahmed Sambi

Il ferme une polyclinique de la République islamique d’Iran

Par ARM

     Moussa Mahoma? Qui le connaît? On dit qu’il est de Mohéli, mais même à Mohéli, personne ne le connaît. Sauf si on se rend dans son village de Miringoni. Pourtant, le 31 mai 2016, le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani le nommait ministre de la Santé, de la Solidarité, de la Protection sociale et de la Promotion du Genre (ouf!), au grand bonheur du fugitif international Hamada Madi Boléro, qui adore les personnages fades et inexistants, pour pouvoir parader devant eux et raconter des bobards sur ses «relations» au Kremlin et ailleurs. Alors, il faudra que quelqu’un explique aux Comoriens pourquoi quelqu’un qui n’existe pas peut-il se payer le luxe d’écrire au Directeur de la Polyclinique du Croissant-Rouge iranien à Moroni un courrier destiné à lui demander de quitter les Comores? Voici ce que le ministre qui n’existe pas a écrit: «Par ailleurs, suite au renouvellement du protocole d’accord signé entre votre Polyclinique et la Vice-présidence en charge du ministère de la Santé, j’ai le grand regret de vous annoncer la décision du gouvernement comorien de mettre fin à votre mission aux Comores. Ainsi, je vous remercie des dispositions nécessaires que vous voudriez bien prendre afin de vous mettre en contact avec mes services compétents afin d’organiser votre départ dans l’amitié et la fraternité». L’inconnu de Miringoni crâne et chasse l’Iran des Comores, malgré ses phrases ampoulées et aux tournures hypocrites.

     Or, dans le même courrier, l’homme qui n’existe pas écrit hypocritement: «Je voudrais au nom du gouvernement comorien et en mon nom personnel vous exprimer ma profonde gratitude et notre reconnaissance à l’égard de la République islamique d’Iran pour l’appui inlassable qu’il [Sic: «Elle»] n’a cessé d’apporter au profit de la population comorienne, dans le cadre de la coopération bilatérale qui unit nos deux pays. Je voudrais également remercier l’équipe du Croissant-Rouge iranien aux Comores pour leur [Sic: «Sa»] disponibilité à contribuer précieusement à la santé de la population comorienne pendant dix ans».

   Parlons vrai. Qui est Moussa Mahoma pour prendre une décision aussi grave? Il n’est rien, ni personne. Il n’est rien du tout. Il n’est que le Mohélien de service, le chaouch qui sert d’alibi. Cette décision ne lui appartient pas car elle implique qu’après la rupture des relations diplomatiques entre les Comores et l’Iran en décembre 2015, les Comores poussent encore l’Iran vers la sortie. Or, quand on lit l’accord longtemps secret conclu le 1er avril 2016 par le «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani et Ahmed Sambi, on tombe sur son article 8: «Il s’engage à rétablir les relations diplomatiques entre l’Union des Comores et la République islamique d’Iran dans les 10 mois qui suivront son investiture». Le «il» concerne l’usurpateur Azali Assoumani. Or, au lieu de faire retourner l’Iran aux Comores, il ferme la Polyclinique iranienne à Moroni. Alors, comment peut-il faire une chose pareille alors que son ministre inexistant prétend que ladite Polyclinique rend les meilleurs services aux Comoriens?

   Pis, l’Iran a mis beaucoup d’argent dans la mascarade ayant permis le retour frauduleux du «pouvoiriste» polygame Azali Assoumani au pouvoir. Et, dans un article du mercredi 18 mai 2016, le site www.mondafrique.com signale: «Allié de l’Arabie saoudite au cœur de l’océan Indien, les Comores pourraient désormais tendre la main à l’Iran suite aux présidentielles qui ont consacré la victoire, début mai, non pas d’un, mais de deux anciens chefs d’État. Dix ans après la fin de sa présidence, le colonel Assoumani Azali, ex-putschiste qui a régné sur ce petit archipel de 750.000 habitants entre 2002 et 2006, fait son grand retour aux affaires, emportant dans ses bagages son principal bras droit durant la campagne, l’ex-chef d’État Ahmed Abdallah Sambi. Connu pour sa proximité avec les autorités de Téhéran, ce religieux formé en partie en Iran et surnommé “l’Ayatollah” par ses adversaires, avait aidé la grande puissance chiite à renforcer sa présence dans le pays sous sa présidence de 2006 à 2011.

   Les années Téhéran

   Signe de ce réchauffement des relations entre Moroni et Téhéran, l’Iran avait ouvert sa propre ambassade dans la banlieue de la capitale comorienne en 2010. Un symbole de poids qui avait entraîné dans son sillage la création de plusieurs organismes alimentés par des capitaux iraniens. C’est le cas de la Fondation culturelle “Tybiane” dédiée notamment à la promotion de l’islam ou encore des centres médicaux du Croissant vert iranien qui dispensent des soins gratuits aux plus démunis. En 2010, l’organisation caritative “The Imam Khomeiny Relief Foundation”, qui met en place des activités de formation professionnelle, s’est par ailleurs installée dans un immeuble du nord de la capitale bâti, à l’origine, sur financement européen.

   VRP choyé de Téhéran, qui considère les Comores comme un tremplin stratégique vers l’Afrique australe et du sud, Sambi est rapidement récompensé pour ses loyaux services. Des subsides versés depuis l’Iran à travers la Société Anonyme de la Grande-Comore (SAGC), héritière d’une société coloniale française en charge de gérer les terres du pays, alimentent, pendant plusieurs années, la confortable fortune que se constitue l’ex-chef de l’État. À l’époque, l’opposition affirme que la formation de sa garde personnelle est en partie assurée par les “Pasdarans” iraniens. Enfin, lors de la dernière campagne électorale en 2016, des rumeurs circulent dans les cercles diplomatiques faisant état de l’envoi de financements depuis l’ambassade iranienne à Madagascar au profit du candidat Azali.

   Duel des titans

   Clairement affiché, ce tropisme iranien irrite au plus haut point le pouvoir saoudien, qui se pensait en terre conquise dans cette petite République islamique composée à 99% de musulmans sunnites. La tension monte encore d’un cran lorsque Sambi décide de décorer l’émir du Qatar du Grand Croissant de l’Ordre du Croissant Vert des Comores à l’occasion de l’une de ses visites. Riyad, qui s’inquiète à l’époque de voir grossir l’influence de son voisin qatari, parrain des frères musulmans que les Saoudiens conspuent, prend ces honneurs pour une provocation.

   La monarchie ne restera froissée qu’un temps. L’arrivée au pouvoir du président Ikililou Dhoinine aux Comores ramène l’archipel dans le giron de Riyad. En parvenant à rembourser 80% des 55 millions de dollars de prêts versés par le Fonds saoudien de développement (FSD) à l’État comorien, les autorités du pays donnent des gages de bonne volonté. Progressivement, le vent tourne. En 2013, le royaume saoudien répond à l’influence iranienne en installant sa propre ambassade à Moroni avant de signer un accord de Défense avec l’État comorien.

   Célébrant la nouvelle entente avec l’archipel, Riyad accorde un don de 40 millions de dollars dont une partie sert à couvrir les arriérés de salaires des fonctionnaires comoriens. De quoi convaincre Moroni d’emboîter le pas aux Émirats arabes unis, au Bahreïn et au Soudan, qui rompent, à la suite de l’Arabie saoudite, les relations diplomatiques avec l’Iran en janvier 2016. Une décision motivée par l’attaque de plusieurs missions diplomatiques saoudiennes par des manifestants qui protestaient contre l’exécution du dignitaire religieux chiite saoudien, cheikh Nimr al-Baqer al-Nimr. Dans la foulée, l’ambassadeur iranien à Moroni est appelé par le ministère des Affaires étrangères comorien à “prendre toutes les dispositions appropriées pour quitter le territoire national dans les meilleurs délais”. Un temps rangé du côté des partenaires privilégiés des Comores, l’Iran est finalement mis hors-jeu. Porté à la tête de l’État le duo Azali-Sambi pourrait, à nouveau, renverser la donne».

   Nous attendons la suite de l’affaire, qui finira dans le sang. C’est clair. Oui, c’est une affaire qui finira dans le sang. Attendons et nous verrons. Il y aura du sang dans l’affaire. Ahmed Sambi n’acceptera pas les crachats d’Azali Assoumani après ceux d’Ikililou Dhoinine.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Vendredi 12 août 2016.

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