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La guerre des îles est relancée autour du 17 février 2001

La guerre des îles est relancée autour du 17 février 2001

Des patriotes fêtent cette date malgré l’interdiction de l’État

Par ARM

     Depuis décembre 2016, un Comité de réflexion, sous la coordination d’El-Amine Ali Mbaraka dit Aboul-Khaïr, se voyait pour la commémoration des Accords-cadres de Fomboni du 17 février 2001 afin de rappeler au peuple des Comores le chemin parcouru jusqu’ici et les défis qui restent à relever, pendant que certains recommencent avec leur mauvaise foi à semer confusion et zizanie. Il s’agit, bien entendu, du prétendu «Mouvement du 11-août», animé par ceux qui refusent de faire leur propre bilan et s’appuient sur des «juristes» aux compétences inexistantes, mais animés des pires intentions et dont le discours se ramène à une volonté de faire sortir le peuple comorien de l’esprit des Accords de Fomboni du 17 février 2001.

Pis, sur les radios et journaux à Moroni, le discours est injurieux et virulent envers Mohéli. Par ses propos, Radio Karthala ressemble à la Radio des Mille Collines de Kigali. Devenue le centre du racisme insulaire, elle dit qu’une petite île comme Mohéli avec une population aussi réduite, moins que celle de Mbadjini ne méritait pas gouverner les Comores, et que, désormais, pour le maintien de la présidence tournante, il y aura toutes les régions de la Grande-Comore car elles sont plus peuplées que Mohéli. La chose est faisable, mais il faudra l’inscrire sur la Constitution. Qu’on y inclut même les villages et les hameaux, mais que cela soit inscrit sur la Constitution. Pour réviser la Constitution, on n’a même pas besoin d’un référendum, mais juste de Radio Karthala, qui peut se substituer à tout le peuple. On y va!

Et il y a donc les Accords de Fomboni du 17 février 2001. Comme cela a été rappelé ici, le mercredi 30 décembre 2015, à Mohéli, le «ventriote» Azali Assoumani disait que cette date devait constituer la deuxième fête nationale des Comores après celle du 6 juillet 1975, celle de la proclamation de l’indépendance des Comores. Ceci expliquerait que ces Accords sont très importants et qu’on doit les commémorer. Or, au pied du mur, le «saigneur» Azali Assoumani se rebiffe: «Je ne comprends pas pourquoi on veut commémorer le 17-février aujourd’hui que je suis au pouvoir». Pourquoi a-t-il autant peur qu’on commémore la signature d’un Accord-cadre de réconciliation nationale dont il est un des signataires? Pourquoi? Parce qu’il y était contraint et ne veut pas revenir sur les entourloupettes d’Ahmed Sambi, et s’il célèbre le 17-février, il aurait été obligé d’inviter ce dernier, alors qu’il ne veut plus le voir.

À Mohéli, ce 17 février 2017 a été très mouvementé. Comble du ridicule, une «cellule de crise» a même été formée au Gouvernorat de Mohéli autour de Mohamed Saïd Fazul, du Colonel Mohamed Anrifi Moustoifa Bacar Madi (Ouf!) dit José, dit Obama, de Djaanfar Ousseine, de leurs adjoints et de quelques dignitaires du régime politique pour empêcher cette cérémonie d’une grande importance en tant que facteur d’unité, stabilité, paix et alternance politique. Cette journée, qui devait être une fête versa dans des affrontements entre le peuple et les forces de l’ordre: les organisateurs ne voulaient absolument pas arrêter leur cérémonie. L’un des organisateurs, Charif Abdallah Mohadji, ancien ministre du «ventriote» Azali Assoumani, avait été convoqué en urgence au Gouvernorat de Mohéli et avait attiré l’attention des autorités sur le fait qu’arrêter le rassemblement aurait des conséquences fâcheuses et que le report était impossible. Quelques minutes après, Kiki, après avoir convaincu son chef, aurait donné son feu vert à la prétendue «cellule de crise» pour permettre la cérémonie. Mais, la Police et la Gendarmerie étaient déployées dans les artères de Fomboni pour intimider la population et l’empêcher de s’y rendre. Le Commandant de la Gendarmerie et ses séides avaient saisi El-Amine Ali Mbaraka, lui donnant des garanties, tout en lui demandant d’aller voir le Directeur de la Sûreté. C’était une manœuvre tentant à intimider le «Président de la “Rue-publique”», qui ne se laisse jamais intimider.

Or, la célébration fut une réussite totale, malgré les intimidations et les empêchements physiques visant les voitures et des personnes. On y voyait la population des communes de Moilimdjini et de Fomboni, des Députés, des Conseillers de l’île, des Conseillers municipaux, mais aussi, des Mohéliens de Beït-Salam (Ikililou Dhoinine et Daroussi Allaoui), les anciens ministres Charif Abdallah Mohadji, Abdou Moustakim et Mohibaca Baco, l’ex-Gouverneur Archad Mohamed, l’ex-Préfet Tamadoune Bacar, Youssouf Moustakim (ancien Conseiller à la Cour constitutionnelle), des chefs de quartiers, des notables et des dignitaires religieux. Les organisateurs de la cérémonie étaient plus que satisfaits.

Pourquoi veut-on empêcher les Mohéliens de célébrer le 17-février alors que l’aboyeur de de Radio Karthala n’a pas été poursuivi pour diffamation, xénophobie et séparatisme, alors que le «saigneur» Azali Assoumani est à Moroni et sait tout sur les dérapages? En 2000-2001, Mohamed Hassanaly, le médiateur de l’époque, avait réussi à mettre sur la même table tout le monde, et un hommage lui a été rendu ce 17 février 2017 dans la salle dès son entrée et dans tous les discours. La cérémonie a commencé à 17 heures et s’est achevée à 18 heures 45.

Très remonté, El-Amine Ali Mbaraka jubile et explique: «La liberté d’expression et la liberté de réunion sont des droits constitutionnels. Ils sont inaliénables». Déjà, le mardi 5 janvier 2016, il avait répondu au discours mensonger du putschiste Azali Assoumani en date du mercredi 30 décembre à Fomboni par ces mots: «Dans son discours de Fomboni, Azali Assoumani n’a pas été ni franc, ni de bonne foi. Sa mauvaise foi est évidente. Il a sciemment omis de dire qu’il ne voulait pas quitter le pouvoir en 2006 et qu’il avait été contraint au départ. Pour preuve, lui et son ami Hamada Madi Boléro avaient multiplié les discours ténébreux et polémiques sur le renouvellement du mandat présidentiel dans le cadre de la présidence tournante, à dessein de prouver, selon leur propre logique constitutionnelle, que le Colonel pouvait rester au pouvoir, notamment en briguant un deuxième mandat, sans interruption. Leurs discours n’ont pas disparu de l’espace public, et le journaliste Abdallah Agwa a l’habitude de les rediffuser pour prouver aux Comoriens que ceux qui jouent avec la Constitution ne sont pas une denrée politique rare aux Comores. La Constitution a été trahie par les dirigeants et par certains autres acteurs politiques qui se situent en marge du pouvoir politique. L’Accord-cadre de Fomboni a été violé et méprisé par les dirigeants et par d’autres acteurs politiques qui convoitent le pouvoir pour couler le pays. Azali Assoumani a accusé Mohamed Saïd Fazul de trahison. Mais, de quoi s’accuse-t-il lui-même après avoir trahi Mohamed Hassanaly, sur qui reposait tout le processus comorien de réconciliation nationale de 2000-2001? Ne l’a-t-il pas trahi de la manière la plus cynique et la plus discourtoise, sans la moindre reconnaissance envers celui qui a empêché les Comores d’imploser?».

L’ancien Maire de Fomboni, qui signale que lui-même avait célébré le 17-février quand il était à la Mairie de la capitale mohélienne, avait continué sa dénonciation du «ventriote» Azali Assoumani en ces termes: «Le Colonel Azali Assoumani doit savoir qu’à Mohéli, il n’est pas en terrain conquis. Il croit que c’est lui qui transporte les autres, alors que ce sont les autres qui le transportent. Il avait commencé à rogner sur les bases de la présidence tournante, mais à Mohéli, nous sommes très vigilants. Des gens comme lui et d’autres, nous les observons. L’Accord-cadre de Fomboni n’est pas négociable. Des aménagements sont possibles puisque toute œuvre humaine est imparfaite. Mais, aller jusqu’à toucher à l’Accord-cadre de Fomboni et à la présidence tournante, c’est chercher à provoquer une guerre civile. Et nous sommes là. Nous sommes très vigilants. Nous avons fait preuve de beaucoup de patience pour réconcilier les Comores, et nous userons de la force pour maintenant l’unité du pays. Mais, nous voulons une unité dans laquelle les intérêts de Mohéli seront respectés dans leur intégralité et dans le cadre de la présidence tournante. Nous refusons la dictature de la majorité. Il y a une Constitution, et il faudra que tous les acteurs politiques acceptent l’idée que celle-ci est non négociable. Il s’agit de la norme supérieure des Comores. Les aventuriers n’ont qu’à mettre cela dans leur structure mentale pour s’éviter des problèmes parce que nous ne les laisserons pas détruire le peu que nous avons dans ce pays sinistré. Le Président de la République n’a qu’à assumer ses responsabilités pour protéger le primat de la Constitution». Tous les Mohéliens tiennent le même discours.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Samedi 18 février 2017.

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