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La Mamwe signe le grand retour des délestages

Les régions de la Grande-Comore, après une longue période d’accalmie ont renoué avec les délestages depuis au moins une semaine. La capitale fédérale, généralement préservée, connaît elle aussi des coupures régulières et quotidiennes. La centrale électrique de Voidjou compte 3 groupes abimés sur 9. La puissance des 6 a été sciemment revue à la baisse afin de les préserver.

La fourniture électrique, réalisation phare du président de la république, connaît quelques turbulences. Depuis une semaine, toutes les régions de la Grande-Comore connaissent un regain de délestages. Un habitant de la région de Mitsamihuli, a ainsi fait savoir que « cela fait 7 jours que nous sommes délestés à l’aube et l’électricité ne revient que dans l’après-midi ». Et de préciser « à son retour, il y a quand même des coupures ». Ce constat concerne toutes les régions. Dans une localité du Hambou, par exemple, Dzahadjou , en plus des délestages quotidien, a passé tout ce dimanche dépourvue de courant. Même chanson dans le Mbadjini, Washili, Dimani, ou encore le Hamahamet. La capitale fédérale, est régulièrement délestée. Au moins 3 coupures plus ou moins longues par jour. L’île d’Anjouan n’est pas épargnée par « cette épidémie ». Selon un journaliste habitant la capitale anjouanaise, « la semaine dernière, la situation était chaotique sur toute l’île, cette semaine, cela va beaucoup mieux mais les coupure restent nombreuses », a-t-il regretté.

Du côté de la Mamwe, l’on nie « tout problème de production ou de fourniture d’électricité ». « Il y a des coupures quand nous devons élaguer un arbre dont les branches se trouvent empêtrées dans le réseau électrique, par exemple, mais des problèmes ponctuels », a-t-on affirmé. En posant la question sur les délestages récurrents vécus par les habitants des différentes localités de l’île, notre source, pourtant haut placée affirme « qu’il n’en est rien ». Il se dit de plus en plus que la centrale thermique de Voidjou connaitrait une baisse de production suite au fait que 3 groupes soient tombés en panne. Interrogé à ce sujet, notre interlocuteur dira « que même si c’était vrai, la centrale d’Itsambouni produit 4,5 mégawatt ».

Pourtant le directeur de l’exploitation de la centrale de Voidjou tient un discours différent. Olliaro Bernard assure bien « que sur les 9 groupes, trois sont tombés en panne pour défaut d’entretien ».

Et la casse pourrait être plus conséquente si rien n’est fait. « Au bout de 10 000 heures de fonctionnement, les groupes doivent impérativement être révisés et là nous dépassons allégrement les 13 000 heures », a-t-il fait affirmé.

Pour préserver les 6 restants, la production d’électricité a été revue à la baisse. « La puissance qui est habituellement de 1600 Kw est passé à 1500 pour préserver les groupes autant que faire se peut ».

Se pose alors la question de la révision de la centrale qui semble urgente. Ce serait le nerf de la guerre qui poserait problème. La Mamwe devrait plus de 500 millions à l’Amp (Atelier de Mécanique des Pertuis) dont Bernard est le représentant à Moroni, selon nos confrères de Masiwa qui l’ont directement cité. Interrogé, Olliaro Bernard n’a pas voulu commenter l’information.

Outre la maintenance des groupes, le réseau électrique dont la vétusté serait presque proverbiale n’arrange pas les choses. Le réseau a au moins le même âge que l’Etat comorien.

Par ailleurs, la centrale thermique de Voidjou fonctionne avec plus de 40 000 litres de gazole par jour. Une source d’énergie dont le maintien est peu tenable tant elle est onéreuse pour un pays aussi pauvre que le nôtre. La centrale à fioul lourd ne semble pas elle aussi être la solution idoine.

Faïza Soulé Youssouf

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