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La pratique de l'islam aux Comores : Les Comoriens sont-ils des bons musulmans?

La pratique de l'islam aux Comores : Les Comoriens sont-ils des bons musulmans?
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Notre pays est-il vraiment musulman?

Les Comoriens sont-ils des vrais pratiquants de l’islam? Ces questions peuvent paraître banales aux yeux de certains mais essentielles pour d’autres. Comme il aimait répéter, le Mongozi Ali SOILIH : « dans ce pays, nous n’avons pas besoin de convertir les masses à l’islam, nous avons plutôt besoin d’un prédicateur de foi, fin de citation ».Dans ce pays tout le monde s’emploie quotidiennement à remplir ses obligations religieuses, aux premières desquelles ; reconnaitre qu’il y a qu’un seul Dieu et que Mohamad SWS est son messager, de faire ses cinq prières, de jeûner pendant le mois saint de ramadan etc. Mais cet engouement et ce dévouement sont-ils suffisants pour être un parfait musulman dans les Comores de nos jours?

Et pourtant, force est de reconnaitre que dans ce pays où les mosquées sont 5 fois plus que les écoles, paradoxalement, on s’aperçoit que la valeur essentielle, existentielle qui guide tout fidèle musulman dans toutes ses actions au quotidien, la foi semble être une vertu rare. Au point qu’inconsciemment, dans la pratique spirituelle, on observe sérieusement le manque de dévotion qui constitue le prolongement vers à l’Allah, le tout puissant. Cela est la source de la dérivée spirituelle que nous connaissons. La preuve est que le comorien qui va à la mosquée tous les jours est persuadé de remplir ses obligations en vers Dieu. Or, sa croyance ressemble plus à une rituelle quotidienne et non une communion avec Dieu.

En effet, faire la prière ou le ramadan ne signifie pas grand-chose hormis le fait de d’éviter le regard des autres, de ne pas faire l’objet d’aucun jugement au sein de cette société. Sinon pourquoi, si cette foi de la religion musulmane est au fond de nous, dans nos cœurs, ce que le bouddhisme est aux moines birmans ou tibétains, sommes-nous amenés à fermer un hôpital dans lequel des hommes et des femmes vont se faire soigner, retrouver leur état de santé ? Pourquoi sommes-nous remplis de l’indifférence, de sentiment égocentrique, face à l’injustice , face à la mort qui fauche des jeunes femmes qui, malheureusement, succombent en plein accouchement à l’hôpital EL-MAAROUF, sous prétexte qu’elles n’ont pas les moyens de financer ceux-ci.

Pourquoi sommes-nous arrivés à accepter les actes les plus barbares, les plus inhumains comme la décapitation publique d’être humain qui a laissé le peuple indifférent, vivons-nous dans un pays où la barbare érigée en philosophie? Pourquoi sommes-nous obligés de transformer en gendarmerie une mosquée où plusieurs fidèles allaient faire leurs prières, au lieu d’en faire une école coranique? Pourquoi, il y a à peine trois ans, la profanation d’une tombe dans la ville d’Ivembeni et l’assassinat d’un homme soient dans une mosquée dans la ville de Ntsoudjini, n’ont suscité aucun émoi, ni aucune indignation, ni aucun sentiment d’ injustice au sein de la société civile, des ulémas et chez tous les comoriens en particulier ? Ainsi face à cette kyrielle d’injustices, de barbaries, il est important que nous remontons dans le temps pour comprendre les bouleversements qui se sont produits dans la société et comment sommes-nous arrivés à cette paupérisation de la religion?

La paupérisation de la religion

En effet, La présence française a durée presque plus de 150 ans aux Comores, et aucun comorien ne s’est converti à la religion catholique, contrairement à nos jours où certains comoriens sont devenus des témoins de JOVA, catholiques, juifs et que sais-je encore. L’explication en est que les Comoriens de ‘lépoque avaient la foi en Dieu, étaient pieux, accomplissaient les cinq piliers de l’islam posaient des bonnes actions en espérant que seul Dieu peut leur apporter clémence et bénédiction. Puis à cette époque, les érudits en connaissances islamiques étaient moins nombreux par conséquent il ne trouvait qu’un seul chef spirituel à chaque région ou grande ville, qui répondait aux interrogations des fidèles sur leur pratique de la foi, contrairement à aujourd’hui où la connaissance s’est très vite popularisée en l’espace de 40 ans.

Tout le monde se dit Imam, Foundi et chef. La parole de la prêche se banalise et chacun y va de son intérêt. Cela donne aujourd’hui que dans chaque petit village, on trouve des jeunes chefs talibans qui ont étudié pendant deux ans ou trois ans leurs études dans les pays arabes et à leur retour pays, ils s’imposent en maitres spirituels avec l’appui de leur famille. C’est ainsi que le père ou l’oncle du jeune venu fraichement d’Arabie, organisent autour de lui un lobby ethnique pour soutenir afin lui soutenir à devenir la référence religieuse dans le village et la région. Ceux-là, ils sont plus en plus nombreux et font très mal à la religion et l’organisation de la société, car ils sont porteurs d’un nouvel ordre islamique comme le salafisme, le wahhabisme et le chiisme qui sont sources de guerres et attentats aveugles dans le monde.

Résultat de cette paupérisation de la connaissance spirituelle, les interprétations des préceptes de l’islam sont traitées avec beaucoup de légèreté ce qui a conduit à la perte de la foi et à l’éloignement de Dieu. Quelle est le rôle d’un grand mufti? Sous l’ère coloniale, les Comores ont connu trois muftis qui ont su incarné avec dextérité le rôle de guide spirituel en veillant à la pratique religieuse et la conformité des lois avec la religion. Et paradoxalement, de nos jours, le grand mufti est vu comme un grand DG d’une société d’état. Malheureusement depuis une trentaine d’années, la fonction du grand mufti est politisée, voir tombée si bas. Elle est réduite à la défense de l’action du président et de son gouvernorat.

C’est si dire que lors des meetings présidentiels, le mufti ne dédaigne pas à faire l’éloge d’un président ou un gouverneur bien veillant et généreux. Il se transforme en vrai griot de pays mandingues. Alors que Sur le plan spirituel, jamais il monte au créneau pour dénoncer les actes barbares ou blasphématoires, une histoire de recadrer les égards du chemin de Dieu.
Le rôle du politique dans la paupérisation de la foi. Les hommes politiques ont une grande responsabilité concernant cette banalisation de la religion. Non seulement ils exigent du spirituel de trouver coute que coute un verset coranique qui légalise leurs actions dont on sait ô combien, elles sont contre natures comme les détournements, la corruption, les vols des deniers, etc…

Mais aussi, ils s’improvisent lors des diverses manifestation: Cérémonies, meetings politiques, en prédicateurs religieux en s’appuyant sur des citations coraniques et moralisatrices. Ainsi au lieu d’être garants, gardiens de l’application de la religion, ils ont fait le choix consciemment ou inconsciemment de participer à son démentiellement. Pire encore lors des élections, ils sont régulièrement dans les mosquées pour montrer leur attachement à la religion et tout comme ils achètent les consciences du peuple. Mais à quand vont-ils prendre conscience de l’égarement ont-ils nous imposent? Quel est l’impacte de la culture dans la religion?

Dans les deux cas, chacun impacte l’autre : en effet pendant que dans le monde les sociétés investissent dans le progrès technique, aux Comores nous sommes encore aux dépenses festives lors des grands mariages, ce que le grand camarade Mongozi ALI SOILIH a appelé un gâchis historique, et tout ça avec l’appui de nos chefs religieux. De l’autre coté, la culture ( anda na mila) influe sur la religion. Pour preuve, lors de la grande prière de vendredi, certaines personnes se retrouvent au premier rang réservé à la fine flore de culture islamique, simplement parce qu’ils sont devenus notables sur le plan culturel. Alors le moment est venu d’ouvrir le débat car si la pratique de la religion était respectée dans ce pays, ces actes atroces et barbares n’auront plus de place dans nos cœurs. Ainsi je finis mon propos en vous rappelant ceci ; Un grand mufti originaire d’un pays du golfe dont je ne me rappelle pas de ce nom a dit un jour : En France, il y a la pratique de l’islam, mais pas les musulmans contrairement aux Comores où on trouve les musulmans et pas la pratique de la foi islamique. Ça fait réfléchir !

Mbadakome

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