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La presse de Moroni s’autocensure et censure Y. Boina

La presse de Moroni s’autocensure et censure Y. Boina

Cette presse aux ordres refuse de parler d’un livre épique

Par ARM

       Je rencontrais pour la première fois Youssouf Boina à Iconi, le dimanche 18 octobre 2015. Physiquement, je ne savais même pas qui il était. Mais, je n’avais pas besoin de cette rencontre pour savoir qu’il était un homme d’éthique et d’esthétique, un homme qui croit au mérite individuel, aux valeurs civiques, sociales, républicaines et démocratiques. Quand je rencontrais Youssouf Boina ce 18 décembre 2015, je venais de rentrer aux Comores après 23 ans et 1 mois d’absence, circulant entre le Maroc et la France.

Pourtant… Pourtant… Oui, pourtant, quand je rencontrais Youssouf Boina ce jour-là, je riais: quelques mois auparavant, Djaé Ahamada Chanfi, de Koimbani-Oichili comme lui, aujourd’hui «ministre», était passé par un ami commun pour me promettre un billet d’avion aller-retour entre Paris et Hahaya si je rédigeais un article contre Youssouf Boina. Je ne pardonnerai jamais cette saleté à Djaé Ahamada Chanfi dit Mna Djaé, «La Minuscule Djaé», que je connais depuis mon arrivée à Paris en 2005, et que je côtoyais jusqu’en 2006. J’ai même assisté à la célébration de son mariage en région parisienne. Djaé Ahamada Chanfi, professeur de Collèges en banlieue parisienne, autoproclamé «Professeur des Universités en France», sans se soucier de son niveau de français absolument poussif, lamentable et approximatif, habitué à traiter avec la prostitution morale, homme sans éthique et ne respectant aucune valeur humaine, croit que tout se prostitue et s’achète. Entre lui et moi, il y aura toujours sa tentative indécente. Il est dans le néant et voulait que je dénigre méchamment et bêtement un homme qui défend des valeurs, des principes et des idéaux.

Youssouf Boina a fait des études supérieures, est diplômé de l’enseignement supérieur français, et le prouve notamment par son discours civique et politique, et par ses deux livres:

  • Youssouf Boina: Gouverner un État vulnérable. Le cas des Comores, L’Harmattan, Paris, 2018, 354 pages, 36,50 euros.
  • Youssouf Boina: Comores: Quelle transition entre la voyoucratie et la République? Lettre ouverte au colonel-président des Comores, L’Harmattan, Paris, août 2020, 234 pages, 23,50 euros).

       Ses livres traitent de sujets éminemment situés dans la vie des Comoriens. Connu pour la simplicité, clarté, élégance et beauté de son style oral et écrit, Youssouf Boina entraîne le lecteur et la lectrice dans le cœur palpitant de son pays. Son français flamboyant sans grandiloquence fait du bien. Loin des petits épiciers aigris, les connaisseurs disent à l’unanimité que ces deux livres sont d’une grande valeur intellectuelle, politique et pédagogique, et qu’ils doivent figurer au programme de l’Université des Comores, où l’auteur avait été Professeur. Youssouf Boina a pris le soin de faire parvenir des exemplaires de son deuxième livre à la presse de Moroni. Or, les journalistes, emportés par l’autocensure, ont censuré un livre qui, demain, après la chute sanglante de la dictature, s’achètera à Moroni comme des petits pains.

       Censurer un livre, c’est le brûler. L’Allemand Henrich Heine (1797-1856) avait prophétisé ce qui allait se passer dans son propre pays sous la folie d’Adolf Hitler et dans d’autres pays: «Là où l’on brûle les livres, on finit par brûler les hommes». Un écrivain comorien menacé de prison ou de mort dans son propre pays est un homme qu’on brûle. Un écrivain comorien dont le livre est censuré par la dictature et la presse aux ordres est un homme qu’on brûle. On n’écrit pas pour amuser le tapis ou pour faire plaisir, mais pour éveiller les consciences. Un journaliste qui a peur de parler d’un livre doit changer de métier. Dans le monde d’aujourd’hui, la censure est dépassée. L’Ambassade de Tunisie en France achetait par centaines un livre très sévère contre le dictateur Zine El Abidine Ben Ali, le retirait de la circulation, pendant que l’éditeur en éjectait de grandes quantités d’exemplaires sur le circuit. La censure relève de la dictature, l’autocensure de la lâcheté et de l’inélégance.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Dimanche 11 octobre 2020.

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