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La recolonisation: la seule solution pour les Comores

La recolonisation: la seule solution pour les Comores

Les Comores doivent penser à un nouveau pacte colonial

Par ARM

      Les Comores avaient opté pour l’indépendance lors du référendum du 22 décembre 1974 à coups de slogans creux et mots d’ordre pompeux et chimériques. L’indépendance a été présentée comme la panacée. Elle était censée apporter aux Comoriens le bonheur, et transformer leur pays en paradis terrestre. Alors que les Comores s’apprêtent à fêter 44 ans d’«indépendance de drapeau» (Julius K. Nyerere, ancien Président de la Tanzanie), le 6 juillet 2019, non seulement le bilan de l’indépendance est entièrement négatif, mais en plus, au lieu de progresser, les Comores régressent dans tous les domaines. Par milliers, les Comoriens meurent chaque année en fuyant leur pays pour aller à Mayotte, l’île qui avait eu l’intelligence de rejeter une indépendance liberticide (les grandes îles de l’archipel caporalisant et colonisant de longue date les plus petites). Le plus grand échec de l’indépendance des Comores réside dans ce paradoxe.

Ceci est d’autant plus vrai que les Comores ne sont exposées ni à la guerre, ni à la famine, ni à la sécheresse, ni aux pandémies, mais à la pire des gouvernances ratées, basées sur l’irresponsabilité institutionnalisée, l’incompétence criminelle et la corruption la plus indécente et malsaine. Les Comores étalent chaque jour leurs échecs, et cela parce qu’elles ont à leur tête ce qu’il y a de pire.

Le 16 février 1997, l’île d’Anjouan avait sombré dans une grave crise séparatiste qui allait être réglée à coups de canons le 25 mars 2008. Or, en même temps que les Anjouanais réclamaient la sortie de leur île des Comores, ils voulaient que cette île soit rattachée par «rattachisme» à la France. Cette solution s’appelle la recolonisation. Cependant, cette solution ne devait pas se limiter à Anjouan, mais aux trois îles puisque nombre de Comoriens ne rêvent que de France et de son département de Mayotte. Comme l’indépendance est un lamentable échec et comme on veut sauver des milliers de vies humaines dans le bras de mer entre Anjouan et Mayotte, la seule solution qui s’impose est la recolonisation.

J’ai commencé à soutenir cette idée depuis 1994, en même temps que l’universitaire kenyan Ali Al Amin Mazrui (1933-2014), ancien professeur à Makerere (Kampala, Ouganda), à l’Université du Michigan, et à l’Institute of Global Cultural Studies, Binghamton University de New York (États-Unis). Quand j’ai commencé à en parler, je ne savais même qu’Ali Al Amin Mazrui existait dans ce monde. Voici ce qu’il avait écrit en 1994: «Aujourd’hui, une bonne partie du continent africain se délite et est en proie à la désintégration. L’on assiste même à un recul du niveau de modernisation par la dépendance atteinte pendant la période coloniale. Face au grand nombre des États qui se sont effondrés dans les années 1990, une solution qui, à une certaine époque était impensable semble se présenter: la recolonisation»: Ali A. Mazrui: Pour une recolonisation légère des régions d’Afrique en désintégration, International Herald Tribune, édition de Pretoria, 4 août 1994, article repris dans Ali A. Mazrui: Auto-colonisation et quête de pax africana: une réplique, Bulletin du CODESRIA n°2 de 1995, Dakar, 1995, p. 26.

Ali Al Amin Mazrui avait parlé de la «recolonisation légère des régions d’Afrique en désintégration», expliquant ceci: les pays africains qui qui se trouvent dans une situation de désordre aggravé devaient être recolonisés. Cette recolonisation devait être internationale, confiée à des États d’Afrique ou d’Asie et à des organisations interafricaines à même de faire face aux détresses de différentes natures, pour une durée qui doit varier d’un contexte à un autre, en fonction des réalités vécues par chaque pays.

L’universitaire kenyan savait qu’il s’aventurait sur des sables mouvants et ne se faisait guère d’illusions sur le rejet de ses propositions audacieuses: «Ce sont là des idées effrayantes pour des peuples fiers qui ont versé tant de sang et usé de toute la volonté politique nécessaire pour se libérer du joug des puissances européennes. En effet, si nous pouvions entreprendre notre propre colonisation, cela vaudrait mieux qu’une colonisation par des étrangers. En fait, ce serait encore mieux que les Africains aillent à leur propre conquête, mais une telle démarche appelle une capacité d’autocontrôle et d’autodiscipline africaine rarement vue depuis la période coloniale».

Recolonisation, oui. Par des dictatures sous-développées africaines, non. Un État africain mal gouverné n’apportera pas la bonne gouvernance aux États africains qui se meurent, comme c’est le cas des Comores. Il faut de l’audace et de la realpolitik. En effet, on doit envisager très sérieusement la recolonisation, mais dans un contexte spécial: celui d’une tutelle internationale confiée aux anciennes métropoles. Comme la puissance étrangère qui connaît mieux les Comores est la France, la recolonisation des Comores doit être une affaire française. Si on organisait un référendum sur la question, l’Union africaine allait pousser des cris de vierge effarouchée pendant 100 siècles parce que le «Oui» aurait dépassé les 99,99%.

Par ailleurs, le Liberia n’a jamais été colonisé. Eh bien, William Tubman (1895-1971), Président de ce pays de 1944 à sa mort, avait eu ce mot: «Nous qui n’avions pas eu l’honneur d’être colonisés». Et puis, il y a une question sur laquelle les Comoriens doivent méditer: pourquoi Aimé Césaire, chantre de la Négritude, n’a jamais demandé l’indépendance pour la Martinique et les Antilles?

Enfin, une colonisation interne est pire qu’une colonisation externe. Les Comoriens étaient plus heureux sous la colonisation française que sous celle des dictateurs comoriens.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Lundi 1er juillet 2019.

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