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«L’appel du 1er avril, je l’ai ressenti comme une hache au dos»

«L’appel du 1er avril, je l’ai ressenti comme une hache au dos»

Ibrahima Mhoumadi Sidi vomit et enterre vivant Ahmed Sambi

Par ARM

  Au Maroc, on dit que «quand la vache est par terre, de nombreux couteaux font leur apparition». En Chine, on dit que quand un ennemi est par terre, il faut l’épargner d’une humiliation supplémentaire. Seulement voilà: il y a des vaches qui attirent les couteaux, en particulier, et il y a des ennemis qui sont tellement méprisables que quand ils sont par terre, on n’a qu’une seule envie: leur infliger une humiliation supplémentaire. Cette fois, personne ne traite Ahmed Sambi d’ennemi. Il est par terre, et on fait ce que recommandent les Chinois: on l’épargne d’une humiliation supplémentaire. Oui, personne parmi ceux qu’il considère comme ses vrais et vieux ennemis ne veut l’accabler. Cependant, ce sont ses fidèles qui se chargent de le voir tel qu’ils refusaient de le voir pendant que d’autres Comoriens expliquaient que cet homme était contre les intérêts des Comores. Ceux qui ont l’honneur d’être traités d’ennemis par Ahmed Sambi ont décidé de se taire et de laisser parler ceux qu’Ahmed Sambi considérait depuis longtemps comme ses amis. Triste renversement de situation tout de même.

  Médusés, les Comoriens ont vu comment les crypto-sambistes sont partis dans les quatre coins de la galaxie politique des Comoriens, affichant sans complexe leur désunion, exhibant leurs désaccords. Mesdames, Messieurs, ne perdons pas de vue le fait que le vendredi 1er avril 2016, sans consulter ses proches, Ahmed Sambi est parti faire une déclaration malheureuse par laquelle il disait crânement apporter son soutien à Azali Assoumani dans la perspective du deuxième tour de l’élection présidentielle le dimanche 10 avril 2016, signant en même temps l’acte de son suicide politique. Cet acte irréfléchi et irresponsable est considéré par ceux qui ne font pas confiance à Ahmed Sambi comme un non-événement, et par les anciens partisans de l’ancien satrape comme une «hache sur le dos». Les crypto-sambistes sont rendus furieux par la grosse bêtise de leur ancien chef et s’en disent révoltés. Pour nous en rendre compte, il nous suffirait à peine d’examiner la déclaration suivante d’Ibrahima Mhoumadi Sidi (Photo), qui désavoue, vomit et enterre vivant Ahmed Sambi, et a choisi de soutenir la candidature de Mohamed Ali Soilihi. Prenons connaissance de sa déclaration:

DÉCLARATION

  «Ces dernières semaines, depuis la proclamation des résultats des élections primaires des présidentielles et du 1er tour des gouverneurs, le pays vit en somnolence politique ponctuée de soubresauts et de rumeurs de tous genres et parfois alarmantes relatives aux comportements des candidats recalés ou non et des alliances qui se font.

  Mon parti, Juwa, est secoué par de fortes turbulences internes, des nuages denses obstruent ses rayons pour illuminer ses têtes pensantes à trouver une solution galvanisante à ses soucis. Chacun y va de sa solution en contradiction avec celle de l’autre. Les militants de base sont déroutés, désorientés et se sentent abandonnés, trahis. Plus de 10 réunions informelles et formelles des instances dirigeantes et des coordinateurs du parti à Ngazidja ont été organisées pour arriver à un consensus de décision relative à notre positionnement par rapport aux élections du 10 avril prochain. Quatre options ont été mises en discussions vives: narawazé [Comptons], s’abstenir, soutenir Mouigni ou Azali. Nous n’avons pas réussi à nous attendre sur aucune de ces options. Devant cette impasse, nous tous, du simple militant de base aux responsables des instances dirigeantes attendions impatiemment le retour de notre président d’honneur, son Excellence Ahmed Abdallah Sambi pour nous fixer et arrêter une décision. Je lui ai fait instamment part de la situation. Je lui ai envoyé plus de cinq courriers confidentiels et 4 PV de réunions avec des analyses et propositions, et surtout un appel à son retour rapide car la situation était telle que nous ne pourrions pas nous attendre. Il a prolongé son séjour et la situation a continué à s’empirer. 

  À son retour, le jeudi 30, nous attendions à ce qu’il nous réunisse, nous les hauts responsables du parti, comme il le fait toujours, pour faire le point et écouter sa proposition de décision. Il a accueilli seulement les partisans de l’alliance à Azali. L’autre groupe étions à Anjouan. Nous avons chargé un de nous pour obtenir un RDV avec lui. Il n’a pas réussi à l’avoir. Nous avons appris comme le commun des mortels la décision qu’il a prise par l’appel du 1er avril pour le ralliement à Azali.

  Pour ce qui est de cet appel du 1er avril, qui, j’espère, n’est pas un poisson d’avril, je l’ai ressenti comme une hache au dos. Pourquoi?

  Parce que je n’aurai jamais pensé qu’avec le haut degré de confiance entre mon président et moi, je serai un jour exclu de la prise d’une telle décision, surtout que je l’informais régulièrement de la situation et des positions. Je vous avoue que depuis 2009, je réponds à ses nombreux appels et exécute ses volontés. Mais au vu du contexte politique national, de la situation grave à l’intérieur du parti et des enjeux pour le pays et l’avenir de notre formation et de ses militants, je ne peux accepter un tel diktat.

  C’est pourquoi, je vous déclare solennellement ici et maintenant que pour cette fois, je dis non, car je ne l’ai pas compris et car cette décision contrarie profondément l’idée que je me suis fait de lui, il bouscule des principes d’équité et de probité politiques auxquels je suis très attaché. Et j’ajouterai qu’on ne se baigne jamais deux fois dans les mêmes eaux. Et des eaux bénites de la CRC, je m’en suis baigné et je m’en suis sorti avec des démangeaisons et des boutons.

  En conséquence, je déclare devant vous journalistes et honorable assistance, qu’après avoir mûrement réfléchi, peser les aspects positifs et négatifs de ma décision, moi Ibrahima Mhoumadi Sidi, je rejoins entièrement le camp du candidat Mohamed Ali Soilihi pour son élection à la présidence de l’Union des Comores. J’appelle tous ceux qui m’ont toujours témoigné de leur solidarité, de leur soutien politique et humaine à venir avec moi dans ce combat. Il s’agit d’abord pour moi d’une réplique politique à un tsunami politique. Ensuite, parce que l’homme Mohamed Ali Soilihi, je le connais depuis longtemps depuis mes études en France. Je sais de quoi il est capable en bien et en mal. Mais je sais aussi qu’il est très différent d’Ikililou en positif. Il a un cœur grand comme ça. C’est un humaniste, un homme de convictions et d’actions. Comme nous tous, il a ses défauts mais aussi de grandes qualités d’humanisme.

  Pourquoi pas Mamadou? Ai-je demandé un jour lors d’une réunion. Lui, nous le connaissons, nous savons ce qu’il veut et lui, il sait ce que nous voulons et ce dont nous sommes capables. Ikililou ce n’est pas Mamadou, Mamadou, il est plus politique, mieux formé et plus expérimenté. Il vient d’une grande communauté éduquée, nobiliaire et qui possède un sens moral de la politique. Il sait qu’il aura besoin de stabilité et ne l’obtiendra qu’avec nous. Il a intégré ce qui est arrivé au pouvoir de Taki à Anjouan qui y a été déstabilisé par le séparatisme. La conviction sur les hommes comme lui est ceci.

  Les grands hommes, Monsieur le Vice-président, sont ceux qui osent prendre des décisions hardies et courageuses dès lors qu’ils considèrent qu’elles auront des retombées importantes pour leur peuple plus tard. Ils se mettent parfois à dos l’opinion mais avec les résultats, le peuple lui est après reconnaissant. Vous êtes un de ces grands hommes, Monsieur le Vice-président et je sais que vous saurez transcender les affres du régime Ikililou et offrir à notre peuple l’espoir et transformer le pays positivement. Je fonde l’espoir que, une fois au zénith du pouvoir suprême des Comores, vous fermerez la page sombre du votre pouvoir actuel.

  Merci de toute votre attention. J’attends de vous de grandes décisions qui me laisseront fier de m’être joint à vous aujourd’hui.

  Je citerai pour finir mon exposé Lévy Camille dans son livre Être soi-même. Que dit-il? “Il faut parfois avoir le courage de refuser les excès de formalisme. Ce n’est pas parce que votre comportement n’est pas totalement conforme à celui que vos collègues de travail ou votre famille attendent de vous que vous êtes pour autant dans l’erreur. Bien au contraire, par votre différence, par votre refus de vous soumettre au diktat de la norme, vous offrez à votre entourage la possibilité de voir les choses autrement, de réfléchir autrement. Ibrahima Mhoumadi Sidi».

  Point n’est besoin d’être académicien, ni polytechnicien pour constater que le dernier carré des fidèles, dans lequel on retrouve Ibrahima Mhoumadi Sidi, s’est fissuré. En plus, ce fidèle parmi les plus fidèles des plus fidèles a rejoint Mohamed Ali Soilihi, notamment après avoir constaté que la candidature de Mouigni Baraka Saïd Soilihi ne vaut rien. N’oublions pas que quand il avait présenté sa candidature anticonstitutionnelle, Ahmed Sambi avait pris pour colistier à la Grande-Comore Ibrahima Mhoumadi Sidi, qui dit aujourd’hui ne plus pouvoir avaliser les «diktats» d’un homme qui ne veut entendre que le son de sa propre voix.

Par ARM

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© www.lemohelien.com – Mercredi 6 avril 2016.

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