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Le 6 novembre 2015, les Comores célébreront le dix-septième anniversaire de la mort du Président Mohamed Taki Abdoulkarim.

taki_presidentL’élection de Mohamed Taki Abdoulkarim était un événement longtemps attendu par ses partisans comoriens tant de l’intérieur que de l’extérieur. Taki avait une stature présidentielle convenable, l’élan qu’il fallait pour assumer la charge suprême. Cette personnalité restait et est un mythe pour certains, un gêneur pour d’autres. Il parlait peu, il détestait les bavards, il choisissait ses termes pour rassembler à sa façon, il était intransigeant quand il s’agissait d’affirmer ses convictions.

Mohamed Taki déroutait, il surprenait et agissait beaucoup plus là où on ne l’attendait pas qu’il intervienne. On avait du mal à le suivre, à savoir ce qu’il voulait et ce qu’il ne voulait pas. Il n’aimait pas les commérages, il avait horreur des intrigues, dédaignait la mode et restait ce qu’il était avec ses costumes droits et ses pantalons à bretelles. Cet homme savait servir, il exigeait la cohérence et la patience, mais sa tactique ne correspondait parfois pas à la conjoncture. Taki savait rebondir au moment où il jugeait crucial, il prédisait avec son franc parler, il avertissait, il prévoyait, il cultivait la patience souvent considérée comme une lâcheté par certains ou comme une peur par d’autres. Il prêchait toujours le rassemblement, il insistait constamment sur l’intérêt capital de respecter les adversaires, il supportait les camps politiques dès lors que ceux-ci devenaient bien distincts, il se méfiait surtout des hommes politiques qui changent facilement de trajectoire ou de cap lorsqu’ils subissaient le moindre échec politique.
La stratégie politique de Mohamed Taki mobilisait les énergies, inspirait confiance aux gens, sans qu’il sollicite leur adhésion au combat qu’il menait souvent dans le silence. A chaque fois que l’on pensait que son parcours politique était fini, c’est à ce moment là que les simples gens redoublaient de combativité et d’espoir dans le soutien qu’ils lui apportaient. Taki n’était pas, lui même, en mesure d’expliquer l’origine de ce culte que lui vouaient tant de Comoriens. Peut être que Mohamed Taki avait un côté mystique caché que nul ne pouvait découvrir.
Aussitôt arrivé aux Comores, après avoir fini en France ses études d’ingénieur, il avait affronté avec respect et fermeté Saïd Mohamed Cheikh, ancien président du Conseil de gouvernement à l’époque de l’autonomie interne. Taki avait assuré la défense des jeunes cadres, nouvellement formés à Madagascar et en France, pour qu’ils soient mieux intégrés dans l’administration de l’ancien territoire d’outre-mer des Comores. En prononçant publiquement la fameuse phrase-critique « tsasi ridja », qui voulait dire littéralement « nous voici arrivés », Taki avait été nommé directeur des travaux publics de la subdivision administration d’Anjouan, mais il avait été éloigné par le président Cheikh du centre du pouvoir. C’était en quelque sorte une punition, car à l’époque le réseau d’échange et de communication entre les îles n’était pas encore développé. A Anjouan, Mohamed Taki avait bénéficié de la protection du sénateur Ahmed Abdallah. Taki avait été considéré comme le premier « neveu » de « l’oncle » sénateur.
Plus on a confiance à un homme, plus il faut écouter ses conseils. Mohamed Taki avait fait sienne cette maxime, il avait accepté la proposition du président Cheikh de se lancer dans la politique. Taki avait compris aussitôt que sa phrase-critique, prononcée à Mbeni (son village natal) à l’endroit de Cheikh, avait été considéré comme un incident de parcours, donc pardonné par l’aîné, président du Conseil de Gouvernement. Jeune ingénieur placé à Anjouan, il avait accompli un travail remarquable, en définissant le tracé des routes sur cette île montagneuse.
Né à Mbeni (Grande Comore) et issu d’une famille privilégiée, petit-fils du Djumbé Fumu, descendant du sultan Msa Fumu, Mohamed Taki Abdoulkarim, l’ingénieur en travaux publics, élu président des Comores en 1996, nous quitta tragiquement le 6 novembre 1998.

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