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Le colonel Azali Assoumani, architecte du naufrage prévisible?

Le colonel Azali Assoumani, architecte du naufrage prévisible?

Le colonel Azali Assoumani, est-il le prophète du déluge des Comores?

Par Mohamed Ibrahim MOINDJIÉ

   A-t-il le culot de redemander la confiance des Comoriens? Qu’-a-t-il fait pour la mériter? Azali Assoumani est connu de tous les Comoriens. D’ici et d’ailleurs! Ses exploits ne laissent aucun enfant comorien indifférent. En l’espace de moins d’une seule décennie de commandement (de l’État-major de l’Armée à la Présidence), le jeune colonel s’est démarqué en naufrageant petit à petit son pays, les Comores. Par la ruse d’abord, le canon ensuite, et enfin une combinaison de la ruse et de la démagogie, le colonel Azali Assoumani a fait des Comores son fonds de commerce, et s’est enrichi et a laissé s’enrichir sa famille et ses amis proches sur le dos des Comoriens, sans état d’âme. D’anciens ministres et des personnes qui étaient haut placés ont érigé des châteaux en un laps de temps, pendant que les ministères ou les différents bureaux administratifs dans lesquels ils évoluaient ressemblaient à des dépotoirs et sentaient même les matières fécales! Familles et amis proches, tous, lui sont redevables. Car chacun garde en soi quelque chose qu’il aurait eu soi, d’Azali Assoumani ou grâce à lui. Seules les Comores, sa patrie qui l’a vu naître et grandir et qui lui a donné honneur et gloire, attendent encore de lui sa part de générosité si ça ne pourrait pas être de la reconnaissance.

   Radioscopie d’un imposteur!

   Azali Assoumani, le militaire

   Le colonel Azali Assoumani n’est pas un militaire comme les autres. Et, au-delà du parcours «atypique» qu’il a connu, de l’Académie Royale de Meknès à l’École de Guerre en France, et qui le distingue et lui confère un statut particulièrement enviable par tout militaire, le colonel Azali Assoumani a aussi en lui quelque chose d’intrinsèquement cultivé et entretenue: c’est le Génie de la Ruse et du Mal. De la ruse dans un premier temps parce que, c’est en usant de la ruse qu’il a réussi à cacher son jeu pour se faire gravir tous les échelons de l’Armée jusqu’au grade de Chef d’État-major. Du mal encore, car il en a fait beaucoup au pays. Et quoique le propre de l’Homme serait de pardonner mais on est loin d’avoir oublié.

   Chronologie de crimes contre l’État

   Septembre 1995: alors qu’il était le haut gradé de l’Armée nationale, il a livré le pays aux mercenaires de Bob Denard et était parti se réfugier à l’Ambassade de France. Ces derniers ont déporté feu le Président Saïd Mohamed Djohar, paix à son âme, à l’île Bourbon. Le héros du jour s’appelle Campagnard, le vaillant lieutenant qui, avec une poignée d’hommes de rang, ont organisé la résistance et tenu tête à Bob Denard et ses sbires, parmi lesquels Azali Assoumani. Respect Campagnard! Toute honte bue, le colonel tortionnaire a eu derechef le courage de revenir au camp une fois le calme revenu! On dirait un éhonté ! Et c’est ce qu’on dit, parce que c’est ça ce qu’il est!

   Azali Assoumani, le tacticien pyromane

   Avril 1999: le pays est en pleine crise séparatiste. Le président Mohamed Taki Abdoulkarim, paix à son âme, décède en novembre 1998. Tadjidine Ben Saïd Massoundi assurait l’intérim avec feu le Premier ministre Abass Djoussouf, paix à leurs âmes. La classe politique s’organise. D’Addis-Abeba à Antananarivo, un accord de principe était en voie d’être conclu et on n’attendait que la seule signature de la partie anjouanaise, quand patatras! Le colonel Azali Assoumani alias Bob Assoumani fit appel à son génie du mal et enfonça davantage le pays, dans un premier temps, par un désordre de la rue. C’est bien lui Azali Assoumani qui serait l’architecte de la fameuse formule consistant à instrumentaliser la rue avec des stigmatisations, des slogans de haine et de mépris entre des Comoriens originaires de l’île de la Grande-Comore contre d’autres Comoriens originaires de l’île d’Anjouan, dont leur seul tort serait d’épeler par «Ndrimou» ou «Vraba», là où le Grand-Comorien parle de «Ndimu» et de «Vraba».

   Le mode opératoire a été très efficient. La rue s’enflamma en moins de 48 heures, les âmes bienveillantes surprises par la tournure des évènements. C’était la panique totale! Et c’était ça le prétexte rêvé pour réaliser son putsch, un putsch bien orchestré et très bien maitrisé. C’était au millimètre près! Bob Denard est fatigué, Bob Assoumani prend le relais! Quelle honte!

   Azali Assoumani, fin politicien de la ruse

   Après son coup de maître du 30 avril 1999, Azali Assoumani et ses acolytes ont par leur geste enfoncé davantage les Comores: les Comores suspendues des instances régionales et internationales. Ils n’avaient pas des avoirs à geler mais ils étaient mis sous embargo et interdits de voyager. Ils ne pouvaient pas tenir longtemps. Ils étaient poussés par la force des choses à poser les canons, enlever l’uniforme militaire et parler politique. Comme l’assénait son opposant d’avant qui deviendrait par la suite son bras droit l’inaltérable Houmed Msaidié: «Enlève l’uniforme et viens parler politique!». Mais comme il a des appétits bien connus, l’Argent et le pouvoir, Azali Assoumani a enlevé hypocritement l’uniforme et s’est revêtu des habits de politicien et c’est à partir de ces habits neufs qui ne lui allaient pas du tout qu’il a organisé en avril 2002 la plus grande mascarade du siècle: des élections dont il était le seul challenger, le seul gagnant! Il s’arrogea le titre de Président de l’Union des Comores, une fonction qu’il a exercée sans carrure, ni élégance mais surtout avec trop d’arrogance!

   2002-2006: au cours de quatre et longues années chaotiques de plus dans la gestion des affaires du pays, Azali Assoumani, en tant que Président investi, a continué son sale boulot, enfonçant le pays jour après jour. Il serait sorti de Beït-Salam sous les huées, conspué par le peuple comorien et aurait dissimulé dans des comptes en Europe la modique somme de 40 millions d’euros soit près de 20 milliards de nos francs, si on en croit à Thierry Vircoulon, consultant de l’Union européenne en Afrique. Azali Assoumani laissa le pays plus pauvre qu’avant!

   Dix ans après, sans demande de pardon au peuple comorien qu’il a meurtri dix ans auparavant, ni remords, mais plus arrogant qu’avant, il prétend revenir aux commandes de l’État avec la complicité des ses anciens bandits. Dira-t-on que le colonel Bob Assoumani prend les Comoriens pour des cons? Comme le disait le Grand Salim Ali Amir, «Mkomori Kadji Kiswa», «Le Comorien ne connaît pas la vengeance». Mais que nous réserve-t-il réellement encore pour 2016? Peut-être le déluge. Qui sait?

Par Mohamed Ibrahim MOINDJIÉ

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© www.lemohelien.com – Mercredi 4 novembre 2015.

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